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1ère VAE doctorale à l'Université d'Angers - Témoignage

Le 4 décembre 2025, se tenait à l'Université d'Angers la première soutenance de VAE doctorale. Monsieur Manlay a obtenu par la validation de son expérience un Doctorat Productique - Mécanique de l'Université d'Angers. Retour sur ce dispositif très récent et les impressions de ce candidat fraichement diplômé. 

Monsieur Manlay le jour de sa soutenance

Pouvez-vous revenir sur votre parcours et expliquer pourquoi la VAE doctorale a constitué une opportunité pertinente dans votre trajectoire professionnelle ? 

J.F-M : Mon parcours que je qualifierai de « scolaire » s’est arrêté au DUT, pour différentes raisons, notamment familiales. Entré dans le monde de l’entreprise, j’ai assez vite compris que ce niveau d’études était insuffisant pour me garantir une activité intéressante sur le long terme. Le risque de tourner en rond était important. Après une pause de 5 ans, j’ai repris le chemin de l’école, au CNAM, à mon rythme, pour obtenir un diplôme d’ingénieur. La maturité aidant, j’ai compris à ce moment-là que je travaillais pour moi (oui, ça fait tard !). J’ai eu, après mon diplôme, l’idée d’un sujet de thèse (très proche de ce que j’ai présenté cette année), mais le professeur du CNAM qui aurait pu m’encadrer n’avait pas encore son HDR, et un consortium allemand venait de commercialiser un logiciel qui semblait proposer ce que j’avais en tête. Le projet s’est arrêté là.

Le temps a passé, la retraite a commencé à se rapprocher (avant de s’éloigner d’un coup !), et j’ai voulu résumer sur le papier ce que j’avais pu faire et mettre au point pour que ce ne soit pas perdu. Quelqu’un m’a dit, sans doute en plaisantant, que je devrais en faire une thèse, et l’idée a germé. J’ai découvert à ce moment la possibilité de VAE doctorale.

Comment l’accompagnement de l’université et de l’école doctorale a-t-il structuré et sécurisé votre démarche de VAE ? 

J.F-M : J’ai cherché une école doctorale, la première n’a pas répondu à mes courriers, la seconde m’a indiqué qu’elle n’avait personne du domaine visé pour m’accompagner, et m’a envoyé vers Bordeaux, où, hasard, je devais me rendre pour un congrès. Au cours d’une discussion, l’organisateur du congrès (Dr. Abdérafi Charki) m’a dit que l’Université d’Angers se lançait dans l’aventure, et m’a invité à tenter ma chance.

La suite a demandé un peu de travail, reprendre la rédaction d’un CV, décrire 35 ans d’activité, essayer de les faire rentrer dans les cases d’une feuille Excel… Toute une aventure, accompagnée des conseils, des interrogations et des corrections de Mme Périgois (merci encore à elle !).

En quoi votre expérience professionnelle a-t-elle contribué à la production de connaissances reconnues au niveau doctoral ? 

J.F-M : C’est cette première rédaction (Livret 1) qui m’a donné le droit d’avoir à rédiger deux nouveaux documents, mon mémoire, et le Livret 2. Pour ce dernier, le format était un peu différent du Livret 1, puisqu’il fallait faire entrer un florilège de mes activités dans des cases « Word » et non « Excel ». Plus sérieusement, il n’est pas habituel de se poser pour regarder en arrière, et la rédaction de ces deux livrets m’en a donné l’occasion. Il est d’usage d’accompagner la rédaction du mémoire d’une ou plusieurs publications dans des revues à comité de lecture, en anglais bien sûr. Je n’avais jusque-là publié que lors de conférences, ou encore dans des ouvrages sans comité de lecture. Cela m’a permis de découvrir un monde nouveau, avec, par exemple un refus d’une revue, par manque de références bibliographiques sur un sujet que personne n’a réellement abordé avant moi. Pour ces deux articles rédigés globalement juste avant le début officiel de la thèse pour le premier, et pendant pour le second, l’accompagnement de mes deux encadrants a été très enrichissant. Les sujets abordés me tenaient à cœur, et j’ai vraiment ressenti l’intérêt de mes co-auteurs.

La rédaction du mémoire, en plus des articles, la production de résultats pour alimenter le mémoire ont occupé une bonne partie de mes soirées, weekends, vacances, et de mes nuits pour les dernières semaines. Une vraie vie de doctorant, bon, les journées de travail en plus…

Quels bénéfices la VAE doctorale apporte-t-elle, selon vous, à l’université, au monde socio-professionnel et à la recherche ?

J.F-M : Pouvoir synthétiser 35 ans de travaux, de manière académique, en étant accompagné et dirigé, fait de cette expérience quelque chose de peu banal. Les compliments que j’ai reçus lors de la soutenance m’ont fait réellement plaisir, bien sûr, mais m’ont également montré que mon petit travail dans mon petit laboratoire avait une portée bien plus large. C’est sans doute l’avantage de la VAE, de permettre à des chercheurs de valoriser des années de travail, avec maturité et recul. Cela rend sans doute l’accompagnement ou l’examen des travaux plus complexe que pour un jeune étudiant.

Il est vrai qu’à un moment donné, je me suis interrogé sur le bienfondé de ma démarche, notamment lorsque la date de rendu du mémoire approchait à grands pas. Je suis assez fier d’être arrivé au bout… Au bout ? Vraiment ? Je peaufinais une série de calculs hier soir encore…

Contact

Contact administratif :

vae@univ-angers.fr
02 44 68 86 76

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