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Séparés par des virgules

Les universités d’Angers et du Mans sur la voie de l’alliance

Déjà proches partenaires, l’Université d’Angers et Le Mans Université ont décidé d’aller plus loin dans leur coopération. Leur rapprochement devrait se concrétiser en 2020 par la mise en place d’une Communauté d’universités et d’établissements (Comue) expérimentale. Objectif : coordonner leurs actions, développer de nouveaux projets communs, et peser davantage à l’échelle nationale et internationale.

Elles sont voisines et se connaissent très bien. Elles sont complémentaires dans les formations qu’elles proposent, la médecine et la pharmacie à Angers, les Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) au Mans. Idem pour la recherche, avec des compétences reconnues dans le végétal ou la santé en Anjou, dans l’acoustique du côté de la Sarthe… Elles ont déjà en commun des laboratoires de recherche (Temos, ESO, 3L.AM). Et depuis ces dernières années, elles ont imaginé ensemble de nouveaux projets en matière d’orientation (Étoile) ou de réussite des étudiants (Thélème). Pourquoi ne pas aller plus loin dans le rapprochement des deux universités publiques ?

La présidente de Région, les présidents d'université et les maires d'Angers et du Mans ont tenu une conférence presse commune le 28 novembre
La présidente de Région, les présidents d'université et les maires d'Angers et du Mans ont tenu une conférence presse commune le 28 novembre
L’idée a germé dès 2016. « Elle « était inscrite dans le projet stratégique de nos deux établissements, rappelle le président de l’UA, Christian Roblédo. Mais avant de penser à la structure, nous avons d’abord souhaité identifier des projets emblématiques pouvant être le socle du futur rapprochement. Tout a été organisé sur cette base-là ».

Le contexte est aujourd’hui favorable. La Communauté d’universités et d’établissements UBL qui organisait la coopération à l’échelle des Pays de Loire et de la Bretagne va être dissoute au 1er janvier 2020. Or, la loi impose aux établissements de participer à une coordination territoriale.

Après plusieurs mois de réflexion sur les potentialités de coopérations existantes, l’UA et Le Mans Université (LMU) ont décidé de franchir le pas. En 2020, elles souhaitent se retrouver au sein d’une nouvelle forme de structure, rendue possible par l’ordonnance du 12 décembre 2018 : une « Comue expérimentale ».

Chacune conservera son identité propre. Les deux entités se retrouveront au sein de la Comue, pensée de manière fédérale (lire ci-contre), pour assumer un certain nombre de compétences (la délivrance du doctorat, l’appui à l’entrepreneuriat étudiant…), coordonner leurs actions en matière de recherche et de formation et monter des projets qu’il aurait été vain de mener seule.

« Mettre en commun nos forces »

« Pour nous, ce rapprochement a beaucoup de sens, affirme Rachid El Guerjouma, président de LMU. Il va nous permettre de mettre en commun nos forces pour accueillir au mieux les étudiants, travailler à leur insertion professionnelle et à l’excellence de la recherche ».

« On passe d’une série de coopérations à une alliance globale, qui va permettre d’explorer de nouveaux horizons », se félicite Christophe Béchu. Le maire d’Angers affiche son soutien au projet, dans l’intérêt du territoire et de ses pôles d’attractivité, tout comme son homologue du Mans, Stéphane Le Foll : « Quand on se rassemble, on peut aller très loin et très longtemps. Le chemin tracé est stratégique : il s’agit de conduire des projets partagés ensemble. Le Mans-Laval et Angers-Cholet-Saumur formeront un pôle qui va chercher à s’affirmer face à Rennes et à Nantes, pas pour être des concurrents, mais des partenaires ».

Le nouvel ensemble comptera 37 000 étudiants, et 2 900 personnels et enseignants-chercheurs. « Cette alliance de nos deux universités, avec des atouts complémentaires, dans une dynamique de renforcement mutuel, répond à l’enjeu important pour notre territoire de visibilité nationale et internationale de nos établissements, résume Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire, qui espère notamment voir arriver de nouveaux chercheurs. La recherche la formation, l’innovation contribuent à l’attractivité de notre territoire ».

Premier bilan en 2024

La nouvelle Comue devrait être lancée au cours du premier semestre 2020. « Nous sommes en train de finaliser les statuts, avec les acteurs de nos universités, mais aussi des territoires », précise Rachid El Guerjouma. Les conseils d’administration des deux universités auront à se prononcer sur les statuts le 19 décembre. La mise en place pourra être effective après avis du Cneser, et publication d’un décret ministériel.

Un premier bilan de l’expérimentation, prévue sur 10 ans maximum, sera réalisé en 2024. « Nous verrons alors ce que nous ferons, explique Christian Roblédo. Soit l'on constate que ça ne marche pas, et on arrête cette forme de coopération. Si au contraire, les projets qui ont été identifiés se développent alors nous pourrons décider de poursuivre sous cette forme, voire d'aller plus loin dans le rapprochement si les projets le nécessitent ».

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Un système fédéral

Les deux universités d’Angers et du Mans conserveront leur personnalité morale et leur gouvernance. La Comue expérimentale aura sa propre existence et ses instances. Elles reposeront sur une représentativité paritaire des deux membres fondateurs. Avec :

  • Un conseil d’administration de 40 membres
  • Un sénat académique de 42 membres
  • Un président et un vice-président

Les compétences partagées seront portées par des pôles de coordination ou de mise en commun. Porteurs de projets dans leur domaine d’expertise (recherche, vie étudiante, administration…), ils travailleront avec et auprès des personnels des établissements.

Pour en savoir plus

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