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Séparés par des virgules

Un robot désherbeur à Belle-Beille

Jeudi 12 mars, trois étudiants, Amélie Persais, Simon Caillaud et Marvin Brançon en 2e année de DUT GB option agronomie ont présenté leur projet tutoré. Il a été réalisé en partenariat avec l'école Polytech d’Angers. C’est un robot désherbeur laser, laissant prévoir la diminution des herbicides en maraîchage….

Un bond dans le futur 

Le projet est l’aboutissement de POODLE. Des chercheurs de Polytech Angers ont réalisé un robot capable de se déplacer dans les cultures sans les écraser. En 2018, cherchant une utilité à leur invention, ils ont imaginé désherber en sectionnant une partie des tiges au laser. Très peu d’expérimentations ont été faites avec cette technique. Un an plus tard le projet est suspendu, le protocole n’étant pas recevable. Les ingénieurs contactent alors des étudiants ayant des connaissances biologiques et agronomiques pour poursuivre leurs essais. Durant leur formation, les étudiants réalisent un projet en partenariat avec une entreprise. Ils découvrent le monde du travail et acquièrent de nouvelles connaissances techniques. C’est tout naturellement qu’ils ont pris le relais.

La relève étudiante

Nos étudiants ont donc pris une place importante dans ce projet. Ils y ont apporté leurs connaissances agronomiques et biologiques. Ils ont réalisé des observations, doublées d’une étude statistique sur 300 plants pour déterminer la durée optimale du temps de passage du laser.

Ce projet s’est réalisé en trois temps :

1/ la conception et la présentation d'un protocole expérimental.

2/ la réalisation du protocole. Il nécessite une extrême précision dans les manipulations et une adaptabilité des expérimentations. L'expérience était prévue sur des chénopodes. Le choix initial s’était fait sur conseil de maraîchers : cette plante est envahissante dans leur culture. Mais l'expérience se déroulait en automne : or les chénopodes nécessitent de la chaleur pour se développer. Les étudiants se sont reportés sur la moutarde car elle pousse à cette saison.

3/L'analyse des observations permet de tirer les conclusions des expérimentations. La plante ne meurt pas, mais est largement fragilisée. Elle ne résiste pas aux aléas climatiques ultérieurs. Des études complémentaires seront nécessaires : les dissections n’ont pas été réalisées par manque de temps.

Marvin précise : « Ce projet m'aura permis de me familiariser avec l'expérimentation et la démarche scientifique, J'envisage même de travailler dans la recherche sur ce genre de projet plus tard. » 

Les perspectives

Ce projet est très novateur par l’utilisation du laser. Seulement 4 ou 5 équipes à travers le monde travaillent sur cette technique. Les coûts et l’efficacité restent à déterminer. Nous en sommes aux balbutiements. De nombreuses expériences seront nécessaires, des étudiants y participeront… Amélie conclut : « Je suis contente d’avoir participé à ce projet. Les ingénieurs ont mis en valeur nos connaissances biologiques et agronomiques. Si je peux donner un conseil aux étudiants des prochaines années : choisissez un sujet qui vous ressemble et qui vous intéresse… »

Il faudra encore démontrer l’intérêt écologique et financier de ce projet. Son impact écologique reste à découvrir : on ne connait pas l'effet du laser sur la vie du sol. Si les résultats sont positifs, cela permettrait de réduire considérablement l’usage des herbicides. L’impact écologique serait formidable…

Sacha François, avec le soutien de M. Seurat

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