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Jean-Baptiste Lemoyne : « Il y a un avenir pour le tourisme français et ses métiers »

Le secrétaire d’État chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a participé à la signature de convention de partenariat entre l'Université d'Angers et l'Université internationale du tourisme et de l'hospitalité de Turkestan qui a eu lieu le 23 novembre 2020. En marge de cet événement, il a répondu aux questions de l'UA quant à l'impact de la Covid-19 sur le tourisme et l'importance des coopérations internationales au niveau universitaire.

Le tourisme est un secteur économique fortement affecté par la crise sanitaire. Les étudiants de cette filière s'inquiètent quant à leur insertion professionnelle. Quel message voulez-vous leur faire passer ?

Je n’ai qu’une chose à dire : vous avez fait le bon choix en vous engageant dans cette filière. Oui, le tourisme a été frappé de plein fouet et frappé le premier par les conséquences de la pandémie. Et pour cause… Le tourisme, c’est le contraire de la distanciation sociale, c’est le rapprochement humain ! Mais nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Il y a un avenir pour le tourisme français et pour ses métiers ! Nous avons tous les atouts. La France est la championne du monde des destinations touristiques et cela n’a rien d’étonnant. Ici, nous avons la culture, le patrimoine, nous avons la ville, la montagne, la campagne, nous avons les îles, les littoraux. Bref, on peut faire un tour du monde en faisant le tour de France. Et puis, le tourisme tricolore, c’est 7% du PIB, 3 millions de Français qui en tirent tout ou partie de leurs revenus et autant d’emplois non-délocalisables. C’est aussi une part de l’âme française, de notre art de vivre, de nos savoir-faire. Le tourisme est un trésor national, et ce trésor, ce sont les professionnels d’aujourd’hui et de demain qui ont et auront la charge de le valoriser. Je crois en ce secteur et nous ne manquons pas d’imagination ni d’énergie pour assurer son avenir.

Le secteur du tourisme va-t-il devoir se transformer suite à la crise de la Covid-19 ?

C’est le principe de la théorie de l’évolution : celui qui survit, ce n’est pas le plus fort ni le plus intelligent, c’est celui qui s’adapte. Dans l’immédiat, nous nous efforçons d’assurer la survie du secteur. C’est en ce sens que le Président de la République a fait du tourisme une priorité nationale avec 18 milliards en direction des professionnels. Fonds de solidarité, activité partielle, prêts garantis par l’État, exonérations de charges : tout est fait pour sauver le tourisme français et nous allons y arriver. Dans le même temps, nous sommes tournés vers l’avenir.
Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État chargé du tourisme.
Le tourisme est un secteur hyperconcurrentiel et nous devons constamment nous adapter, nous distinguer pour garder un temps d’avance et conforter notre rang de première destination mondiale. Nous travaillons à l’avenir de votre filière ! Des tendances nouvelles, révélées et amplifiées par la crise, se font jour : aspiration à un tourisme plus durable et authentique, nouvelles pratiques de loisirs, redécouverte de la nature et du patrimoine de proximité. Je l’ai moi-même observé dans mon département de l’Yonne : nos compatriotes ont pris d’assaut les hébergements et redécouvert les atouts de nos campagnes. De nombreux territoires l’ont bien compris, en faisant du tourisme durable en général, et du slow tourisme en particulier, la réponse à la crise sanitaire. Ces mutations sont une opportunité pour le tourisme tricolore et une chance pour l’attractivité de nos territoires. Cette nouvelle donne nous confère la responsabilité d’ancrer les nouvelles pratiques des clientèles et de diffuser les bonnes pratiques parmi les acteurs du secteur, afin de faire bénéficier à tous des retombées économiques induites par une montée en gamme des offres de tourisme durable. Si, en parallèle à cet effort, nous arrivons à maintenir un tourisme d’excellence - je pense notamment au tourisme d’affaire qui irrigue nos métropoles - et à mener le chantier du tourisme social en permettant à davantage de nos compatriotes de partir en vacances, eh bien nous engageons la France et vos métiers dans les Trente glorieuses du tourisme ! C’est la stratégie du gouvernement.

Vous avez assisté le 23 novembre 2020 à la signature d'un partenariat entre l'UFR Esthua Tourisme et Culture de l'Université d'Angers et l'Université internationale du tourisme et de l'hospitalité de Turkestan. En quoi, ce type de partenariat est-il essentiel pour les formations liées au tourisme ?

Cette signature est une preuve que la pandémie n’arrête pas les liens humains ni les liens de coopération. L’Université d’Angers et l’Université de Turkestan sont très actives à l’international et ont déjà conclu de nombreux accords de coopération avec d’autres établissements. En l’occurrence, il existe des complémentarités entre ces deux universités, qui me permettent d’espérer que ce document contribuera au renforcement des relations entre la France et le Kazakhstan. Tout d’abord, sur le plan du tourisme, la Région Pays de la Loire, est une des plus dynamiques en France. Elle s’appuie sur les trésors que l’histoire lui a légués, sur son patrimoine naturel, son patrimoine gastronomique et œnologique mais aussi sur des efforts remarquables de valorisation du patrimoine.
La signature de la convention de partenariat entre l'UA et l'Université de Turkestan s'est faite lors d'une visioconférence.
Turkestan a l’ambition de devenir aussi une destination touristique internationale et son université doit jouer un rôle de premier plan en assurant la formation des professionnels qui y seront employés. Elle trouvera dans l’Université d’Angers un partenaire à la hauteur de cette ambition. J’ai d’ailleurs demandé à ce que ce programme soit intégré au plan de financement de l’enseignement français en Asie centrale, afin que des guides touristiques francophones puissent être formés à Turkestan. Et puis je suis convaincu que ce partenariat doit être élargi lorsque cela sera nécessaire. Je pense notamment aux programmes de développement européen, pour lesquels l’Université d’Angers a maintenant vocation à jouer un rôle de fédérateur au profit de l’Université de Turkestan. C’est donc sur des partenariats très concrets tels que celui-là, que l’on fait à la fois rayonner notre pays et que l’on ouvre aussi nos territoires à l’international et que l’on permet de se développer.

L'UFR Esthua Tourisme et Culture dipose de plus de 130 partenariats internationaux. Le problème actuel pour les étudiants est de se rendre à l'étranger. Des dispositifs spécifiques existent-ils pour faciliter le déplacement des étudiants en tourisme ?

C’est une année très difficile pour la mobilité internationale des jeunes. Mais la France a été en pointe pour défendre la libre circulation au sein de l’espace européen. Les programmes européens Erasmus pour les étudiants, Erasmus Plus pour les stagiaires et apprentis sont maintenus. Cela fait déjà un grand nombre de pays où l’on peut se rendre pour étudier ou faire des stages. S’agissant des autres pays, chacun a ses règles et il vrai que certains ont décidé de ne plus accueillir d’étudiants internationaux ou uniquement pour des enseignements à distance. La France, quant à elle, est restée ouverte aux étudiants internationaux venant du monde entier. C’est un motif de grande fierté pour moi. Vous le savez, le secteur des études supérieures, est devenu un marché mondial extrêmement concurrentiel. Nous avons des atouts considérables et nous gagnons des places d’ailleurs dans les classements internationaux. Grâce aux décisions du gouvernement, nous avons pu délivrer cette année 67 000 visas pour études alors que d’autres se sont complétement fermés.

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