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Comue expérimentale Angers-Le Mans : « Donner la priorité aux projets »

La création de la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) expérimentale Angers-Le Mans a été officialisée le 31 décembre 2020 par un décret publié au Journal officiel. L’ancien premier vice-président de l’UA, Didier Le Gall, en a été nommé administrateur provisoire par le recteur d’académie. Entretien.

Que change l’officialisation de la création de la Comue expérimentale ?

Didier Le Gall : « Cela signifie que ce n’est plus un projet ! La Comue, expérimentale au titre de l’ordonnance de décembre 2018, devient une entité juridique, un Établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP), avec des obligations qu’il va falloir gérer. La Comue va aussi pouvoir bénéficier de son propre budget. C’est comme si on créait une nouvelle université. »

Vous assurez la fonction d’administrateur provisoire de cette Comue. Quel est votre rôle ?

D. LG : « Je suis chargé de mettre en œuvre l'institution Comue avant l’élection de son.sa président.e. Ainsi, je dois m’occuper de l’élaboration et de la
Didier Le Gall est l'administrateur provisoire de la Comue expérimentale Angers-Le Mans.
validation du règlement intérieur qui fixera notamment les règles de l’élection du président. Pour cela, le décret de création prévoit la constitution d’un conseil d’administration provisoire en cours de finalisation. Je dois aussi m’occuper d’établir un budget. Une fois le président ou la présidente de la Comue élu.e, ma fonction cessera immédiatement. »

Avez-vous un calendrier à respecter ?

D. LG : « Oui, les règles sont définies par le décret de création. Il y a un délai de trois mois pour mettre en place les instances de gouvernance de l'établissement, c'est-à-dire la constitution du conseil d'administration (CA) et du sénat académique. Pour cela chaque université doit procéder à la désignation de ses représentants. Dans les trois mois nous devrons publier les modalités de l'élection du ou de la président.e et vice-président.e par le CA. Le calendrier précis est encore en cours d’élaboration car nous sommes aussi dépendants des élections internes qui vont se dérouler à l’Université du Mans (LMU) et de la nomination de personnalités extérieures aux universités représentant des partenaires investis dans le projet. Pour ce qui est du budget initial, il devrait bientôt être validé lors de la tenue du premier conseil d’administration provisoire. »

Quels sont les objectifs de cette Comue expérimentale ?

D. LG : « De faire mieux à deux ce qu’une université a parfois des difficultés à faire seule et de faire à deux ce qu’une université ne peut faire seule. L'UA et  LMU ont fait le choix de donner la priorité aux projets. C’est d'ailleurs pourquoi plusieurs actions ont pu être lancées en 2020. La construction du véhicule juridique s'est faite en appui de cette logique. La Comue se fera en intégrant les communautés universitaires respectives à chaque phase d’avancée. Les instances seront paritaires autrement dit chaque université aura le même nombre de représentants. Par ailleurs, la plupart des membres des instances seront des élus des conseils centraux des établissements concernés. Ils auront donc une forte connaissance des dossiers à traiter. »

La création de la Comue va-t-elle avoir des conséquences sur les missions de certains agents de l’UA ?

D. LG : « Oui et non.
Le projet de création de la Comue expérimentale Angers-Le Mans avait été présenté en novembre 2019.
Oui, parce que certains personnels participeront aux activités de la Comue puisque celle-ci aura des activités en propre, transférées des établissements comme cela est prévu par les statuts annexés au décret de création. Non, parce que les personnels resteront affectés à leur université même si des missions nouvelles liées au fonctionnement de la Comue supposent une modification de leur fiche de poste. Tout ceci se fera en plein accord avec les agents. Par ailleurs, il n’y aura évidemment pas de licenciement au titre de la création de cette Comue, l’UA comme LMU souffrant d’être largement en sous-effectif. Enfin, personne ne sera recruté directement par la Comue. Ce dernier point est clairement abordé dans les statuts. Si recrutement il y a, les agents seront affectés à LMU ou à l’UA. »

Au sein de cette Comue expérimentale, vous avez décidé de mettre en place une expérimentation liée au processus d’évaluation…

D. LG: « La loi impose qu’une évaluation de la Comue soit faite en 2027. Les statuts prévoient de mettre en place une auto-évaluation au bout de 4 ans de fonctionnement pour vérifier l’efficience du projet et analyser la pertinence de sa prolongation. Ce processus d’évaluation n’est pas écrit à ce jour car il sera élaboré par le sénat académique. En fonction des résultats, des décisions devront être prises afin de préciser la suite à donner à cette expérimentation et ses modalités de fonctionnement. »

Quels sont les premiers projets qui vont animer la vie de la Comue ?

D. LG : « Ce sera à la gouvernance élue et aux instances de le définir mais en 2021 la Comue devra mettre en place son organisation, telle que prévue par ses statuts, et assurer le bon fonctionnement des compétences transférées à sa création qui concernent la délivrance du doctorat, la cellule Cap Europe, l’entrepreneuriat étudiant, l’actionnariat de la Société d'accélération du transfert de technologies (Satt), les archives ouvertes ou encore le comité éthique de la recherche. Il lui faudra être vite opérationnelle sur ces sujets. Par ailleurs, les projets recherche et formation qui vont démarrer en ce début d’année 2021, de mémoire il y en a 22, devront faire l’objet d’un suivi. En fonction des financements disponibles et des décisions des instances, de nouveaux appels à projets pourraient voir le jour, notamment en rapport avec la vie étudiante.  »

Un système fédéral

Les deux universités d’Angers et du Mans conserveront leur personnalité morale et leur gouvernance. La Comue expérimentale aura sa propre existence et ses instances. Elles reposeront sur une représentativité paritaire des deux membres fondateurs. Avec :

  • Un conseil d’administration de 40 membres
  • Un sénat académique de 42 membres
  • Un président et un vice-président

Les compétences partagées seront portées par des pôles de coordination ou de mise en commun. Porteurs de projets dans leur domaine d’expertise (recherche, vie étudiante, administration…), ils travailleront avec et auprès des personnels des établissements.

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