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Séparés par des virgules

La tavelure du pommier en vidéos

La tavelure, causée par le champignon Venturia inaequalis, est la principale maladie du pommier dans tous les pays au climat tempéré. Trois vidéos, réalisées avec les chercheurs de l’unité IRHS (INRAE - Agrocampus Ouest - Université d'Angers) permettent de mieux comprendre l’origine du développement de la maladie, la stratégie du champignon pour s’en prendre à des variétés dites « résistantes », et les moyens de lutter contre sa prolifération.

La tavelure se manifeste par des taches sur les fruits rendant les pommes impropres à la commercialisation. Les principales variétés commerciales de pommier sont sensibles à cette maladie et les traitements phytosanitaires appliqués en verger pour s’en débarrasser représentent un coût économique et environnemental considérable. Dans ce contexte, la recherche de variétés résistantes à la tavelure est une voie privilégiée par les sélectionneurs. Toutefois, la question de la durabilité de cette stratégie pose problème, car Venturia inaequalis peut évoluer et ainsi contourner les variétés résistances déployées dans les vergers.

L’équipe ECOFUN (Écologie évolutive chez les champignons) de l’unité IRHS étudie la dynamique épidémio-évolutive des espèces de Venturia, pathogènes des plantes de la famille des Rosaceae, depuis l'identification des gènes impliqués dans le pouvoir pathogène au déploiement des variétés résistantes à l’échelle du paysage dans un contexte de transition agro-écologique. Elle cherche à comprendre comment ce champignon a évolué depuis l’Antiquité pour devenir de plus en plus agressif et virulent, en lien avec la domestication de son hôte et avec l’essor de l’agriculture. Enfin, l’équipe développe depuis peu un nouveau moyen de bio-contrôle breveté qui rend le champignon non virulent.

Trois vidéos pour comprendre

La série de trois vidéos réalisées sur la base des travaux de l’IRHS permet de comprendre :

  1.  comment le champignon responsable de la tavelure du pommier s’est adapté à la domestication de son hôte à partir de son centre d’origine en Asie Centrale,
  2. comment la présence de souches virulentes sur les pommiers sauvages lui permet de contourner les gènes de résistances présents dans les variétés dites résistantes,
  3. comment il est possible de casser la dynamique des épidémies de tavelure en organisant de manière judicieuse les variétés dans les vergers.

Sur la base de ces découvertes, les chercheurs proposent dans ces vidéos des solutions concrètes permettant de réduire l’utilisation de pesticides en verger, grâce au développement d’un outil PCR de détection de la virulence dans les vergers ainsi qu’à une stratégie de lutte permettant d’optimiser la spatialisation et d’exploiter la diversité des variétés de pommiers.

Vidéo 1 : l’impact de la domestication des pommiers sur la tavelure

L’ancêtre du pommier cultivé et le champignon Venturia inaequalis responsable de la tavelure sont tous deux originaires d’Asie centrale (Kazakhstan, Chine). Au néolithique, ces deux vieux compagnons de route ont quitté leur aire d’origine pour coloniser la planète, avant d’y revenir au cours du siècle dernier en lien avec l’essor de l’agriculture et la globalisation des échanges. Les chercheurs INRAE, de l’Université d’Angers et du CNRS de Paris-Saclay ont cherché à évaluer quel avait été l’impact de la domestication du pommier sur son principal agent pathogène, et à mesurer les risques pour l’ancêtre du pommier d’un retour d’une tavelure « domestiquée » dans son aire d’origine.

En savoir plus sur les flux de gènes depuis les pommiers domestiqués et invasion de champignons pathogènes « pestifiés »

 

Vidéo 2 : la perte d’immunité chez le pommier

Pour pouvoir être commercialisées et exportées les pommes doivent être indemnes de toute tache de tavelure. L’utilisation de gènes de résistance est l’alternative la plus efficace, la plus respectueuse de l’environnement et de la santé du consommateur. Parmi les gènes de résistance identifiés, le gène Rvi6 est le plus utilisé par les sélectionneurs de par le monde. Des pertes d’efficacité de cette résistance ont toutefois été observées en vergers à l’échelle européenne. Dans cette vidéo, les chercheurs de l’IRHS qui ont identifié le gène d’avirulence AvrRvi6 révèlent que les Malus sauvages ont joué un rôle de réservoir de virulence en hébergeant des souches responsables des contournements. Ils proposent également un outil d’épidémio-surveillance, basé sur une détection des souches virulentes par PCR, qui devrait permettre aux producteurs de mieux gérer leurs programmes de traitement, de choisir les variétés adaptées aux populations de tavelure présentes et ainsi d’utiliser moins de fongicide.

En savoir plus sur la variété Ariane

 

Vidéo 3 : comment les maths peuvent protéger les pommiers ?

Mélanger les variétés de pommiers permet de réduire les épidémies de tavelure dans les vergers. Est-il possible d’optimiser ces associations pour gagner en efficacité ? Pour tenter d’y répondre, les chercheurs INRAE d’Angers ont développé un algorithme pour simuler le développement de la maladie dans des vergers constitués de différentes variétés.  Une fois que les arrangements de variétés les plus efficaces ont été identifiés, les chercheurs les ont testés en grandeur nature dans un verger en Bretagne où une baisse de 50% de maladie a été observée !

En savoir plus sur le logiciel MARCUS

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