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Un plan d’action pour lutter contre les déserts médicaux

Pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins, un plan « Territoires universitaires de santé » a été lancé et signé vendredi 23 octobre 2020 au Mans, en présence de la ministre Frédérique Vidal. Ce plan d’action, à l’initiative de l’Université d’Angers et du CHU d’Angers, associe les centres hospitaliers du Mans, de Laval et de Cholet ainsi que les collectivités territoriales de la région.

L’accès aux soins dans certaines zones de la région est de plus en plus difficile. Pour preuve, il y a moins de médecins en Mayenne, Sarthe et Vendée réunies qu’en Loire-Atlantique. Pour tenter de remédier à cela, les acteurs locaux ont décidé de proposer une réponse coordonnée permettant de favoriser l’installation de jeunes médecins sortant de la Faculté de santé de l'Université d'Angers dans ces territoires en tension.
En violet foncé, les territoires en perte de médecins dont la Sarthe et la Mayenne.

En cela, ils viennent de signer le 23 octobre dernier la convention « Territoires universitaires de santé ». Ce plan d’actions, à l’initiative de l’UA et du CHU d’Angers, est proposé aux différents centres hospitaliers (CH) du Mans, Laval et Cholet avec le soutien également des collectivités territoriales et de l'ARS. Pour Nicolas Lerolle, doyen de la faculté de santé d’Angers qui en est à la cheville ouvrière, il faut « sortir d’une vision centralisée » et « universitariser notre territoire ». Selon lui, il est important « de développer les parcours de stage » et « d’accompagner la promotion de la médecine générale ».  

Une formation repensée

Les objectifs du plan sont simples. Le premier est de permettre aux différents centres de soins de la région de délivrer une formation universitaire à des étudiants en médecine qui peuvent ainsi effectuer des stages de terrain dans des zones éloignées des villes hospitalo-universitaire comme  c'est actuellement le cas sur Nantes ou Angers. Le second est d’attirer le flux de professionnels formés vers les zones les plus déficitaires en médecins.

Pour le CHU d’Angers, qui y voit une responsabilité territoriale, l’idée est d’abonder l’offre médicale et de s’ouvrir sur le territoire. « Il faut que les étudiants puissent mailler l’ensemble du territoire, notamment les plus fragiles », a souligné Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, présente pour assister à la signature de ce plan d'action.
Christian Roblédo, président de l'UA, se réjouit de la collaboration avec l'Université du Mans dans le cadre du plan Territoires universitaires de santé.
Pour elle, il est important de « sortir le plus rapidement les étudiants sur le terrain ».

Trois postes déjà attribués

Un autre aspect du plan d’action est de pouvoir nommer de jeunes diplômés en tant que chef de clinique. En ce sens, trois postes de chefs de clinique ont été attribués : deux au CH du Mans, Samuel Wracrenier en néphrologie et Laurent Delagneau en radiologie, et un au CH de Laval, Thomas Brigly en pédiatrie.

Ces postes sont financés jusqu’en 2022. Cela représente plus de 140 000€ pour ces 3 premiers postes, répartis entre le Conseil régional des Pays de la Loire, les Conseils départementaux (53 et 72) et l’agglomération de Laval. 5 postes similaires seront bientôt mis en œuvre, pour un financement à hauteur de 380 000€.

Au-delà de l’aspect médical, Christian Roblédo, président de l’UA, voit dans ce plan d’action, un nouveau symbole de la collaboration engagée avec l’Université du Mans : « Le plan territoires universitaires de santé est un exemple des synergies existantes entre l’Université d’Angers et l’Université du Mans. Cette signature démontre la manière dont nous envisageons notre future Communauté d’universités et d’établissements ».

Les partenaires engagés
Le plan d'action entrepris par l'UA et le CHU d'Angers associe de nombreux partenaires : les centres hospitaliers du Mans, de Laval et de Cholet. Sa réalisation a aussi été rendu possible par l’engagement des collectivités territoriales : la Région des Pays de la Loire, les conseils départementaux de la Sarthe, de la Mayenne et du Maine et Loire, les métropoles de Cholet, Angers, Laval, et du Mans, avec le soutien de l’Agence régionale de santé Pays de la Loire.

Répartition inégale

Une donnée élaborée par l'Ordre des médecins met en lumière l'inégalité territoriale dans la région en terme d'accès aux soins. En 2018, la Mayenne comptait 6 % des médecins des Pays de la Loire et la Sarthe 12 %. Dans le Maine-et-Loire, ce chiffre est de 24 %. En Loire-Atlantique, il culmine à 44%.

Financements

Les collectivités territoriales engagées dans le projet se chargent de financer la partie universitaire des postes créées. La partie hospitalière est quant à elle financée par les centres hospitaliers d'accueil et l'ARS.

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