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Croiser les regards sur les vésicules extracellulaires
Réunis en réseau, les chercheur·es du Grand Ouest qui s’intéressent aux vésicules extracellulaires se sont retrouvés à Angers, lundi 8 juin 2026, pour une journée d’échanges centrée sur les technologies pré-analytiques.

Le matin, les communications se sont succédé dans l'amphi Larrey du CHU.Elles intéressent aussi bien les spécialistes de l’élevage de truites que les chercheur·es en cancérologie : les vésicules extracellulaires (EV). « Ce sont de petites particules libérées par tout type de cellules, qui vont refléter l’état physio-pathologique de leur environnement, explique Soazig Le Lay, directrice de recherche Inserm et coordinatrice du groupe de recherche EV-Link, qui étudie le rôle des fameuses EV dans les complications liées à l’obésité, ou les maladies du foie, en collaboration avec l’unité angevine Hifih. Elles peuvent être médiatrices d’informations, en transportant des biomolécules en dehors de la cellule. Elles reflètent aussi l’état d’un organe, et peuvent donc être utilisées comme biomarqueurs. Par exemple, sur notre sujet de recherche, à savoir la maladie du foie gras, ces biomarqueurs vont nous éviter de faire une biopsie. Et troisièmement, on peut les modifier pour en faire de potentiels vecteurs thérapeutiques ».
Connues depuis une trentaine d'années, les EV offrent une multitude de pistes de recherche, en santé humaine ou non. Afin d’échanger sur les dernières avancées et favoriser les collaborations, un réseau s’est mis en place en 2017, à l’échelle du Grand Ouest de la France : GO-EV, diminutif de Grand Ouest Extracellular Vesicles Network. Soutenu par Biogenouest, il compte aujourd’hui 45 partenaires, dont 18 unités de recherche, 15 plateformes, et 12 institutions en Bretagne et Pays de la Loire.
Au-delà des disciplines
Chaque année, le réseau organise deux à trois fois par an un séminaire, à tour de rôle dans les différentes villes partenaires. Le 8 juin dernier, une soixantaine d’étudiant·es, d'ingénieur·es et de chercheur·es se sont retrouvés à Angers, dans un amphithéâtre du CHU, pour une journée transdisciplinaire consacrée aux technologies pré-analytiques, « c’est-à-dire à tout ce qui va permettre de caractériser la vésicule », résume Soazig Le Lay. Coorganisée avec Lionel Fizanne, ingénieur d’études au laboratoire Hifih, et impliquant des membres des laboratoires EV-Link et Hifih, cette rencontre s'est plus particulièrement concentrée sur les technologies pré-analytiques dédiées à l’isolement des vésicules extracellulaires. « Il s'agit d'un enjeu majeur puisque les étapes pré-analytiques déterminent en grande partie la fiabilité et la reproductibilité des résultats obtenus ».
Le matin, sept communications étaient au programme, données par des membres de divers laboratoires de Nantes, Angers, Rennes et Brest. Elles ont été complétées par une conférence de Céline Elie-Caille, chercheuse au sein de l’Institut Femto-ST, à Besançon, sur la « Caractérisation discriminative et multimodale des vésicules extracellulaires dans une matrice complexe ». L’après-midi était consacrée à des ateliers technologiques, animés par trois sociétés mécènes spécialisées dans les technologies de caractérisation des vésicules extracellulaires. L’occasion pour les participants de découvrir de nouveaux outils, d’échanger sur leurs usages et de confronter les besoins du terrain aux innovations développées par les industriels. Un dialogue indispensable pour faire progresser collectivement la recherche sur les vésicules extracellulaires. Avec toujours le même objectif : « Croiser les regards et les compétences, dans différents domaines ou thématiques de recherche ».
