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Soutenance HDR de Monsieur Frédéric DUMONT

14h00 | UFR Santé | Département Médecine | Salle des thèses C305 | 28, rue Roger Amsler | ANGERS

Directeur de Recherche : Monsieur Jean-Luc RAOUL

RÉSUMÉ

Le pronostic des patients avec carcinoses péritonéales s’est considérablement amélioré depuis les années 80 par un traitement de chirurgie complète de cytoréduction et de chimiothérapie intrapéritonéale. De façon parallèle, la coelioscopie a connu un important développement pour le traitement chirurgical des cancers digestifs. L’association de ces deux techniques chirurgicales fut tardive et liés à de nombreuses limites et contraintes d’ordres techniques. Les trois études de ma thèse de science évaluaient la faisabilité de la coelioscopie dans le traitement des carcinoses et l’administration de chimiothérapie intrapéritonéale. La première étude était une étude prospective observationnelle multicentique évaluant les performances de la coelioscopie dans le diagnostic et l’extension des carcinoses péritonéales colorectale dans un sous-groupe de patients sélectionnés. Ces patients avaient une coelioscopie exploratrice précédent une laparotomie exploratrice et la concordance de ces 2 explorations sur le diagnostic et l’extension de la carcinose étaient évaluée par le coefficient kappa. La seconde étude était une étude de faisabilité de phase I-IIa chirurgicale selon la méthode IDEAL, évaluant la faisabilité d’administration d’une chimiohyperthermie intrapéritonéale (CHIP) liquidienne par coelioscopie utilisant un monotrocart. Le critère de jugement principal était le taux de conversion en laparotomie ou coelioscopie multitrocarts. La dernière étude était bicentrique prospective de phase I d’escalade de dose selon un design 3+3 évaluant la dose maximale tolérable d’oxaliplatine durant de mulitples séances de chimiothérapie intrapéritonéale pressurisée par aérosol (CIPPA) par coelioscopie. Cette recherche associait une étude de pharmacocinétique de l’oxaliplatine et une étude de l’évolution de l’analyse mutationnelle tumorale (au fil des séances de PIPAC) dans le temps et dans l’espace (à différents secteurs de l’abdomen). Les résultats de ces travaux montraient que les performances de la coelioscopie pour le diagnostic de récidive de carcinose étaient satisfaisantes (96% de concordances) dans le groupe de patient dont l’exploration était jugée satisfaisante par le chirurgien ce qui ne représentait que la moitié des patients. La coelioscopie sous-estimait l’étendue de la carcinose chez 42% des patients. La réalisation de CHIP par coelioscopie au monotrocart était faisable avec 2/12 conversions, un comprehensive complication index médian de 0 (extrême, 0–42.6) et 2 évènements indésirables sévères (Clavien–Dindo ou CTC-AE ≥ 3). La faisabilité de l’approche du trocart unique était limitée en cas d’atteinte métastatique de siège sous phrénique. La dose recommandée d’oxaliplatine par CIPPA était de 90mg/m2.  La tolérance était correcte. Durant la période de traitement et les 33 séances CIPPA, il y avait 62 effets indésirables de grades I-II, 11 grades III-IV et 0 grade V. L’analyse de pharmacocinétique montrait des concentrations d’oxaliplatine 9 à 15 fois supérieures dans les tissus intrapéritonéaux (nodule tumoral de carcinose et péritoine sain) que dans les tissus non en contact direct avec la chimiothérapie (muscle). Un passage systémique de l’oxaliplatine survenait avec un T max d’une heure. Ces travaux ont permis de démontrer que la coelioscopie a d’importantes limites dans l’exploration exhaustive des carcinoses colorectales. Ce résultat constitue un obstacle au développement des cytoréductions coelioscopiques car le risque de cytoréduction incomplète est important. Des progrès sont nécessaires dans la détection des nodules de carcinoses. L’administration de la chimiothérapie par coelioscopie est faisable que ce soit pour les CHIPs ou les CIPPAs et par multi ou monotrocart. Des études prospectives complémentaires sont nécessaires pour valider la sécurité et l’efficacité oncologique de l’approche laparoscopique dans le traitement des pathologies malignes péritonéales.

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