fr | en

Séparés par des virgules

Une chaire dédiée à la consommation de protéines alternatives

Le lancement de la nouvelle chaire internationale Acceptabilité et avantages des protéines alternatives (AAPRO) a été officialisé le 4 juin lors du deuxième déjeuner innovant de la fondation de l’UA. Explications avec Gaëlle Pantin-Sohier, professeure en Sciences de gestion à l’IAE Angers et coordinatrice de cette chaire en France.

Proposer de nouvelles sources de protéines végétales et animales tout en réduisant l’impact environnemental, c’est tout l’enjeu de la chaire AAPRO. Elle fait suite au projet Cri-kee porté par Gaëlle Pantin-Sohier et financé depuis octobre 2019 par l’Agence nationale de la recherche (ANR) concernant l’entomophagie, c’est-à-dire le fait qu’un être humain consomme des insectes. « Une chaire est un espace de réflexion dont le but est de favoriser les échanges entre les chercheur∙e∙s et les acteur∙ice∙s économiques, rappelle-t-elle. On souhaite étudier l’ensemble des protéines alternatives puis végétales, dans l’idée d’introduire de l’interdisciplinarité avec des collègues spécialisé∙e∙s dans la science des aliments et les comportements dude la consommateurice. » Également étudiée au Quebec et aux Pays-Bas, la chaire AAPRO est déjà soutenue par huit entreprises partenaires.

Une pratique déjà répandue dans le monde

Elle s’articule autour de trois axes : l’évolution de nos modes de comportement, l’appréciation de la qualité nutritionnelle de ces produits, et l’acceptabilité des protéines alternatives par les consommateur∙ice∙s. « La consommation de viande diminue alors que dans le même temps, les protéines végétales représentent une plus grande part de l’alimentation, ajoute celle qui est aussi membre du Groupe de recherche angevin en économie et management (Granem). C’est ce qu’on appelle le flexitarisme et notre ambition est d’étudier ces évolutions de comportement au sein des familles. »


Gaëlle Pantin-Sohier, à gauche, a sensibilisé les curieux à la consommation d'insectes dans le cadre de la Fête de la science, en octobre 2020.

La consommation d’insectes est une pratique culturelle - voire gastronomique – déjà en vogue en Amérique du Sud, en Asie, et en Afrique, que Gaëlle Pantin-Sohier aimerait importer. Mais avant de se retrouver avec des insectes dans les assiettes, la sensibilisation et l’information sont importantes. « Nous travaillons sur une offre alimentaire de meilleure qualité pour laquelle les consommateur∙ice∙s vont avoir des renseignements totalement transparents sur le produit (conception, fabrication, élaboration). L’enjeu de la chaire est également de mentionner les bienfaits de ces protéines pour la santé et l’environnement. Il faut savoir par exemple que les insectes ne nécessitent pas de grandes surfaces cultivables et ne rejettent quasiment pas de gaz à effet de serre. La question de la localisation de ces produits est aussi importante : une production locale est possible pour avoir une indépendance alimentaire et ainsi limiter les importations. »

Ces mécanismes d’acceptation (comme la farine d’insectes par exemple) et d’intégration des protéines alternatives (proportion des sources végétales par rapport aux sources animales) sont, à terme, de nouvelles pistes d’innovation pour les entreprises et les pouvoirs publics.

 

Scroll