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À l’IUT, les ateliers VSS mettent des mots sur les maux
Les étudiant∙es de l’IUT en première année peuvent suivre des ateliers de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le cadre de la politique de développement durable et responsabilité sociale (DDRS) de l’établissement. Animés par les référent∙es Égalités, ils permettent d’avoir « les clés pour agir ».

Coraline Chesneau et Maya Desmarais, référentes Égalité à l'UA, animent les ateliers VSS.Depuis 2023, les lundis après-midi sont banalisés à l’IUT pour permettre aux étudiant∙es de première année de participer à plusieurs modules en lien avec le DDRS. Parmi les différents ateliers proposés, celui concernant les VSS est très prisé. « Je me sentais plus concernée par cet atelier et je voulais en savoir plus, avec un point de vue pédagogique », précise Élina, étudiante en Génie biologique.
Trois séances de trois heures sont ainsi proposées chaque semestre et animées par Maya Desmarais, professeure d’espagnol, et Coraline Chesneau, chargée d’accompagnement. Elles font partie des référent∙es Égalité de l’Université d’Angers et prennent leur mission à cœur. « On a envie d’agir quand on entend des récits compliqués, précisent-elles. Beaucoup d’étudiant∙es vivent des violences sans pouvoir les qualifier. »
Le SSU et la cellule VDH à l'écoute
Ce lundi 16 mars marque le dernier atelier de l’année. Après avoir échangé sur les différentes formes de VSS et les principes réglementaires, la quinzaine d’étudiant∙es, originaires de tous les départements de l’IUT, planchent aujourd’hui sur la notion de consentement, la manière d’agir quand on est témoin ou victime, et à la politique VSS de l’UA. Ils et elles commencent par analyser trois études de cas : une étudiante qui voit des images érotiques sur l’ordinateur de son tuteur lors d’un stage, un étudiant qui se fait toucher les fesses, une étudiante trans qui reçoit des compliments réguliers sur sa tenue de la part d’un enseignant.
Pour chaque cas, les participant∙es doivent identifier les infractions (agression sexuelle, harcèlement sexuel, moral ou d’ambiance, etc.) et les orientations possibles (déposer plainte, se tourner vers une organisation extérieure pour un conseil juridique, prévenir une personne de confiance). « Il s’agit aussi de dénoncer des choses perçues comme gênantes par les étudiant∙es alors qu’elles sont condamnables, insistent les référentes. Même si quelque chose vous arrive en dehors de l’université, le SSU et la cellule Violences, discriminations et harcèlement (VDH) de l’UA sont là pour vous écouter et vous accompagner. »
Pour Emmy et Charlotte, également en Génie biologique, « c’est important de parler des VSS, ça aide aussi à mettre des mots sur des choses qu’on a pu vivre. Ces ateliers sont concrets et vivants. » « Les statistiques évoquées m’ont choquée et je ne connaissais pas bien les peines encourues », ajoute Élina. À l’heure du bilan, une conclusion s’impose parmi les étudiant∙es : « Ça devrait être obligatoire, il faut que tout le monde puisse y avoir accès. »
Pour Kayleigh O’Sullivan, chargée de mission Égalité, « la sensibilisation aux VSS ainsi qu’aux VDH constitue une priorité. L’objectif est de permettre aux étudiant·es d’identifier ces situations, tout en leur donnant des outils concrets pour agir, qu’ils ou elles soient victimes ou témoins. » Dans cette dynamique, un enseignement E2O « Agir pour un campus sans violence, discrimination et harcèlement » a été lancé cette année, avec le soutien d'Océane Gudefin-Legrand, coordinatrice du Plan d'action égalité professionnelle (PAE).
Si certaines formations existent déjà, notamment en pharmacie et à l’IAE, elles reposent encore largement sur l’engagement volontaire des équipes pédagogiques. « La mission Égalité tient à saluer et remercier chaleureusement les référent·es pour leur mobilisation et leur implication essentielles dans le déploiement de ces initiatives. À terme, l’ambition est de rendre ces enseignements obligatoires, en particulier pour les primo-arrivant·es, malgré des contraintes humaines et financières. »
En parallèle, des ressources restent accessibles à toutes et tous, notamment le module VSS stop, disponible sur Moodle en français et en anglais. « Face à la persistance des violences et des discriminations, ces actions constituent un levier essentiel de l’UA afin de construire un environnement universitaire plus sûr, inclusif et respectueux », conclut la chargée de mission.
