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Les imprimantes 3D produisent des visières de protection

Les imprimantes 3D de Polytech Angers et de l’IUT tournent pour fabriquer des arceaux de visières de protection. Elles sont distribuées gratuitement à des soignants et des commerçants. La production, jusque-là modeste, devrait s’accélérer la semaine prochaine, grâce à un partenariat avec le campus angevin des Arts et métiers.

L'imprimante 3D de Polytech Angers sort une vingtaine d'arceaux par jour
L'imprimante 3D de Polytech Angers sort une vingtaine d'arceaux par jour
L’Université d’Angers participe à la production citoyenne de visières de protection en plastique, utilisées en complément du masque par les personnels soignants ou travailleurs côtoyant du public. Depuis le 26 mars, l’imprimante 3D du Fablab de Polytech Angers tourne 24 heures sur 24. « Nous avons rejoint le collectif de makers Visièresolidaire 49, qui rassemble des particuliers, des entreprises et des établissements comme le nôtre, explique Franck Mercier, l'ingénieur qui épaule les chercheurs de Polytech Angers. Nous nous sommes appuyés sur les schémas qui circulaient au sein du réseau pour produire. La distribution se fait localement, dans notre cercle de connaissances ou par contact via la page Facebook du collectif ».

Pour plus d’efficacité, Fabrice Guérin, directeur de Polytech Angers a accepté que la machine soit installée dans le garage de Franck Mercier, à La Possonnière. « Il sort une vingtaine d’arceaux par jour ». Des transparents pour rétroprojecteur ou des couvertures de dossiers en plastique sont ensuite fixés aux arceaux. Un élastique permet de maintenir le tout sur la tête. « C’est très simple de fabrication et ne coûte pas grand-chose en consommables », précise Franck Mercier.

Le personnel du cabinet de pneumologie de Trélazé fait partie des bénéficiaires
Le personnel du cabinet de pneumologie de Trélazé fait partie des bénéficiaires
L’ingénieur a déjà donné une centaine de ces protections, couvrant du front au menton, « dans des cabinets médicaux, des commerces de ma commune, aux pompiers… Et on sent que ça fait vraiment plaisir aux gens. On reçoit de grands sourires, car sinon ils n’ont pas grand-chose pour se protéger ».

De l'impression 3D à l'injection plastique

Le département Génie mécanique et productique (GMP) de l’IUT d’Angers-Cholet s’est lui aussi lancé dans l’impression 3D de visières début avril. « On a testé différents prototypes et nous sommes partis sur un modèle développé par une entreprise et amélioré par les Arts et métiers de Bordeaux », précise Ludovic Savouré, l’enseignant du département à la manœuvre. En une semaine, une vingtaine de protections ont été fabriquées et données dans des cabinets médicaux et maisons de retraite. « Notre imprimante est lente », déplore Ludovic Savouré, conscient comme Franck Mercier que « ce n’est qu’une petite pierre apportée à l’édifice ». Pour l'instant.

Exemples d'arceaux produits par l'IUT
Exemples d'arceaux produits par l'IUT
La production devrait bientôt changer d’échelle. « Avec les services des Arts et métiers, nous travaillons sur un autre mode de fabrication, poursuit Ludovic Savouré. Nous sommes en train d’usiner un moule d’injection plastique. Avec cette technique, il ne faudrait plus que 45 secondes pour sortir un arceau, contre 3 heures actuellement. Donc potentiellement, nous pourrions produire plusieurs centaines de visières par jour, faites dans un matériau moins poreux, donc plus facile à décontaminer ».

La mise au point du moule et le réglage de la machine sont complexes et demandent du temps. « On espère pouvoir lancer la production en début de semaine prochaine ».

Dans le même temps, une plateforme de recensement des besoins et de distribution des visières se met en place à l’UA.

1 commentaire(s)

  • Commentaire de Marguerite Cottenot posté le 14 avril 2020 à 20:06

    Bravo à vous et au progrès de la technique qui combat le Covid-19!

    Les champs suivis d'un astérisque * sont obligatoires

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