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Lutte contre l’obésité : vers une révolution ?

Le programme Enamep, porté par le laboratoire Sopam, mise sur des approches innovantes en nanomédecine pour traiter l'obésité et ses complications, en ciblant l'hypothalamus. Ces recherches seront soutenues durant 3 ans par la plateforme européenne de financement EuroNanoMed.

L’obésité (IMC > 30) a presque triplé depuis 1975. Elle touche aujourd’hui 17 % des Français, et 13 % de la population mondiale. Avec de nombreux impacts sur la santé : diabète, maladies cardiovasculaires, cancers… Le surpoids et l’obésité sont reconnus comme la cinquième cause de mortalité par l’OMS.

Ramaroson Andriantsitohaina coordonne le projet européen
Ramaroson Andriantsitohaina coordonne le projet européen
Les mécanismes biologiques à l’œuvre dans l’obésité sont multiples. Tous ne sont pas encore clairement compris. L’un des champs de la recherche s’intéresse au système nerveux central, et en particulier au rôle de régulateur joué par l’hypothalamus. En cas de dysfonctionnement, il ne serait plus capable de freiner la prise alimentaire - voire enverrait le message contraire – et, dans le même temps, limiterait la dépense énergétique du corps susceptible d’éliminer les excès. Plus de nourriture, moins de dépense, chacun est à même de comprendre les conséquences d’un tel régime : le sujet grossit. À l’inverse, si l’hypothalamus était capable de transmettre un message limitant la prise alimentaire et/ou augmentant la dépense énergétique, la personne pourrait perdre du poids.

Corriger l'obésité en agissant sur l’hypothalamus

Comment contrôler ou modifier le message délivré par l’hypothalamus ? La question est au cœur du programme de recherche Enamep. Porté par l’une des unités du pôle santé angevin, Sopam (Stress oxydant et pathologies métaboliques), il fédère quatre partenaires, deux français, un espagnol et un norvégien.

Pour pénétrer l’hypothalamus et corriger son message, le consortium mise sur les vésicules extracellulaires (exosomes). Libérées par différents types de cellules, les vésicules extracellulaires se déplacent dans le corps, assurant la communication entre cellules et le transport de composants cellulaires. L’unité Sopam connaît bien ces véhicules, et en a fait une spécialité. « Ce que nous voulons, c’est créer des vésicules extracellulaires que l’on pourra charger en molécules actives et qui seront capables de passer dans l’hypothalamus, sans avoir d’effet toxique ou inflammatoire », explique le Dr Ramaroson Andriantsitohaina, directeur de Sopam, et coordinateur scientifique du programme Enamep.

« Une perte de poids de 10 à 15 % »

Des études préliminaires « ont démontré que c’était possible, poursuit le chercheur angevin. Nous avons été capables d’augmenter la dépense énergétique de souris obèses, sans modifier leur prise de nourriture, avec une perte de poids de l’ordre de 10 à 15 % en deux semaines ».

Le programme Enamep a été retenu lors de l’appel à projets Era-Net Euronanomed III, qui vise à soutenir le développement de technologies innovantes dans le domaine des nanomédecines. À compter d'avril 2020 et pour 3 ans, il bénéficiera d’un soutien financier européen à hauteur de 635 000 euros.

Le consortium va chercher à conforter ces premiers résultats, et à mettre au point des vésicules extracellulaires modifiées humaines. Pour ce faire, l’équipe de Sopam travaillera en collaboration avec son partenaire de Saint-Jacques-de-Compostelle, Miguel López, spécialiste mondial de la régulation centrale de l’obésité, et la Plateforme de développement et transfert clinique à Nantes. L’hôpital universitaire Haukeland, à Bergen, en Norvège est également associé pour un axe d’étude spécifique sur la prise de poids résultant de traitements antipsychotiques.
 

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