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« Soutien aux initiatives, respect et dialogue »

Après un premier mandat de 5 ans, Christophe Daniel, 55 ans, maître de conférences en sciences économiques, a été réélu doyen de la Faculté de droit, d’économie et de gestion le 21 octobre 2020. À l’aube de ce nouveau mandat, l’ex-candidat à la présidence de l’UA livre ses priorités pour la faculté et explique sa méthodologie.

Quel bilan tirez-vous de vos cinq premières années en tant que doyen de la Faculté de droit, d’économie et de gestion ?

Christophe Daniel : C’est très difficile de faire le bilan de sa propre action. Et puis, une faculté n’évolue pas seule, le doyen doit faire avec le contexte. Mais je suis fier d’avoir été réélu à l’unanimité. Sans doute faut-il y voir que les cinq premières années étaient globalement satisfaisantes pour les membres de la Faculté.

Christophe Daniel (© T. Donadieu/UA)
Christophe Daniel (© T. Donadieu/UA)
Depuis 2015 et aujourd’hui encore, j’essaie d’appliquer les idées qui étaient au cœur de mon programme de candidat à la présidence de l’UA l’hiver dernier. En deux mots : décentralisation et proximité. Je pense qu’il faut laisser s’exprimer les initiatives des enseignants-chercheurs, des personnels, les soutenir, tout en proposant un cadre cohérent. C’est une recherche d’équilibre qui n’est pas toujours facile, qui nécessite du dialogue, un respect des avis contraires, qui peut parfois prendre du temps sur certains projets… Mais en même temps, quand un consensus apparaît autour d’un projet, qu’il est accepté par tous, ça va nettement mieux ensuite.

Quel cap vous êtes-vous fixé pour ce nouveau mandat ?

CD : Je m’inscris dans la continuité de mon prédécesseur [rires]. Je veux dire par là : respect des responsabilités de ceux qui en acceptent de manière quasi-bénévole, à tous les échelons, et écoute des personnels comme des étudiants… Le doyen n'est pas inaccessible. Je reste disponible, y compris pour les étudiants avec mes collègues.

Je continuerai également à défendre les intérêts de la Faculté en demandant des moyens supplémentaires. L’Université d’Angers est historiquement sous-dotée en postes. Je sais que nous ne sommes pas les seuls. Et que ce n’est pas forcément la faute du président, c’est la raison pour laquelle j’ai, au sein du conseil d’administration, appuyé la motion qui a récemment été envoyée au ministère pour réclamer davantage de moyens.

Au sein de la Faculté, je voudrais aussi engager des réflexions sur l’avenir à moyen et long termes, aussi bien en matière de formation que de recherche. Nous avons quelque chose qui nous tient à cœur en matière de formation : c’est la refonte de nos deux licences, en droit et en économie-gestion, pour les intégrer dans le projet Thélème. Cela va aboutir à des changements intéressants, avec une modification du calendrier, une plus grande souplesse apportée dans les parcours individuels de ceux qui veulent aller plus vite ou au contraire ont besoin de davantage de temps, par exemple. On cherche aussi à permettre aux étudiants qui arrêteraient en cours de licence d’obtenir une reconnaissance de leurs acquis qu’ils pourraient présenter à de potentiels employeurs. Nous voulons également mieux assurer le continuum avec nos masters, en retenant un peu plus de nos bons étudiants.

Nous espérons déployer ces nouvelles licences dès la rentrée prochaine, en 2022 au pire. L’année 2022 correspondra aussi à l’arrivée de notre nouvelle offre de formations, avec des évolutions au niveau des masters, avec peut-être de nouveaux parcours, qui, en fonction des souhaits des départements, pourraient être communs avec Le Mans dans le cadre de la nouvelle Comue expérimentale.

La recherche est une composante essentielle de notre Faculté, et nous souhaitons apporter tout notre soutien aux activités scientifiques, à commencer par celles des deux laboratoires qui nous concernent directement, le Centre de recherche juridique et politique Jean Bodin et le Groupe de recherche angevin en économie et management, le Granem. Nous sommes aussi impliqués dans la SFR Confluences et ouverts à des collaborations dans d’autres champs disciplinaires.

Trois vice-doyens seront à vos côtés durant ce mandat…

CD : Oui, ainsi qu’un nouveau directeur des services de la Faculté, Christophe Mallassinet. David Cayla, maître de conférences en économie, nous rejoint en tant que vice-doyen à la pédagogie. Nous travaillerons avec lui sur la rénovation de nos deux licences (ainsi qu’avec Michèle Favreau, la référente Thélème pour la Faculté) et de nos masters. Nous souhaitons aussi renforcer la proximité avec les étudiants. De plus en plus, nous faisons appel aux BDE, aux associations étudiantes. Depuis le reconfinement, nous mettons en place des réunions régulières avec les représentants de chaque promotion, pour que les étudiants puissent faire remonter leurs difficultés et qu’ils comprennent pourquoi nous sommes parfois amenés à mettre en place tel ou tel dispositif. J’ai vraiment une pensée particulière pour les étudiants qui vivent cette période Covid, qui sont privés de la présence d’autres étudiants et, pour beaucoup, confronter à des difficultés qu’elles soient financières, psychologiques… Nous allons poursuivre ce principe de réunions régulières avec les représentants de promotion au-delà du confinement, et plus généralement, conserver ce que cette période aura fait surgir de positif.

David Cayla travaillera aussi sur l’alternance et sur l’apprentissage avec Sabine Bernheim-Desvaux, professeure en droit privé, qui conserve ses fonctions de vice-doyenne en charge des relations avec les milieux professionnels. Je la remercie pour son investissement. Elle a notamment pour mission de conforter le Club des partenaires, mis en place il y a 4 ans au sein de la Faculté, et de mieux faire connaître ses missions, à savoir : permettre aux étudiants de rencontrer des professionnels et potentiels employeurs, et pour les acteurs économiques locaux, de découvrir la richesse de notre recherche.

Enfin, je salue le travail de Catherine Deffains-Crapsky, professeure en finance, qui reste vice-doyenne à l’international. Sur ce mandat, l’idée ne sera pas de multiplier les nouveaux partenaires étrangers, mais de renforcer ceux existant et de faire émerger une liste d’une dizaine de partenaires avec qui nous entretenons des relations privilégiées. Je pense, par exemple, à Toruń, en Pologne, à Modène ou Macerata en Italie, avec qui nous avons des doubles voire des triples diplômes.

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Un parcours angevin

Christophe Daniel a obtenu une maîtrise (bac + 4) à la Faculté de droit, d'économie et de gestion de l'Université d'Angers, alors localisée sur le campus Belle-Beille. Il décroche ensuite un DEA à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris. Reçu à l'agrégation en 1994, il soutient en 1995 à l'Université d'Orléans une thèse sur les relations entre salaires et conditions de travail, et y enseigne jusqu'en 2002, date à laquelle il revient à l'UA.

Spécialisé en économétrie appliquée, notamment sur les questions d’évaluation, l'enseignant-chercheur membre du Groupe angevin de recherche en économie et management (Granem), a dirigé le département Économie de la faculté de 2008 à 2015, avant de prendre la direction de l’UFR.

Il est membre de la conférence des doyens des facultés de droit et science politique, et vice-président de la conférence des doyens des facultés d’économie et de gestion.

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