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Mycologie : Deux experts, deux regards, une rencontre exceptionnelle
Jeudi 12 Novembre 2026 - 17h00-19h00
Département Pharmacie - 16 boulevard Daviers, ANGERS - Amphi PROUST
SUR RÉSERVATION - PLACES LIMITÉES
Venez écouter Christine STRULLU-DERRIEN, Paléomycologue du Museum national d'histoire naturelle de Paris et de Londres, et Francis MARTIN, chercheur de l'INRAE de Nancy, pionnier dans la recherche des mécanismes symbiotiques entre les champignons et les arbres.
Conférences organisées dans le cadre des journées annuelles de l'association STOLON (association des enseignants-chercheurs en sciences végétales et fongiques des facultés de pharmacie francophones).
« Les espèces fongiques dans le registre fossile » Christine Strullu-Derrien, Paléomycologue MNHN Paris, NHM Londres - de 17h00 à 17h45

Les « champignons » constituent l'un des règnes les plus diversifiés du vivant, mais leur histoire évolutive reste difficile à reconstituer en raison de leur rareté dans le registre fossile. Cette communication propose un rapide panorama des connaissances actuelles sur la fonge fossile, des plus anciennes occurrences à la diversification des lignées au cours de la colonisation du milieu terrestre par les plantes. Quelques instantanés illustreront ensuite l’évolution de leurs relations avec les plantes durant les temps géologiques.
Les premières traces fossiles suggèrent une origine ancienne, autour d’un milliard d’années, même si leur interprétation demeure débattue. Un tournant majeur est apporté par des gisements exceptionnels, comme les cherts de Rhynie (Écosse, 407 millions d'années), où la silicification a préservé les espèces fongiques en trois dimensions. Ces sites révèlent déjà une importante diversité taxonomique (Chytridiomycota, Blastocladiomycota, Glomeromycota, Mucoromycotina, Ascomycota) et fonctionnelle : mycorhizes (association symbiotique plantes-champignons), parasitisme, saprotrophie et associations de type lichénique.
Les relations avec les plantes s'enrichissent ensuite, à mesure que celles-ci développent de nouveaux organes (racines, feuilles, bois). L'émergence des Basidiomycètes, absents des gisements de 407 Ma, marque une étape clé, notamment pour la décomposition du bois et l’évolution des mycorhizes. Le registre fossile montre des traces de cette évolution.
Enfin, la présentation soulignera l’apport des nouvelles techniques d’imagerie, qui permettent d’observer, en trois dimensions et sans destruction, les caractères diagnostiques des espèces fossiles, affinant ainsi leur identification et leur utilisation pour la calibration des horloges moléculaires et la reconstruction de l’histoire évolutive de la fonge.
«Au cœur des ténèbres : Regards sur un demi-siècle de recherche sur les champignons mycorhiziens ». Francis Martin, Chercheur, Inrae Nancy - de 18h15 à 19h00
"La plupart des plantes terrestres forment des mycorhizes, associations entre leurs racines et des champignons. En forêt, chênes, hêtres, pins et épicéas s'associent à des champignons ectomycorhiziens, comme les amanites ou les cèpes, qui enveloppent leurs racines fines d'un manteau de filaments. Le réseau mycélien fournit à l'arbre azote, phosphore et potassium en échange de sucres issus de la photosynthèse.
Cette conférence retrace quarante-cinq ans de recherche sur cette alliance symbiotique, au fil des ruptures technologiques qui en ont permis une série de découvertes. Dans les années 1980, la résonance magnétique nucléaire a permis de suivre in vivo l'assimilation des sucres et de l’azote chez plusieurs champignons mycorhiziens. La biologie moléculaire a ensuite permis d'isoler les gènes d'assimilation de l'azote et ceux activés par la symbiose. Le séquençage des génomes du peuplier (2006) et de Laccaria bicolor (2008), premiers arbre et champignon mycorhizien séquencés, a révélé de petites protéines fongiques sécrétées, induites par la symbiose. L'une d'elles, MiSSP7, bloque la voie du jasmonate, hormone de défense de l'arbre, comme les effecteurs des agents pathogènes. La comparaison de centaines de génomes fongiques a montré que cette symbiose est apparue à de multiples reprises, depuis quelque 180 millions d'années, à partir d'ancêtres décomposeurs du bois et de la litière, au prix de la perte de gènes de dégradation de la lignine et de la cellulose.
Enfin, la génomique environnementale, qui repose sur le séquençage de l'ADN et l'ARN environnemental des communautés fongiques des sols forestiers, révèle la composition et l'activité des communautés de symbiotes et de décomposeurs dans les forêts du Yunnan. Son essor devrait éclairer, du génome à l'écosystème, le rôle des milliers d'espèces fongiques sylvicoles".
CONTACT
Pr. Anne LANDREAU
INSCRIPTION
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