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Séparés par des virgules

L’Université d’Angers et la MGEN, au cœur de l’innovation sociale

Doctorante à l’UA, Perrine Vigroux partage ses missions liées à l’innovation sociale au sein du laboratoire Eso-Angers (Espaces et Sociétés) et de la MGEN. Un partenariat inédit entre les deux institutions.

Perrine Vigroux, doctorante à l’Université d’Angers depuis août 2020, accompagne et conseille aussi les militants de la MGEN sur leurs projets concernant l’innovation sociale. « L’idée est d’apporter la contribution de l’entreprise pour mieux répondre à des besoins sociaux, détaille-t-elle. Cela peut être par exemple le suivi d’une association locale qui soutient les aidants mineurs. Pour une meilleure reconnaissance de leurs statuts, le groupe de recherche Jaid, porté par des chercheures en psychologie de l’Université de Paris, a pu déployer des études dans des collèges d’Île-de-France grâce aux réseaux des militants. Les travaux publiés mettent en lumière la situation vécue par ces jeunes, leurs difficultés, et dès lors les réponses apportées par l’association d’aidants. Il est intéressant de voir que la MGEN s’oriente vers la recherche universitaire pour construire sa démarche en tenant compte des pratiques d’innovations sociales dans les territoires. »

Accompagnée par les chercheur∙e∙s de l’ESO, elle co-organisera par ailleurs avec trois doctorantes le 16 et 17 juin prochains un colloque sur le thème : territoires et trajectoires de développement, les dynamiques relationnelles comme clés d’analyse renouvelée.

Une thèse Cifre possible en sciences sociales


L'outil Adis permet de connaître les points forts et faible d'un projet innovant.
C’est lors d’une formation sur l’innovation sociale auprès des nouveaux salarié∙e∙s-stagiaires de la MGEN et proposée par Valérie Billaudeau, chercheure à Eso-Angers, qu’un projet s’est dessiné entre les deux institutions.

En effet, l’entreprise mutualiste était intéressée par l’outil Adis (auto-diagnostic d’innovation sociale), développé à la suite du projet de recherche Innovation sociale et technologique dans l’économie sociale et solidaire (ISTESS), rassemblant plusieurs chercheur∙e∙s ligériens et financé par la Région. « Il consiste en une série de six questions afin de savoir si le projet d’une personne ou d’une structure est innovant, souligne Valérie Billaudeau. En fonction des réponses, des données sont générées pour connaître les points forts et faibles à travailler et/ou valoriser pour obtenir des financements. Avec Anne-Marie Harster, déléguée nationale à l’innovation sociale à la MGEN, nous avons eu l’idée de développer les projets d’innovation sociale au sein de la MGEN, et la recherche dans ce domaine, en ayant recours à une thèse Cifre (convention industrielle de formation par la recherche). »

Un tiers des thèses de l'UA en 2020 concernaient le domaine des sciences humaines et sociales, alors qu'elles sont généralement allouées dans le domaine de l'industrie, en recherche et développement. 

Un partenariat qui rassemble

Alors, l’UA et la MGEN ont conjugué leurs efforts pour satisfaire les conditions d’obtention de la thèse auprès de l’Association nationale de la recherche et la technologie (ANRT). Aujourd’hui, ce partenariat rassemble plusieurs chercheur∙e∙s de disciplines différentes (géographie, sociologie, information et communication) et valorise le savoir créé lors de la recherche et de l’enseignement. Un savoir qui peut donc se transmettre à une entreprise.

La thèse Cifre fête ses 40 ans !

Créé en 1981 par le ministère de la Recherche et de la Technologie (devenu aujourd’hui celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), le dispositif de convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) permet à un∙e doctorant∙e d’être salarié∙e dans une entreprise (Perrine Vigroux y passe 60% de son temps par exemple) tout en réalisant une thèse.

1500 thèses Cifre ont été attribuées en 2020 et 90% des doctorant∙e∙s trouvent un emploi dans les six mois.

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