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Séparés par des virgules

GlioCure poursuit son développement pour lutter contre les tumeurs cérébrales

La société GlioCure, issue de travaux de recherche de l’Université d’Angers en collaboration avec l'Université McGill à Montréal, est spécialisée dans le traitement des tumeurs cérébrales. Elle vient d’obtenir un financement important dans le cadre de l’appel à projets État-régions « Pays de la Loire Innovation PIA 3 ».

C’est une enveloppe conséquente, qui vise à poursuivre le développement de ses deux premiers produits. La société de biotechnologie GlioCure, créée en 2016 et spécialisée en neuro-oncologie, vient de recevoir un financement de 336 000 euros dans le cadre du Programme d’investissement d’avenir (PIA) 3 pour son projet intitulé « GC01 vs GC04 ». « L’expertise de GlioCure dans son domaine du développement préclinique de médicament en neuro-oncologie commence à être reconnue, souligne Louis-Marie Bachelot, président et co-fondateur de la société. A cet égard, le soutien de l’État et de la Région sur ce projet est déterminant car il permet de nous inscrire dans la durée et de nous positionner comme un acteur disposant d’un véritable portefeuille de produits. »

Une sélection avant l’entrée en phase préclinique


Claire Lépinoux-Chambaud, cofondatrice de GlioCure et directrice de la recherche, et Paul Baldwin, directeur du développement pharmaceutique.
Prévu pour 30 mois, le projet de GlioCure permettra une évaluation comparative des deux candidats-médicaments : GC01, son principe actif le plus avancé, est une formule soluble injectable chez l’homme du peptide anti-tumoral et neuro-protecteur, découvert par le docteur Joël Eyer, directeur de recherche Inserm au sein du laboratoire Mint de l’UA. GC 04, de maturité proche, est une formulation innovante d’un principe actif anti-cancéreux générique de la famille des taxanes, vectorisé dans des nanocapsules lipidiques, elles-mêmes fonctionnalisées par le peptide qui favorise l’entrée préférentielle des nanocapsules dans les cellules de gliomes. « Avec cette double approche d’encapsulation et de ciblage, l’idée est d’avoir un produit spécifique qui améliore le ratio efficacité-toxicité d’un principe actif extrêmement puissant en réduisant les effets secondaires, ajoute Louis-Marie Bachelot. Dans les deux cas, il s’agit de bloquer la division cellulaire des seules cellules cancéreuses. »

Une évaluation en deux étapes

Pour GlioCure, l’objectif est de sélectionner le meilleur des deux candidats-médicaments avant l’entrée en phase préclinique réglementaire dans le traitement des gliomes de haut grade, une famille de tumeurs cérébrales dont le glioblastome est la forme la plus fréquente et la plus agressive.

La première étape d’évaluation se fait sur un modèle de glioblastome de rat : ici, la maladie est induite chez l’animal. « Nous avons la chance de pouvoir réaliser cette évaluation en interne car notre co-fondatrice, la docteure Claire Lépinoux-Chambaud, ancienne étudiante en thèse et post-doc au sein de l’Institut de recherche et d’ingénierie en santé (IRIS), maîtrise la technique de greffe stéréotaxique des cellules de glioblastome. De plus, nous avons accès à l’environnement du service du Service commun animalerie hospitalo-universitaire (Scahu) dans le cadre de notre accord-cadre d’hébergement au sein de l’Université d’Angers. »

La seconde étape d’évaluation consistera en un essai clinique vétérinaire chez des chiens spontanément atteints de glioblastome. « Au-delà de ces deux produits en phase d’optimisation, nous travaillons également à la synthèse d’une petite molécule chimique (GC02) pour le traitement d’une forme extrêmement sévère de gliome pédiatrique, et poursuivons une veille active sur les opportunités de licence de nouvelles molécules d’intérêt en neuro-oncologie. »

Chiffre-clé

Selon l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, 240 000 personnes en Europe sont diagnostiquées chaque année avec une tumeur cérébrale primaire, dont 3 500 en France.

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