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Séparés par des virgules

Une grande expédition pour documenter les variations climatiques

Du 4 mai au 13 juin, une centaine de scientifiques embarqueront à bord du Marion Dufresne pour une mission au large du Mozambique et de l’Afrique du Sud. Soutenu par la Flotte océanographique française, et coordonné par Meryem Mojtahid, paléoclimatologue à l’Université d’Angers (LPG), le programme international de recherche CHARM vise à recueillir des données sur les variations climatiques passées dans l’hémisphère Sud.

Le Marion Dufresne
Le Marion Dufresne (crédit photo : TAAF)
« C’est un énorme privilège ». Le projet porté par Meryem Mojtahid a retenu l’attention de la Flotte océanographique française, opérée par l’Ifremer, qui a décidé de mettre à sa disposition l’un de ses fleurons, le Marion Dufresne, et son équipage. Durant un mois et demi, une centaine de scientifiques de dix nationalités, issus de 25 institutions européennes, africaines et brésiliennes, seront en permanence à bord du navire équipé de 650 m2 de laboratoires.

Le but principal de l’expédition « est de revenir dans le passé pour étudier les variations climatiques dans le temps, résume Meryem Mojtahid, professeure à l’Université d’Angers, membre du Laboratoire de Planétologie et Géosciences (LPG). Nous disposons de beaucoup de données pour l’hémisphère Nord, mais très peu pour l’hémisphère Sud ».

Pour pouvoir analyser les variations du climat depuis 10 000, voire 20 000 ans - et anticiper ce que pourrait être l’avenir - les scientifiques ont besoin d’indices. Les traces des variations passées se trouvent notamment dans des zones particulières qui vont accumuler des sédiments, « les plateaux continentaux, situés en mer ouverte mais influencés par les apports de grands fleuves ».

Le Marion Dufresne mettra d’abord le cap sur l’océan Indien, au large du Mozambique, au niveau du plateau continental sous influence du fleuve Zambèze. Puis, la mission se poursuivra dans l’Atlantique, sur la côte sud-africaine accumulant les sédiments du fleuve Orange.


Le navire est équipé de 650 m2 de laboratoires (crédit photo : TAAF).
L’équipe de recherche procèdera à des carottages pour remonter le temps, mais étudiera également les conditions actuelles, à travers des mesures sur l’eau, des prélèvements de sédiments de surface, des captures de planctons… « afin de bien appréhender l’ensemble des paramètres environnementaux que l’on va chercher dans le passé », explique Meryem Mojtahid qui sera accompagnée par une vingtaine de collègues et doctorants du site angevin du LPG, spécialiste des foraminifères et des systèmes littoraux et marins.

Des scolaires associés au projet

Le programme de recherche se double d’un volet pédagogique. Depuis l’automne 2025, l’équipe du LPG est intervenue auprès de sept classes d’écoles et de collèges de la région Pays de la Loire, comme à Avrillé (lire l’article). Avec l’appui de l’association de culture scientifique Culture Biome, les scolaires ont pu prendre connaissance des objectifs et enjeux de la mission, à travers différents ateliers, et imaginer des expériences qui seront réalisées à bord par les scientifiques. Au Mozambique, des écoles primaires locales et le collège-lycée français de Maputo sont également inclus dans ce programme et seront invités à effectuer une visite du navire.

Il sera possible de suivre au quotidien le déroulement de l’expédition, grâce à une newsletter et un site dédié, mais aussi sur les ondes des antennes du groupe Radio France, puisqu’un journaliste de France Culture embarquera pour la partie sud-africaine. Au retour, une exposition photographique et un film documentaire sont prévus.

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