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Nage en eau glacée : Clémence Orizet vice-championne du monde
Clémence Orizet, étudiante en 2e année de médecine à la Faculté de santé, est aussi une sportive de haut niveau. Son domaine de prédilection : la nage en eau glacée. Début mars, elle a décroché la médaille d'argent lors des championnats du monde.
Clémence est en avance, les cheveux encore mouillés. Il est 10 h et elle vient de terminer son entraînement à Aquavita, dans une eau à 26 degrés. Bien loin de ses standards en compétition puisque l’étudiante revient tout juste des championnats du monde de natation d’eau glacée en Finlande. « L’eau était à -0,5 degré, se souvient-elle. La piscine était creusée à la tronçonneuse directement dans la glace et les organisateurs devaient enlever régulièrement des blocs de glace avec une pelle. »
Des conditions extrêmes, couplées à un petit -15 degrés à l’extérieur, qui n’ont pas empêché la jeune femme de 19 ans de terminer son 100 m brasse à la 2e place, devenant ainsi vice-championne du monde. « Il y avait une ambiance de malade ! Après la course, il y a une salle de réchauffement puis on va dans un sauna pour attendre la fin des tremblements. »
Une razzia de médailles
Pourtant, au départ, Clémence avait une peur chronique de l’eau. À six ans, ses parents l’inscrivent à des cours de natation pour vaincre son aquaphobie. Un an plus tard, c’est le déclic : elle veut participer à des compétitions. En 2018, alors licenciée au club de Saumur natation, elle découvre les sorties en eau libre (lac, mer, rivière) et entend parler pour la première fois de l’eau glacée, c’est-à-dire le fait de nager dans une eau qui doit être à moins de cinq degrés.
« C’est un défi, pas grand monde ne fait ça, il faut du mental, reconnaît la Normande d’origine. C’est un peu extrême, j’aime repousser mes limites. Les sensations sont différentes, le corps est un peu anesthésié. Ce n’est pas très connu en France mais ça se développe de plus en plus depuis 10 ans même s’il n’y a pas encore de vraie délégation. » Les règles sont aussi différentes : il est interdit de plonger ou de faire une culbute (une roulade pour faire demi-tour) afin d’éviter les chocs thermiques.
Sa première compétition se déroule en Alsace début janvier à l’occasion des championnats de France de natation d’eau glacée. « Lors de ma première course, un 100 m nage libre, j’avais du mal à respirer puisque l’eau oscillait entre 4,3 et 4,8 degrés. Puis j’ai adoré le 500 m, la sensation de froid disparait, j’étais euphorique et j’ai décroché la médaille de bronze. »
Le mois suivant, lors des championnats d’Europe en Italie, elle décroche deux nouvelles médailles de bronze dans la catégorie 18-24 ans, dans une eau à un degré. « Il y avait 75 nageurs et nageuses françaises, c’était un peu fou, on a participé à la cérémonie d’ouverture, on a tous la même passion. »
Le RSE : une aide pour les études
Avec son nouveau titre de vice-championne du monde de natation d’eau glacée, Clémence Orizet souhaite désormais franchir un cap. « Je suis à la recherche de sponsors pour une meilleure préparation, afin par exemple de faire plus de bains glacés, précise celle qui, de temps en temps, nage aussi au lac de Maine. Sinon, il faut se débrouiller : je connais des nageurs qui récupèrent par exemple des glaçons auprès de poissonniers pour remplir une piscine gonflable. »
En attendant, Clémence bénéficie d’un Régime spécial d’études (RSE) à la Faculté de santé pour performer aussi dans ses études. « Je suis en 2e année de médecine et le RSE me permet notamment de passer des examens à distance, comme en Martinique en octobre dernier à 3 heures du matin. Je m’entraîne deux heures par jour, parfois plus, il faut juste une bonne organisation. La transition peut être un peu rude après une compétition et la reprise des cours, l’eau glacée, ça épuise mentalement et physiquement. »
