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L’UA fière de son ancien étudiant, Prix Nobel de la Paix !

Denis Mukwege, ancien étudiant de la Faculté de médecine de l'UA, diplômé de gynécologie obstétrique en 1989, vient d’être nommé Prix Nobel de la Paix 2018. L’Université d’Angers est très heureuse de cette nouvelle et le félicite !

« Je me réjouis de ce titre prestigieux qui vient saluer le parcours exemplaire de cet humaniste qui a voué sa carrière à la cause des femmes. », indique Christian Roblédo président de l’UA qui lui avait remis les titres et insignes de docteur honoris causa en janvier dernier saluant déjà ainsi son investissement pour dénoncer l’utilisation du viol et des violences sexuelles comme arme de guerre.

Formé à l'Université d'Angers 

Né en 1955 près de Bukavu (République démocratique du Congo, RDC), Denis Mukwege obtient son doctorat de médecine à l’Université du Burundi. « À l’époque, mon domaine de prédilection était la pédiatrie. Ma thèse portait sur la vaccination des nouveau-nés contre l’hépatite B », explique-t-il.

Denis Mukwege est rapidement confronté à la forte mortalité maternelle qui touche les femmes de son pays. Et décide de se tourner vers la gynécologie-obstétrique. En 1984, il obtient une bourse et arrive à l’Université d’Angers pour se former à cette spécialité. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est le froid de l’hiver ».

À Angers, Denis Mukwege trouve de la chaleur auprès des nombreux amis qu’il se fait et fonde avec eux l’Association France-Kivu qui n’a jamais cessé de le soutenir. Après son diplôme de gynécologue obtenu à la Faculté de médecine  en 1989 et 5 ans au CHU d'Angers, les propositions d’installation ne manquent pas, mais son altruisme et son civisme ont raison de ses hésitations. Il rentre en RDC en 1989 et s’occupe de l’hôpital de Lemera, dont il devient médecin-directeur. L’établissement est totalement détruit lors du conflit de 1996.

Après ce drame, Denis Mukwege préside à la construction de l’hôpital de Panzi (450 lits) qu’il dirige depuis 1999. Il crée ensuite une faculté de médecine et une école de sages-femmes.

Le viol comme arme de guerre

À compter de 1999, le viol est utilisé comme arme de guerre en RDC. Il concerne des femmes de tous âges, mais aussi des enfants et des nourrissons. À Panzi, en 18 ans, « nous avons pris en charge plus de 51 900 femmes et 2100 enfants de moins de 5 ans ». Le Dr Mukwege organise l’accueil des victimes (10 à 15 nouveaux cas par jour), offrant une prise en charge globale : chirurgicale puis psychologique et sociale, sans oublier une assistance juridique.

Denis Mukwege utilise sa renommée internationale pour dénoncer les exactions perpétrées par les groupes armés au profit des trafics miniers et devient une cible. En 2012, il échappe miraculeusement à une tentative d’assassinat. Réfugié en Belgique, puis aux USA, il décide de rentrer au pays, en réponse à la demande pressante des femmes du Kivu, et vit désormais reclus au sein de l’hôpital. « Je suis témoin des crimes commis contre les femmes et le corps des femmes. Face à cela, nous ne pouvons pas baisser les bras », justifie-t-il. Sa sécurité est assurée en permanence par les forces de l’ordre.

Son action en faveur des droits humains a été couronnée par de nombreuses distinctions : Légion d’honneur, Prix Olof Palme, Prix du Roi Baudoin, Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit en 2014… Le 23 janvier 2018, l’Université d’Angers lui a remis le titre et les insignes de docteur Honoris Causa.

 

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Un prix partagé

Le comité a aussi décerné ce prix Nobel 2018 à une autre ambassadrice de la cause des femmes, Nadia Murad, jeune femme qui a passé 11 mois aux mains de Daesh, en Iraq, réduite en esclave sexuel.

L'ONU a salué cette double nomination qui "aidera à faire avancer le combat contre les violences sexuelles comme arme de guerre dans les conflits".

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