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Séparés par des virgules

Vers une protection alternative des cultures

Guillaume Viault et Thomas Guillemette, respectivement maître de conférences en chimie organique et professeur en microbiologie, sont lauréats de l’appel à projets 2025 du PUI Predict. Leur projet de recherche, financé à hauteur de 60 000 euros pour un an, vise à trouver des solutions alternatives naturelles pour lutter contre le développement de champignons phytopathogènes.  


Les chercheurs étudient les spores du champignon phytopathogène Alternaria brassicicola.
L’utilisation croissante de produits phytosanitaires en agriculture a un effet direct sur la préservation des sols, les ressources en eau, la biodiversité et la santé humaine. Leur utilisation prolongée provoque également l’apparition de résistances chez les agents pathogènes (champignons ou insectes), réduisant ainsi l’efficacité des fongicides ou insecticides.

« Il est urgent d’identifier des solutions alternatives, affirme Guillaume Viault, chercheur au laboratoire Sonas. Pour résoudre ces problèmes, les pouvoirs publics ont mis en place des programmes (EcoPhyto II+, « Green Deal » européen) qui visent à réduire l’utilisation des pesticides. Dans les années à venir, nous allons faire face à deux enjeux majeurs : le maintien de la sécurité alimentaire et la transition des méthodes de production qui favorise le respect de l’environnement. »

Un projet ambitieux

Les champignons phytopathogènes – qui infectent les plantes – s’adaptent pour lutter contre les défenses naturelles de la plante ou les produits phytosanitaires. Les travaux menés depuis dix ans par le Sonas et l’équipe Fungisem de l’Institut de recherche en horticulture et semences (IRHS) ont permis d’identifier des produits naturels capables d’inhiber deux voies d’adaptation des champignons, appelées CWI (Cell Wall Integrity) et UPR (Unfolded Protein Response). Ces recherches ont permis le dépôt de brevets et conduit à une collaboration scientifique avec l’entreprise angevine Green Impulse.

Guillaume Viault et Thomas Guillemette vont se pencher sur une troisième voie d’adaptation, nommée HOG (High Osmolarity Glycerol), qui s’active lorsque la plante « impose » des conditions hostiles (stress cellulaire) au champignon. Elle permet alors à la cellule du champignon de maintenir une pression intracellulaire compatible avec son bon fonctionnement et son développement.

« Le but est de trouver de nouvelles molécules d’origine naturelle anti-HOG. Nous allons dans un premier temps mettre en place un modèle biologique cellulaire permettant d’observer l’inhibition de cette voie. Une fois ce modèle établi et validé, nous allons sélectionner et évaluer entre 100 et 200 produits naturels (terpénoïdes, alcaloïdes, polyphénols) issus de la chimiothèque du Sonas. Les composés identifiés seront ensuite soumis à des tests sur plantes afin de confirmer leur efficacité et de définir leur domaine d’application. C’est un projet ambitieux dont les résultats pourraient intéresser des industriels pour le développement de nouveaux actifs en biocontrôle. »

L’info en plus

Dans le cadre du 2e appel à projets d’innovation du PUI Predict, huit lauréats, dont cinq de l’UA, ont été désignés.

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