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Séparés par des virgules

Des mathématiques, au féminin pluriel

L’Université d’Angers a accueilli, du 31 mai au 2 juin, la 1re édition des Lectures Sophie Kowalevski. Ouverte à tous, mais privilégiant la participation d’étudiantes, cette masterclass animée par des mathématiciennes vise à encourager la présence des femmes dans la discipline.

La place des hommes est prépondérante dans le monde des maths. Numériquement, au moins. Plusieurs femmes ont marqué, jadis ou récemment, la discipline. La mathématicienne russe Sofia Kovalevskaïa (1850-1891), connue en France sous le nom de Sophie Kowalevski, fait partie des pionnières. De son doctorat en Allemagne à son poste de professeure d’université à Stockholm, en passant par la Commune de Paris, cette spécialiste des équations aux dérivées partielles s’est taillée une réputation internationale en deux décennies. « C’est une figure qui peut inspirer des étudiantes actuelles », fait remarquer Nicolas Raymond, directeur du Département de mathématiques de la Faculté des sciences de l’Université d’Angers.

Avec sa collègue Susanna Zimmermann, récente médaille de bronze du CNRS, également membre du Laboratoire angevin de recherche en mathématiques (Larema), ils ont imaginé un temps de formation ouvert aux étudiantes (et étudiants) de master, faisant la part belle aux femmes. Ainsi est né le cycle de Lectures Sophie Kowaleski. « L’idée est de favoriser la présence des femmes en mathématiques en s’adressant directement à elles, résume Nicolas Raymond. De leur offrir des perspectives pour qu’elles puissent se projeter et s’épanouir dans cette discipline ».

Venus d’un large panel d’universités françaises, 36 jeunes, dont 17 étudiantes, ont participé à la première édition organisée sur trois jours à Angers. Grâce à divers financements*, les filles ont vu l’intégralité de leurs frais de transport et d’hébergement pris en charge, les garçons étant « seulement » hébergés.

Mentorat

Mathématicienne et écrivaine, Michèle Audin a mis en lumière le parcours Sophie Kowalevski, lors de la conférence inaugurale du lundi. Le reste de la semaine s’est partagé entre deux grands cours de 8 heures chacun, sur des notions peu approfondies en master. Ils étaient assurés par deux oratrices. Clotilde Fermanian Kammerer, professeure à l’Université de Paris-Est, a proposé une initiation à l’analyse microlocale, tandis que Liana Heuberger, post-doctorante au Larema à Angers, a exploré la géométrie torique et ses singularités.

Des « marraines », universitaires reconnues comme Karine Beauchard, directrice du département de mathématiques de l’École normale supérieure de Rennes, mais aussi Ramla Abdellatif de l’Université Picardie Jules Vernes, Barbara Schapira de l’Université de Rennes 1 ou Enrica Floris de l’Université de Poitiers, étaient invitées à suivre les diverses séances. « Nous avions aménagé des temps de pause long entre deux cours, pour que les étudiantes et les marraines puissent échanger, et que cela débouche éventuellement sur une forme de mentorat », explique Susanna Zimmermann.

L’initiative, qui a reçu les encouragements de la Commission Égalité de l’UA, est appelée à se renouveler l’année prochaine. Avec d’autres mathématiciennes, venant d’autres horizons.
 

* Les Lectures Sophie Kowaleski sont financièrement soutenues par le Larema, le Département mathématiques de la Faculté des sciences d’Angers, la SFR MathStic, le CNRS et deux de ses groupes de recherche, le projet régional Ambition Lebesgue Loire, le Centre Henri Lebesgue.

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