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Végétal : recherche d'une alternative aux traitements de l'inflammation chronique

Débuté en septembre 2020, le projet de recherche collaborative internationale (PRCI) nommé « DIVE » est mené par l’Université d’Angers. D’une durée de trois ans, l’objectif du projet est d’étudier des produits naturels analogues à la vitamine E qui pourraient permettre le développement d’actifs anti-inflammatoires efficaces aux effets secondaires limités.

L’inflammation est une arme à double tranchant. Une amie pouvant se transformer en ennemie. « C’est un processus physiologique bénéfique en réponse à une agression aux origines multiples comme une infection virale ou bactérienne, un traumatisme physique ou encore une réponse immunitaire anormale.
Jean-Jacques Helesbeux est le porteur du projet « DIVE ».
Cela devient un problème quand l’inflammation aiguë se transforme en un phénomène chronique. Elle peut alors être à l’origine de pathologies telles que l’asthme, la polyarthrite rhumatoïde ou encore certains cancers »
, introduit Jean-Jacques Helesbeux, maître de conférence en chimie organique à l’UA. Pour lutter contre les inflammations chroniques des traitements existent déjà : « Le souci est que les traitements actuels, notamment à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), génèrent sur le long terme de sévères effets secondaires pour les patients. » Un constat à l’origine du projet de recherche collaborative internationale (PRCI) intitulé « DIVE », acronyme de « Doubles Inhibiteurs à visée anti-inflammatoire inspirés de la Vitamine E ». Son objectif est de préparer et d’étudier des dérivés analogues à la vitamine E qui pourraient permettre le développement d’actifs anti-inflammatoires efficaces aux effets secondaires limités.

Preuve de concept

Ce PRCI d’une durée de 36 mois implique des chercheurs de l’Université d’Angers, l’Université d’Iéna (Allemagne) et celle d’Innsbruck (Autriche). Il est doté de 489 000€. Le soutien de l’Agence nationale de la recherche (ANR) est de 244 000€. Le reste est financé par ses homologues allemande et autrichienne (DFG et FWF). « Le projet DIVE s’inscrit dans la continuité de plusieurs thèses réalisées au laboratoire. Nous avons déjà obtenu des résultats préliminaires encourageants. Un premier brevet, détenu par les trois équipes, a servi de base à la construction de ce nouveau projet. Avec DIVE,
Le projet « DIVE » est mené par l'Université d'Angers en collaboration avec les universités d'Iéna et d'Innsbruck.
l’objectif ambitieux est de valider la preuve du concept d’inhibiteurs doubles anti-inflammatoires dérivés de la vitamine E », précise Jean-Jacques Helesbeux, porteur du projet qui mobilise notamment quatre de ses collègues de l’unité de recherche « Substances d’Origine Naturelle et Analogues Structuraux » (SONAS) de l’UA.

Noix de Garcinia kola

Le projet DIVE se concentre sur deux cibles enzymatiques impliquées dans les pathologies inflammatoires (mPGES-1 et 5-LO). Le but est d’inhiber à l’aide d’une même molécule l’activité de ces deux enzymes pour réduire la production de médiateurs pro-inflammatoires sans empêcher le processus de résolution de l’inflammation qui permet un retour à l’état physiologique « normal ». « Pour cela, on va étudier des analogues naturels de la vitamine E. Une première phase consiste à concevoir et optimiser virtuellement des molécules susceptibles de se fixer efficacement sur les deux cibles enzymatiques. Ensuite, le produit de départ, l’acide δ-garcinoïque, est extrait de noix de Garcinia kola qui présente l’intérêt d’être une ressource renouvelable produite par un arbre d’Afrique occidentale et centrale. Une fois purifié, ce composé naturel est modifié par hémisynthèse pour obtenir les dérivés conçus virtuellement pendant la première phase. Enfin, nos partenaires évaluent expérimentalement leur activité inhibitrice sur les deux enzymes ciblées », précise le chercheur. Au-delà de valider une preuve de concept, le projet DIVE pourra à terme conduire à l’identification d’un composé original candidat à une étude préclinique.


Schéma explicatif du projet « DIVE ».

« Le résultat d'un travail au long cours »

Jean-Jacques Helesbeux se réjouit d’avoir obtenu un financement ANR pour un projet d’ampleur à mener sur trois ans : « C’est le résultat d’un travail au long cours qui s’appuie sur la construction d’un important réseau européen de collaboration. Cela a commencé avec des financements moindres mais primordiaux (partenariat Hubert Curien ou programme MIR de l’UA) qui ont permis de structurer des relations et d’obtenir de premiers résultats scientifiques. »

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