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Le tourisme, un moteur de modernisation pour la Vendée

Maître de conférences en histoire à l’Esthua – Innto Angers, Johan Vincent vient de publier La Vendée et le tourisme, histoire d’une transformation (1945-1980). Cet ouvrage offre, entre autres, un regard sur la modernisation de la « Floride française » grâce au développement du tourisme.

Des touristes en Vendée, il y en a toujours eu ou presque. Si, à la fin du XVIIIe siècle, les communes des Sables-d’Olonne et de Noirmoutier étaient déjà plébiscitées, Johan Vincent s’est intéressé à la manière dont les pratiques touristiques ont métamorphosé le département à une période particulière : les Trente Glorieuses (1945-1975).

« C’est une thématique qui s’inscrit dans mes recherches au sein des laboratoires Temos et ESO, précise-t-il. Cette période est emblématique de l’après-guerre car les vacances se démocratisent. Les acteurs (État, stations touristiques) répondent alors à une forte demande sociale : en 1948, on estime que trois millions de Français partaient en vacances, et en 1980, cela représente environ 30 millions. »

Troisième département le plus touristique

Reconnue pour ses longues plages de sables fin, qui font écho aux plages floridiennes, et sa « Venise verte » (le marais poitevin), la Vendée connaît un essor touristique à partir du milieu du XIXe siècle. Son climat et son accès à l’océan sont des atouts précieux et permettent de s’adonner à une nouvelle pratique en vogue dans le monde occidental depuis le début du XXe siècle : le bronzage.

Et pour bien accueillir les touristes – originaires au début des départements limitrophes et de la région parisienne – les paysans se mobilisent. « Ils vont leur vendre des fruits et légumes puis les héberger chez eux. Ces lieux sont ensuite de plus en plus aménagés et les fermes vont ainsi se transformer en campings privés. Cette période est intéressante pour les historiens du tourisme mais est très peu étudiée. »

C’est donc pendant les Trente Glorieuses que le département s’est le plus transformé. « En 1960, la Vendée était le 10e département touristique de France, il est devenu le 3e en 1978, rappelle l’historien, qui s’est documenté auprès d’archives départementales et communales, des Archives nationales, des archives privés et des témoignages. Ce tourisme de masse a permis de valoriser le patrimoine et de développer des équipements propices au confort (eau, électricité, téléphone) et donc, in fine, de moderniser le territoire. »

Des critiques se font cependant entendre, notamment quant à la politique de construction des immeubles le long du littoral, les fameux « immeubles Merlin ». « Les années 1960 et 1970 se caractérisent par une concentration de l’urbanisation à 500 mètres du rivage. Les archives permettent d’expliquer leur politique à l’époque puisque par exemple, à Saint-Jean-de-Monts, les constructions permettaient aussi de préserver la forêt domaniale. »

Enfin, Johan Vincent rappelle l’importance du tourisme culturel (création du spectacle de la Cinéscénie en 1978, du parc du Puy du Fou en 1989) et de la gastronomie vendéenne (huîtres, brioche, andouillettes, bottereaux, mogettes), valorisée dans le sillon du poulet challandais servi lors du mariage entre le prince Rainier et Grâce de Monaco en 1956.

En 2025, la Vendée a enregistré plus de 30 millions de nuitées touristiques entre avril et octobre.

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