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« Mettre mon travail au service de la société »

Le Conseil de l’Europe a décerné le prix Nord-Sud au réseau MedEcc (Mediterranean Experts on Climate and Environmental Change) jeudi 9 décembre, pour son rapport concernant les défis climatiques du bassin de la Méditerranée. Meryem Mojtahid, enseignante-chercheure à l’UA spécialisée en géosciences marines et membre du Laboratoire de planétologie et géodynamique (LPG), y a apporté sa contribution.

Le prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe distingue les initiatives qui défendent des causes liées aux droits de l’Homme, à la démocratie, à l’Etat de droit, et à la solidarité entre les nations. Si plusieurs personnalités historiques et/ou politiques ont été récompensées ces dernières années (Mikhaïl Gorbatchev, Simone Veil, Koffi Annan, etc.), c’est la première fois qu’il est attribué à une organisation de personnes. « Ce prix est une reconnaissance majeure pour le MedEcc, fondé en 2015 et présent à chaque Conférences des parties (Cop), souligne Meryem Mojtahid. J’ai rejoint ce réseau en 2018 pour mettre mon travail au service de la société. »

En collaboration avec des membres du Giec

Pendant deux ans, près de 190 chercheur∙e∙s, originaires de 25 pays, ont évalué plus de 3 800 articles scientifiques dans le but de rédiger un rapport climatique complet sur le bassin méditerranéen. Intitulé « First Mediterranean Assessment Report (MAR1) », il est constitué de 632 pages et divisé en six parties : contexte de l’évaluation, facteurs du changement environnemental, ressources, écosystèmes, société, et gestion des risques futurs et amélioration de la résilience socio-écologique. Meryem a apporté sa contribution pour les chapitres 2 et 4. « La collaboration avec d’autres chercheur∙e∙s biologistes, océanographes, sociologues, physicien∙ne∙s, ainsi qu’avec des membres du groupe d’experts intergouvernemental sur la gestion du climat (Giec) s’est avérée très enrichissante sur le plan professionnel. »


Les membres du MedEcc, du chapitre « Ecosystèmes » en réunion en 2019 au National research council de Milan (Italie), avec debout au fond à gauche, Meryem Mojtahid.

Un secteur sensible

Augmentation du niveau de la mer et des températures, intensification de l’agriculture et de la surpêche, développement de l’urbanisation, du transport maritime et du tourisme, pollution de l’air, des sols, des rivières et océans… La rapidité du changement climatique, cumulée aux autres pressions environnementales dans le bassin méditerranéen menace les ecosystèmes et le bien-être humain. « Ce secteur sensible concerne une vingtaine de pays et l’objectif du rapport est également de conseiller les décideurs politiques sur les réponses à apporter, selon nos recommandations basées sur la science, ajoute Meryem. Tous les pays méditerranéens présentent un potentiel important pour atténuer le changement climatique grâce à une transition énergétique accélérée : à l’horizon 2040, la part des énergies renouvelables pourrait par exemple tripler pour atteindre 13 à 27 %. Mais la pauvreté, les inégalités et le déséquilibre hommes/femmes font actuellement obstacle au développement durable et à la résilience climatique. »

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