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Mauvaises filles, la websérie documentaire

Historien à l’Université d’Angers, David Niget et les comédiennes Servane Daniel et Anaïs Harte présenteront la websérie documentaire Mauvaises filles, récemment enrichie de nouveaux portraits et entretiens.

Les mauvaises filles sont les invisibles de l’histoire. Pourtant, elles incarnent bel et bien des figures de la révolte, contre les normes sociales et les normes de genre. Traditionnellement perçues comme des victimes au XIXe siècle, « filles perdues » recluses dans les Bon-Pasteur pour y être préservées, les adolescentes, sous le regard de la justice des mineurs au XXe siècle se muent en « rebelles ». Elles sont rétives à l’ordre sexuel, révoltées contre les règles du patriarcat, « incorrigibles » au sein des institutions de rééducation, insoumises à l’égard de la discipline sociale.

Ces jeunes filles jugées déviantes ont fait en 2016 l’objet d’un livre, Mauvaises filles, signée par deux historiens Véronique Blanchard, responsable du Centre d’exposition « Enfants en justice XIXe-XXe siècles » (ENPJJ), et David Niget, maître de conférences en histoire contemporaine à l’UA. Leur travail s’est depuis poursuivi.

La websérie documentaire, réalisée par Véronique Blanchard, David Niget et Arnaud Miceli s’attache à rendre la parole à ces jeunes filles en associant plusieurs formes de restitution : des portraits théâtralisés, incarnés par Servane Daniel et Anaïs Harte de la compagnie À la Tombée des nues permettent d’incarner de manière sensible ces vies de « mauvaises filles », à mi-chemin entre le réel et la fiction. Des décryptages universitaires rendent compte du contexte historique et des ressorts sociaux et genrés de leur stigmatisation. Des archives commentées constituent un corpus qui permet aux citoyen.e.s, étudiant.e.s, professionnel.le.s de la protection de l’enfance, de s’approprier cette histoire de manière tangible. Enfin, des témoignages de femmes, placées en institution pendant leur jeunesse, anciennes éducatrices, ou féministes, font résonner ces trajectoires à travers l’histoire et permettent d’évoquer la question contemporaine des réparations.

Découvrir la websérie :
https://mauvaises-filles.fr/

Il ne s’agit pas ici de s’encanailler devant la beauté noire de la misère ou de célébrer des héroïnes protoféministes, mais bel et bien de prêter attention à ces récits situés, ces subjectivités en mouvement, ces regards croisés, ces échos mémoriels et sensibles venant se mêler aux analyses historiques. À travers les voix des Mauvaises filles, nous pouvons reconnaître, dans le gris de l’histoire, des figures de notre modernité, auxquelles les filles de la génération #meetoo peuvent se référer.

La conférence de présentation aura lieu en ligne le 10 mars à 18 h.
Gratuit, sur inscription.
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