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Séparés par des virgules

Et au milieu coule un estuaire

L’état dégradé des masses d’eau en Pays de la Loire impacte fortement le milieu aquatique. En réponse à cette problématique environnementale, des chercheurs de l’UA accompagnent la Région dans la mise en place du projet européen LIFE Revers’eau.

L’estuaire de la Loire manque d’oxygène. Ce phénomène, appelé hypoxie, créé des barrières qui sont suspectées d'empêcher la migration des poissons pendants plusieurs semaines. Pour tenter d'en comprendre l'origine, la Région Pays de la Loire a confié à l'Université d'Angers une des actions du programme LIFE Revers'eau. Cette dernière est financée par des fonds européens, de la Région, de l'UA, et a débuté le 1er janvier 2021 pour une période de cinq ans. « Ce programme fait suite au projet Oxymore 1 soutenu par l’Agence de l’eau, la Région et le Grand Port de Nantes, et mobilise plus largement les chercheurs du Laboratoire planétologie et géosciences (LPG) spécialisés en biogéochimie, bioindication, géomatique et études paléo-environnementales, détaille Grégoire Maillet, maître de conférences à la Faculté des sciences. Il est important d’agir parce que, selon les critères de la directive cadre sur l’eau (DCE), seulement 11 % des masses d’eau de la région sont en bon état. »

Une hypothèse encore à confirmer

Pourquoi observe-t-on presque chaque année une quasi disparition de l'oxygène dans l'eau de l'estuaire ? Les années 1980 ont vu une prise de conscience nationale des conséquences environnementales de l'utilisation de sels nutritifs (nitrates, phosphates, ammonium...) dans l'eutrophisation des eaux de Nantes à Saint-Nazaire. Un travail de sensibilisation a alors été engagé auprès des agriculteurs tandis que l’équipement en stations d'épuration a également été intensifié : ces mesures ont permis de supprimer les périodes de sous-oxygénation dans la Seine mais pas dans la Loire. 


Grégoire Maillet et Sophie Sanchez, technicienne au LPG, prélèvent des sédiments en couche d'un millimètre.

A quoi est dû cette différence ? « Nous savons que ce n’est pas le changement climatique ou une application différente des mesures selon le territoire, souligne Grégoire Maillet. Notre hypothèse, qui reste encore à confirmer, est que l’estuaire de la Loire accumule beaucoup de sédiments dans le chenal et sur ses berges. Les sels nutritifs stockés avec eux pourraient être relargués sous une forme chimique active et consommer beaucoup d’oxygène. Si notre idée est validée, nous devrons alors estimer l'influence relative du compartiment sédimentaire par rapport aux autres sources de sels nutritifs, établir une chronologie temporelle des hypoxies sur plusieurs années, et conseiller les décideurs publics. »

A bord de navires de la flotte océanographique française, 9 chercheurs de l'UA sont ainsi partis en mission en août 2020, février et juin 2021 pour effectuer des prélèvements sédimentaires entre Nantes et l'océan. Ils y retourneront en août prochain afin de suivre l’évolution saisonnière de ce phénomène et permettre la modélisation de ce processus. 

Plus d'infos

Le projet LIFE Revers’eau bénéficie d’un budget de 15 millions d’euros, dont 7 attribués par l’Europe dans le cadre des programmes dédiés aux problématiques environnementales.

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