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Troubles cardiaques : une étude pour ralentir les effets liés au vieillissement

Le projet de recherche collaborative international (PRCI) intitulé « Dynamica » a débuté le 1er janvier 2021. Il est mené de manière conjointe entre l’Université d’Angers et celle de Cologne (Allemagne). L’objectif est d’identifier l’influence de l’instabilité du génome mitochondriale quant à l’apparition des troubles cardiaques chez les personnes âgées.

Les maladies cardiovasculaires (MCV) constituent la deuxième cause de mortalité en France et la troisième cause de mortalité prématurée selon les derniers résultats de Santé publique France. « L’espérance de vie ne cesse d’augmenter mais le risque pour les personnes âgées de développer ces pathologies lui ne diminue pas », explique Olivier Baris. Le chercheur de l’Université d’Angers s’intéresse au cas de l’arythmie cardiaque dans le cadre d’un projet de recherche intitulé « Dynamica ».
Olivier Baris est le porteur du projet Dynamica mené en collaboration avec le professeur allemand Rudolf Wiesner.
Débuté en janvier 2021, ce projet d’une durée de 36 mois est commun entre l’UA et l’Université de Cologne. L’équipe mobilisée, une dizaine de personnes, est franco-allemande. Le financement du projet lui aussi est double. Dans le détail, 230 000€ sont versés par la France via l’Agence nationale de recherche (ANR) et 250 000€ proviennent de son équivalent allemand.

Approche génétique

« Ce projet de recherche est un prolongement de mes travaux effectués en Allemagne dans le laboratoire du professeur Rudolf Wiesner – partenaire du projet Dynamica - où j’ai réalisé mon post-doctorat. J’avais découvert que les mutations qui s’accumulent au cours du vieillissement dans l’ADN des mitochondries, la centrale énergétique des cellules entraînent un risque accru d’arythmies cardiaques », détaille Olivier Baris, membre de l’équipe Mitolab. Avec « Dynamica » le chercheur veut aller plus loin : « Les mutations de l’ADN des mitochondries et leurs conséquences néfastes résultent d’un contrôle qualité des mitochondries moins efficace. Notre objectif est donc de ralentir ce processus d’accumulation de mutations en modulant le contrôle qualité. » Pour cela, un travail en deux temps est prévu. La première phase repose sur une approche génétique. « On va débuter notre étude en générant de nouveaux modèles de souris transgéniques. L’idée est d’inhiber la fusion ou la division des mitochondries chez des souris accumulant des mutations de l’ADN mitochondrial de manière accélérée dans le cœur et voir dans quel cas les taux de ces mutations diminuent », précise le chercheur rattaché à l’unité mixte de recherche Mitovasc.

Approche thérapeutique

La seconde phase du projet repose sur une approche thérapeutique. « On va chercher à trouver parmi les drogues déjà existantes celles qui permettent une modulation pharmacologique du processus de fusion ou division des mitochondries. Ces drogues pourraient ensuite être utilisées chez l’homme », s
Schéma explicatif du projet Dynamica.
ouligne Olivier Baris qui prend pour exemple une molécule issue des grenades auxquelles on attribue des propriétés protectrices contre les risques cardiovasculaires. « L’objectif global du projet est de mieux comprendre le fonctionnement d’un organe vieillissant pour développer une nouvelle approche thérapeutique ou proposer un régime alimentaire adapté afin de réduire sa perte de fonction liée à l’âge », décrypte le chercheur. A terme, le projet pourrait donc permettre de diminuer les risques d’arythmie cardiaque chez les personnes âgées. Si « Dynamica » a pour objet d’étude le cœur, « un organe dont les changements liés au vieillissement sont bien définis et les dommages engendrés connus », Olivier Baris envisage que l’étude réalisée puisse « s’étendre à l’avenir à d’autres tissus et organes ».

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