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« Un job étudiant qui a du sens »
Depuis presque 30 ans, les étudiant·es relais-santé (ERS) de l'Université d'Angers interviennent sur les campus pour sensibiliser leurs camarades à diverses thématiques. Mercredi 6 mai, ils étaient à Belle-Beille pour leur dernier rendez-vous de l’année.

Pierre Soyer est l'un des 15 étudiant·es relais-santé (ERS) cette année au sein du Service de santé universitaire (SSU).« Salut, tu as deux minutes pour parler ? Comment tu vas ? » Vêtus d’un t-shirt et d’un sweat aux couleurs du SSU, Pierre et Ninnog arpentent le hall du restaurant universitaire (RU) de Belle-Beille, à la rencontre de leurs camarades lors de la pause méridienne. Le but : prendre de leurs nouvelles, présenter le SSU et échanger avec eux sur plusieurs thématiques (alimentation, sommeil, sexualité, drogue, gestion du stress, etc.) selon les envies ou besoins du moment.
Ici, les ERS n’ont pas besoin d’être un·e expert·e en santé, le but est d’être motivé·e et dynamique. « Il faut faire preuve d’empathie et de bienveillance afin de s’adapter aux profils qu’on accueille », estime Ninnog, en 2e année de psychologie. « C’est bien de faire de la prévention, ça donne de la maturité, ajoute Pierre, en 3e année de biologie végétale. Être ERS était une façon de m’inclure dans l’université et de rencontrer des personnes de formation différente. J’étais un peu stressé au départ mais tu t’améliores socialement au fil des semaines. »
Si certain·es étudiant·es semblent pressé·es, la grande majorité prend le temps de discuter librement et sans tabou. « Dans les RU, on peut sensibiliser jusqu’à 350 personnes en deux heures, souligne Céline Maudet, infirmière au SSU et coordinatrice des ERS. Ces rencontres sont aussi l’occasion pour eux de repartir avec un éthylotest, un préservatif, une capote de verre, une bande réfléchissante, ou des bouchons d’oreille. »
Près de 150 interventions par an
En 1999, l’UA a été l’un des premiers établissements d’enseignement supérieur de France a lancer le dispositif des ERS. Depuis, presque toutes les universités l’ont adopté. Cette année, ils sont 15 : 12 à Angers, deux à Cholet et un à Saumur. Les étudiant·es ont bénéficié d’une semaine de formation fin août et sont rémunérés, en échange d’un engagement à hauteur de vingt heures par mois. « Nous faisons également un point avec eux chaque mardi à 7 h 45 pour faire un bilan de la semaine écoulée et préparer les futures actions », précise Céline Maudet.
Les ERS réalisent environ 150 interventions chaque année dans les halls des RU, des BU et des composantes. Ils et elles sont aussi mobilisé·es selon les autres actions de prévention menées par le SSU (petits-déjeuners solidaires, ateliers cuisine) et des associations étudiantes.
Pour Pierre et Ninnog, ce mercredi 6 mai sonne la fin de leur contrat en tant qu’ERS. « C’est un job étudiant qui a du sens, concluent-ils. On se sent utiles, on a des échanges constructifs et les gens nous remercient. »
