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Séparés par des virgules

Gouvernance UA : des instances à distance

 

L'écran de séance sous Teams.Cela fait maintenant un mois que nous sommes en confinement et donc pour la plupart d’entre nous en télétravail. Cette période inédite de fermeture de nos locaux est intervenue juste après l’élection de la nouvelle équipe à la tête de l’UA. Le 1er conseil d’administration après celui de l’élection des vice-présidents aura donc été un peu particulier car à distance. Le point avec Isabelle Richard, nouvelle vice-présidente du Conseil d’administration.

 

Les conseils de l’Université d’Angers ont continué à siéger malgré la crise, pouvez-vous nous indiquer pourquoi une telle décision ?


Isabelle Richard : Christian Roblédo, président de l’UA nouvellement réélu, tenait à ce que la gouvernance puisse continuer à s’exercer de façon collégiale malgré les contraintes du confinement. Favoriser le débat démocratique fait partie des priorités du mandat : il était donc vraiment important pour nous qu’il n’y ait pas de parenthèse démocratique pendant cette période exceptionnelle. Au contraire, c’est justement lorsqu’on doit prendre des décisions inédites qu’il est important de faire en sorte que les instances puissent réagir, contribuer, apporter leurs idées, délibérer. A partir d’un cadrage juridique précis de la DGESIP, définissant quelques principes fondamentaux, les services de l’UA et notamment la DAGJI et la DDN ont proposé un mode de réunion adapté par voie numérique. Le Conseil d’administration du 9 avril s’est tenu de façon aussi proche que possible du présentiel avec une connexion par visioconférence permettant à chaque élu.e de s’identifier et de communiquer soit directement à l’oral, soit par un canal de messagerie instantanée. Un vote a même pu avoir lieu ! Les élus ont ainsi d’abord adopté le nouveau processus qui leur a été soumis et ont pu s’exprimer tout au long d’une séance qui a duré près de 2h30. De la même manière une CR et un CFVU tout comme plusieurs CHSCT ont été organisés depuis la fermeture des locaux le 16 mars.

 

"Il était donc vraiment important pour nous qu’il n’y ait pas de parenthèse démocratique pendant cette période exceptionnelle".

 

Dans les faits, comment cette séance s’est-elle déroulée ?

IR : Nous avons ouvert la séance en nous assurant que l'ensemble des membres avait bien accès aux moyens techniques proposés à savoir Teams sous Microsoft Office et que la participation de chacun pourrait être effective pendant toute la durée de la séance. Un mail avait au préalable été adressé aux élus pour les informer du processus, avec un tutoriel et la possibilité de faire des tests en amont. Les personnalités extérieures avaient également reçu un lien de connexion. La convocation mentionnait bien pour chacun que les délibérations se feraient par voie électronique. Le diaporama préparé en amont a permis d’assurer un bon déroulé de la séance : il a été affiché par les collègues de la DAGJI sur l’écran partagé. Aucun incident technique n’a été constaté et je m’en félicite ! Toutefois, nous avions prévu de le mentionner sinon sur le PV de la séance.

 

"C’est justement lorsqu’on doit prendre des décisions inédites et sans mode d’emploi que nous devons encore plus partager les avis".

 

Comment  les administrateurs ont-il réagi à cette proposition d’organisation ?IR : A l’issue de la séance, il nous a semblé que les administrateurs étaient satisfaits d’avoir ainsi pu faire entendre leur voix mais aussi adopter des mesures fortes d’aide aux étudiant.e.s et aux personnels confrontés aux situations induites par le COVID-19. Nous avons également pu discuter ensemble de la manière  dont les cours à distance et les évaluations pourraient avoir lieu jusqu’à la fin de cette année atypique. C’est justement lorsqu’on doit prendre des décisions inédites et sans mode d’emploi que nous devons encore plus partager les avis. La situation de crise implique une forte réactivité et des décisions urgentes, c’est la raison pour laquelle nous avons activé une cellule de crise mais il est important que la communauté puisse aussi éclairer les décisions : ces différentes réunions ont permis de faire vivre une intelligence collective ! Elles ont aussi permis de mesurer le plaisir que nous aurons a nous retrouver en présentiel.

Témoignages

Camille Blin, vice-présidente étudiante :

« Tout juste élue, j’ai débuté mon mandat à distance ! Je participe de chez moi en Mayenne à toutes les réunions pour faire entendre la voix des étudiant.e.s par ordinateur interposé, que ce soit lors du comité de direction ou des conseils. Lors du CA, j’ai constaté avec satisfaction que la création de la cellule d’aide d’urgence avait fait l’unanimité. Lors de la CFVU, les débats ont porté sur l’adaptation des modalités de contrôle de connaissances. Il y a une réelle attention portée à la réussite et une forme de bienveillance collective pour que les étudiant.e.s ne soient pas pénalisé.e.s par la situation sanitaire. Je sais que certains de mes camarades sont en difficulté et perdent confiance en eux. Je veux leur dire que je suis vigilante et que je les soutiens. »

Corinne Lefrançois, élue SNPTES au CA et membre du CHSCT :

« Ce mode de fonctionnement des instances nous a permis de conserver l'essentiel : les dialogues, les décisions et les votes. Avec Teams, on est quasiment comme en présentiel mais il faut tout de même avoir une connexion internet personnelle de bonne qualité. Parfois le son était mauvais et je pense que cela a pu limiter certains échanges : l'exercice du débat démocratique est plus compliqué. Ce qui me manque le plus, personnellement, c'est le ressenti ! Parler devant son écran, ce n'est pas pareil ! Mais la continuité de la gestion de l'UA durant cette situation est là. Reste que les réunions en visio, sur du long terme, peuvent devenir plus fatigantes qu'en présentiel. »

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