fr | en

Séparés par des virgules

Des étudiant∙e∙s de l’UA se distinguent au concours Charles-Rousseau

Quatre étudiant∙e∙s du master de Droit international et européen à l’Université d’Angers ont atteint les demi-finales du concours de plaidoirie Charles-Rousseau, organisé en distanciel du 10 au 15 mai. Théophile Bonnette, Zoé Renaud, Florian Moitrot et Ninon Cochennec partagent cette expérience.

Le concours de plaidoirie Charles-Rousseau existe depuis 1985 et c’est le principal concours francophone de procès simulé en droit international. Il est ouvert à toutes les universités et permet aux étudiant∙e∙s de développer leurs connaissances et maîtrise du droit international public. Cette année, 22 équipes se sont affrontées par visio autour d’un cas fictif lié à la coopération judiciaire pénale et ses conséquences : la peine de mort et le droit international, l’extradition et le terrorisme, le retrait des organisations internationales…

Avant d’en débattre devant la Cour internationale de justice, Théophile, Zoé, Florian et Ninon, étudiant∙e∙s en master de Droit International et européen à l’UA et accompagné∙e∙s par leurs instructeurs Agathe Niveleau et Julien Hiello, ont dû rédiger deux mémoires de 55 pages : un au nom de la partie défenderesse (qui est assignée à comparaître) et le second au nom de la partie demanderesse (qui a pris l’initiative du procès).

Une joute en plusieurs tours

Les étudiant∙e∙s angevin∙e∙s, réparti∙e∙s en deux équipes de deux, ont rencontré les universités de Lomé (Togo), Yaoundé (Cameroun), Lyon 3 et Strasbourg en phase de groupe. Les mémoires rédigés au préalable par les autres équipes devaient être envoyés dix jours avant le début du concours, de quoi connaître et étudier les arguments de ses adversaires pour mieux préparer sa plaidoirie.


Julien Hellio (en haut), accompagné de Florian Moitrot, Ninon Cochennec, Zoé Renaud et Théophile Bonnette

Comment se déroule un match – ou plutôt une joute – entre deux équipes ? Après un tirage au sort, la partie demanderesse présente son exposé principal pendant 40 minutes devant un jury, composé de trois juges, et un greffier, puis la partie défenderesse fait de même. Le demandeur réplique alors pendant 5 minutes et le défendeur lui répond. Un échange en quatre « tours » qui dure donc un peu moins de deux heures. Les juges peuvent poser des questions concernant l’exposé des faits, certains aspects du droit ou le contenu du mémoire. Puis, pour départager chaque équipe, ils décident de la qualité et la pertinence de la présentation générale de l’exposé, de la connaissance du droit international, du raisonnement et de la prise en compte des arguments adverses.

« Une plaidoirie équivaut à un bon footing ! »

Pendant trois jours, Théophile, Zoé, Florian et Ninon ont donc travaillé – et plaidé - d’arrache-pied. Un investissement récompensé puisqu’ils se sont qualifié∙e∙s pour les quarts de finale. « La fatigue est déjà bien présente, tant que le plan mental que physique, détaillent-ils. Une plaidoirie équivaut à un bon footing ! Il faut travailler tous les jours les arguments des adversaires et réviser ses connaissances générales mais cette charge de travail est raisonnable. C’est à partir des quarts de finale que cela change puisque toutes les équipes reçoivent le mémoire adverse seulement la veille. De plus, après la phase de groupe, nous plaidons tous ensemble : il faut donc se répartir différemment la parole. Une règle amusante s’ajoute également puisque nous devons nécessairement introduire dans nos plaidoiries deux expressions imposées, le but étant d’ajouter une touche d’humour en réussissant à les introduire de manière assez fine. »


Agathe Niveleau

Après une nouvelle victoire en quart de finale (en utilisant les expressions « Comme un Rousseau sans bar » et « Aussi arriéré que Judith Zacala ») face à l’université de Valparaiso (Chili), les Angevin∙e∙s ont affronté l’Université de Nanterre en demi-finales. Soumis∙e∙s aux arguments de leur adversaire puisque désigné∙e∙s défendeur∙e∙s, ils et elles ont presque fait jeu égal, semant le doute chez le jury.

Ce dernier a finalement donné raison à l’Université de Nanterre, qui l’a également emporté lors de la finale. « Bien que certains de leurs arguments étaient différents des nôtres et parfois plus percutants, il faut souligner le niveau des plaideurs de Nanterre, expliquent les étudiant∙e∙s de l'UA. En effet, ils avaient une véritable aisance à l’oral et leurs plaidoiries étaient très bien écrites. Cette expérience nous a permis d’améliorer la construction de nos arguments, et aussi notre façon de travailler, notre aisance à l'oral et notre esprit de synthèse. Surtout, nous avons approfondis nos connaissances en droit international et appréhendé de nouveaux domaines juridiques comme la coopération judiciaire pénale. C’était aussi une riche aventure humaine et nous sommes très contents de notre parcours. »

Malgré leur élimination en demi-finales, les étudiant∙e∙s de master ont remporté le prix Henri-Rolin du meilleur mémoire, une première pour l’UA. Ninon Cochennec a quant à elle obtenu le prix de la 10e meilleure plaideuse.

Quel est le rôle des instructeurs ?

Etudiant à l’Institut d’études judiciaires (IEJ) de l’Université d’Angers, Julien Hellio a participé au concours l’année dernière. C’est la première fois qu’il se retrouve avec la casquette d’instructeur, au contraire d’Agathe Niveleau, doctorante à l’UA et déjà en charge de l’équipe l’année dernière. « Notre première mission a été de sélectionner quatre étudiant∙e∙s en octobre 2020, rappellent-ils. Il ne s’agit pas de critères scolaires mais plutôt de la faculté à répondre aux questions, à faire preuve de réflexion, tout en participant à la dynamique de groupe. Ensuite, notre rôle est de soutenir l’équipe autant scientifiquement que moralement, en leur détaillant par exemple le fonctionnement du concours et la méthodologie à suivre pour la réalisation des mémoires et des plaidoiries orales. C'est un sentiment particulier d'assister aux plaidoiries, de noter toutes les questions à préparer pour la fois d'après, sans pouvoir intervenir soi-même. On est constamment sous tension, mais sans être acteurs directs de la situation. Lorsque la caméra est allumée, il faut en outre demeurer imperturbable, ce qui est parfois assez difficile, en particulier lorsqu'un étudiant ne parvient pas à répondre à une question et qu'on brûle de ne pas pouvoir l'aiguiller. »

Scroll