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Séparés par des virgules

Espèces invasives : l’UA et la FDGDON 49 renforcent leur partenariat

Collaborant déjà sur le programme de recherche-action « Les Rongeurs aquatiques envahissants : mieux les connaître, pour mieux les gérer », financé par le Conseil départemental, l’Université d’Angers et la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON) de Maine-et-Loire ont signé une convention cadre de partenariat scientifique le 9 septembre 2026.


Le ragondin se reconnaît facilement grâce à ses dents.
Introduit en Europe au XIXe siècle pour sa fourrure, notamment, le ragondin, originaire d’Amérique du Sud, a depuis largement pris ses quartiers dans les eaux douces françaises. L’animal, reconnaissable à ses incisives rouge-orange, est inscrit sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes (EEE) de l’Union Européenne. Parce qu’il fragilise les berges et ouvrages hydrauliques en creusant de profonds terriers. Parce qu’il affecte la végétation et les cultures environnantes. « Il mange chaque jour entre 20 et 40 % de son poids en végétaux, précise Olivier Pays-Volard, professeur en écologie à l’UA. Sachant qu'un animal fait en moyenne 6 kg. Imaginez l’impact sur le milieu ! » Parmi les autres griefs : le ragondin est porteur de maladies dangereuses pour l’Homme, comme la leptospirose.

Se reproduisant rapidement, à raison de trois portées par an, Myocastor coypus n’a pas ici de prédateurs naturels, faute de caïmans. Pour limiter la prolifération, des organismes comme la FDGDON coordonnent des actions de prélèvements qui sont majoritairement assurés par des bénévoles en Maine-et-Loire. Dans ce département, pas moins de 30 000 individus sont ainsi piégés chaque année. Sur un total de combien ? C’est l’une des questions qui restent en suspens.

Peu d’études

Depuis 2021, la FDGDON 49 et le laboratoire BiodivAG collaborent sur cette problématique peu étudiée en France. Objectifs : évaluer les populations, leur répartition, en utilisant de nouveaux outils comme les drones ou le photo-piégeage, mais également leur dynamique, en fonction des milieux et des captures. « Nous amenons les données de terrain, l’université apporte sa compétence, ses méthodes d’analyse, sa capacité d’interprétation », explique Raymond Vincent, président de la FDGDON 49. « Il ne suffit pas de constater l’invasion. Il faut comprendre les mécanismes pour mieux anticiper et décider », poursuit-il.


Françoise Grolleau et Raymond Vincent ont signé la convention
Le programme de recherche-action RAE (Rongeurs aquatiques envahissants), qui s’intéresse aux ragondins mais aussi aux rats musqués, a déjà débouché sur cinq articles scientifiques. Aux côtés des deux membres fondateurs, d’autres partenaires se sont associés au projet, comme le Département de Maine-et-Loire, co-financeur, mais aussi l’EPTB de la Sèvre nantaise, le syndicat Loire Aubance Louets, le bassin de l’Oudon ou encore le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire. D’autres devraient suivre après la signature ce 9 septembre d’une convention cadre.

Le document permet de structurer durablement les collaborations scientifiques, de préciser les rôles de chacun et d’encadrer les questions relatives aux données, aux publications et à la propriété intellectuelle. « Bien plus qu’un point administratif, estime Raymond Vincent, c’est un point de départ vers une collaboration durable capable de faire émerger de nouveaux projets », sur d’autres espaces invasives, par exemple, comme le xénope lisse.

Une première thèse

Une nouvelle étape sera franchie le 1er octobre 2026 avec le lancement d’une thèse de doctorat entièrement dédiée aux rongeurs aquatiques envahissants. Durant 3 ans, la doctorante recrutée travaillera à approfondir les connaissances produites dans le cadre du programme et développera un cadre d’analyse à long terme des interactions entre dynamiques des populations, caractéristiques des territoires et pratiques de gestion. « Par exemple, on sait que le piégeage fonctionne car il capture des individus, mais quel impact réel a-t-il sur la régulation des populations ? Et diminue-t-il vraiment les impacts environnementaux, économiques et les risques sanitaires ? », interroge Olivier Pays-Volard, qui dirigera la thèse en collaboration avec le Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, spécialiste du volet santé.

Des recherches au service des territoires

La coopération entre acteurs de terrain et recherche scientifique est dans l’ADN de l’unité BiodivAG. « Quand nous l’avons créée en 2022, nous avons voulu en faire un laboratoire au service de la société et des territoires », rappelle Olivier Pays-Volard, directeur de BiodivAG. Le programme RAE en est l’une des illustrations.

Cette collaboration a été saluée par Françoise Grolleau, présidente de l’UA, lors de la signature de la convention cadre avec la FDGDON 49 : « Que ce soit en matière de formation ou de recherche, il est important que notre université réponde aux besoins du territoire et aux questions sociétales ».

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