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Séparés par des virgules

Exposition A volontéMademoiselle Caroline et Mathou

Créé en 2017, le Mois du genre est une manifestation imaginée par le programme de recherche GEDI (GEenre et DIscriminations sexistes et homophobes) et la mission Égalité de l’UA, et désormais portée par l’Université d’Angers. Pendant tout le mois de mars, des événements sont proposés, gratuits et ouverts à tous, permettant les échanges entre le grand public, les scientifiques et des artistes, l’occasion de mettre en lumière les discriminations les plus criantes comme les plus invisibles.

Exposition à découvrir au Qu4tre de l'Université d'Angers, 4 allée François Mitterrand 49000 Angers
du 1er mars au 2 avril 2021.

Accepter la différence, comprendre l’autre, lui laisser une place, c’est l’espoir d’une société qui serait plus juste et plus équitable. En 2019, les photographies N&B exposées à la Galerie Dityvon de Crister Ströhmolm avaient révélé la destinée des amies de la Place Blanche, le quotidien difficile de trans et de prostitués, trop souvent condamnés à une vie nocturne. On était à Paris, dans les années 50 -60… Depuis, le sujet du transgenre est dans les médias, le long-métrage « Girl » de Lukas Dhont a été primé à Cannes, le documentaire « Petite fille »de Sébastien Lifshtiz a été applaudi par la critique...

Aujourd’hui, nous vous proposons un éclairage sur une toute autre discrimination, liée au corps encore, et très contemporaine : la grossophobie… ou le rejet des personnes en surpoids ou souffrant d’obésité.

Non, la société n’est pas tendre avec les gros.sses. Le livre puis le documentaire de Gabrielle Deydier « On achève bien les gros » révèle pourtant que 15 % des français souffrent de cette situation. Mais où sont-ils ? est-ce qu’on les voit dans l’espace public ? Non, la culpabilité, la honte, le rejet, l’inadaptation des structures (pensez aux fauteuils dans les avions, aux accoudoirs dans les cinémas), les indélicatesses dans tout domaine professionnel – y compris médical, scolaire- les condamne trop souvent à l’esseulement et à l’exclusion. Que dire de l’accès à l’emploi pour les personnes « plus grosses »? Mais plus grosses que quoi au fait? Le plafond de verre pour une femme « grosse » n’est-il pas 4 fois supérieur à celui d’un homme en surpoids… Une fatalité à accepter ? Non, regard et comportement doivent changer.

C’est ce que propose MATHOU, cette talentueuse illustratrice basée à Angers avec l’album A VOLONTÉ. Avec beaucoup d’humour, d’intelligence, et la complicité de Mademoiselle Caroline, elle croque les situations les plus surprenantes et les petits pics vécus au quotidien. Des scènes banales de discriminations, des propos trop souvent vexants ou humiliants. Dessins colorés et auto-dérisions restent une belle arme contre cette discrimination trop courante: la grossophobie.

Un album à découvrir aux Editions Delcourt :

« La grossophobie se niche partout, dans les séries, les magazines, les blagues des uns et des autres, dans nos quotidiens. Le.a gros.se est assimilé.e à quelqu’un de fainéant et de raté, qui n’a aucune volonté. Ainsi va l’injonction sociale. MATHOU et Mademoiselle Caroline aiment le melon autant que les profiteroles, les pâtes ou le beurre salé mais c’est sans compter sur le poids des normes ».

Informations

Exposition visible les mardis et jeudis de 10h à 17h au Qu4tre. 

Jauge limitée à 10 personnes.

Tél. 02 41 96 22 96

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