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Valesor : un outil pour évaluer l’impact économique des pollutions sur la santé

Le projet européen Valesor a pris fin après 3 années de recherche. Il a notamment donné naissance à un outil en ligne qui permet de visualiser les coûts sociétaux et individuels des expositions aux produits chimiques et à la pollution de l’air affectant la santé, et de simuler les bénéfices de telles ou telles démarches de réductions. Cette innovation doit permettre d’éclairer le débat public et les futures décisions politiques.
Les explications de Gildas Appéré, professeur d’économie à l’Université d’Angers, et coordinateur du projet.

Le projet Valesor (Valuation of environmental stressors) a été lancé le 1er janvier 2023 pour 3 ans, avec quels objectifs ?

Gildas Appéré : Globalement, il s’agissait d’évaluer l’impact sanitaire et économique de l’exposition des populations aux substances chimiques et à la pollution de l’air, et plus précisément d’apporter une évaluation chiffrée des éventuelles mesures de réduction des expositions aux substances chimiques nocives et de la pollution de l’air. Pour ce faire, nous avons réuni une équipe multidisciplinaire d’une quarantaine de membres, comptant des économistes, des médecins, des épidémiologistes, des toxicologues et spécialistes des sciences environnementales. Au total, ce sont douze partenaires qui ont été impliqués, dont cinq en France, avec notamment les universités d’Angers, de Nantes, l’École des Mines de Paris, l’Ineris, mais aussi des spécialistes en Suède, Norvège, Serbie, Italie et au Royaume-Uni.

Il existait déjà des outils d’évaluation pour la pollution atmosphérique, américain notamment (BenMAP), mais très peu sur l’exposition aux substances chimiques. L’une des avancées de Valesor a été d’apporter des données sur ce volet. À partir des multiples publications existantes, les épidémiologistes ont mis en face des différentes substances chimiques (PFAS, pesticides, métaux lourds…), les conséquences sanitaires scientifiquement avérées. Et ce travail de synthèse de la littérature scientifique a déjà abouti à mettre en lumière certaines problématiques un peu passées sous les radars. On savait qu'une mauvaise qualité de l’air avait un effet sur l’asthme ou le cancer du poumon, mais elle serait aussi impliquée dans les risques de démences. Autre exemple : certaines substances chimiques, comme le plomb, le mercure ou les PFAS, augmentent l’incidence de certaines maladies cognitives et les troubles de l’attention.

À partir de là, le rôle des économistes a été de traduire cela en valeurs monétaires. Combien coûte à la société telle ou telle maladie, en termes de traitements, de pertes de productivité ou de revenu ? À ces coûts, viennent également s’ajouter les pertes de bien-être individuelles liées à la souffrance, au stress, à l’impact sur la vie familiale et sociale évaluées au travers de la notion de Consentement à Payer des individus pour réduire les risques d’avoir ces maladies.

Donc beaucoup de données disparates, compliquées à analyser…

GA : Oui, et le résultat le plus visible de Valesor a été de les rendre compréhensibles, grâce à un outil en ligne, qui permet de voir l’impact pour les pays européens, au-delà de l'Union européenne, de telles ou telles pollutions sur la santé et la morbidité, mais aussi d’adopter des scénarios de réductions de ces pollutions, et ainsi de percevoir comment des politiques en ce sens ont un impact sur des maladies comme les cancers, le diabète de type 2, toutes ces maladies que l’on suspecte d’être liées à l’exposition à certaines substances chimiques et à la pollution atmosphérique.

Et en parallèle, on peut visualiser sur l’outil tout le volet économique, ce que cela entraîne en termes de coûts.

À qui est destiné ce simulateur ?

GA : Ce n’est pas un outil grand public, puisqu’il y a une étape de prise en main, que les utilisateurs doivent avoir une certaine habitude de l’exploration des données et savoir ce qu’ils recherchent. Donc, il s’adresse davantage à tous les chercheurs et organisations qui travaillent sur ces questions, que ce soient des associations désireuses de voir l’impact de tel ou tel scénario, mais aussi, bien sûr, les décideurs publics. Cela pourrait notamment éclairer les instances européennes, qui se sont fixées l'objectif de tendre vers le « zéro pollution » à l’horizon de 2030.

L'outil Valesor est disponible en ligne via ce lien

 

Le projet Valesor appartient, avec quatre autres projets européens liant environnement et santé, au cluster Meteor, dont les résultats finaux seront présentés fin novembre 2026 à Bruxelles.

Soutien de l'Europe

Porté par l’Université d’Angers, le projet Valesor a été soutenu à hauteur de 3 millions d’euros par l’Union européenne, dans le cadre des appels à projets Horizon Europe en Environnement et Santé.

Communiqué de presse

Télécharger le communiqué de presse officiel :

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