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Séparés par des virgules

Végétal : affaiblir les agressions fongiques grâce à des molécules d’origine naturelle

Débuté en mai 2020, le projet de recherche Cidepa est mené par Guillaume Viault, enseignant-chercheur en chimie organique à l’UA. Son objectif : concevoir des nouvelles molécules d’origine naturelle capable de perturber les mécanismes de défense des phytopathogènes fongiques. Un travail financé par l’UA et la Région Pays de la Loire dans le cadre du dispositif Pulsar


Guillaume Viault, enseignant-chercheur en chimie organique

En France, si l’application du plan Ecophyto II prend du retard et manque de résultat selon le dernier rapport de la Cour des comptes, l’ambition affichée des pouvoirs publics reste de réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques. Dans cette liste figure notamment les antifongiques servant à lutter contre l’agression de champignons envers les plantes. Pour trouver des alternatives naturelles à l’utilisation de produits chimiques, des projets de recherche ont vu le jour. Parmi eux, le projet « Cidepa », acronyme utilisé pour « Conception in-silico guidée de nouveaux dérivés à propriétés antifongiques ».

Dotation de 28 000€

Il est mené depuis mai 2020 par Guillaume Viault, maître de conférences en chimie à l’UA : « L’objectif final sera de proposer des solutions variées, applicables à faibles doses, afin de restaurer l’efficacité des défenses naturelles de plantes cultivées pour lutter contre les phytopathogènes ». Le projet Cidepa doit se terminer en août 2022. Doté de 28 000€, il est financé à parts égales par l’Université d’Angers et le dispositif Pulsar (voir ci-contre) mis en place par la Région Pays de la Loire. « Les plantes ont des mécanismes de défense naturelle contre les attaques fongiques. Le problème est que ces champignons développent en réponse des stratégies de résistance à ces mécanismes. Mon projet est de fragiliser un système de défense des champignons grâce à des molécules d’origine naturelle ce qui permettra en parallèle aux défenses naturelles des plantes de lutter contre ces agresseurs », détaille le chercheur du laboratoire Substances d’origine naturelle et analogues structuraux (Sonas) de l’UA.

Travail de phytochimie

Dans un premier temps, Guillaume Viault, avec ses collègues du Sonas, va à l’aide d’un travail de phytochimie, chercher à identifier des molécules possédant des propriétés antifongiques présentes dans certaines plantes : « Nous nous focalisons sur des molécules présentes dans certaines plantes tropicales et en particulier les fruits qui sont des ressources renouvelables. » Dans un second temps, le chercheur va extraire et purifier les molécules naturelles sélectionnées pour en créer des dérivés potentiellement plus efficaces dans la lutte contre les champignons. La validation de l’effet biologique des dérivés crées sera ensuite étudiée par l’équipe Fungisem de l’IRHS. « Le modèle d’étude est la feuille de choux mais les phytopathogènes combattus concernent aussi la vigne, les pommiers par exemple. Si les résultats obtenus dans le cadre du projet Cidepa sont positifs, il pourrait y avoir une extension de l’utilisation des molécules dérivées pour d’autres types de culture », conclut Guillame Viault.

Réussir sa carrière en Pays de la Loire

Guillaume Viault fait partie de la seconde promotion Pulsar-UA  qui comptait 7 lauréat·e·s en 2020 (contre 5 en 2019), tous maîtres de conférences. Leurs projets sont accompagnés sur deux années.

Le programme Pulsar initié en 2019 repose sur un partenariat région-établissement avec deux volets :

  • un volet collectif avec la création d'une "académie" régionale Pulsar. L'objectif est de permettre aux chercheur·e·s et enseignant·e·s-chercheur·e·s nouvellement recrutés en Pays de la Loire d’accéder à des ressources et des moyens mutualisés (formations, activités, visites, réseau…) afin de faciliter leur activité d’internationalisation, d’innovation, de management, de diffusion vers la société.
  • un volet individuel renforcé. Sélectionnés par les établissements, les enseignant·e·s-chercheur·e·s  nouvellement recrutés en Pays de la Loire peuvent bénéficier d'un soutien financier pour développer leur projet de recherche et d'un accompagnement via la mise en place de mentorat.

La promotion 2021 sera créée suite à un nouvel appel à projets qui sera lancé par la DRIED - pôle Partenariat-innnovation, le mardi 9 février 2021.

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