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Séparés par des virgules

Deux enseignants, deux romans

Alexandre Seurat, qui enseigne le français à l’IUT, et Michael Federspiel, enseignant l'anglais à la Faculté des lettres, langues et sciences humaines, signent deux plongées dans l’âme humaine autour de deux histoires bien différentes.

Petit frère

C’est désormais un habitué de la rentrée littéraire. Quatre ans après le succès de La Maladroite, Alexandre Seurat sort son 4e roman aux éditions du Rouergue, Petit frère. Un petit frère entier, un ado à fleur de peau, un jeune homme écorché, qui peu à peu se perd dans les tourments de ses pensées et de ses addictions. Pour tenter de supporter la disparition de ce frère et sa propre culpabilité, le narrateur détricote le fil de leur histoire commune, passant du présent aux différentes strates du passé.

Que ce soit dans La Maladroite, L’Administrateur provisoire, ou le récent Un Funambule, « la famille que je mets en scène ne va pas très bien », reconnaît Alexandre Seurat. La pauvreté des liens affectifs, les non-dits sautent aux yeux. « L’absence de communication est un facteur aggravant dans la souffrance du personnage principal ».

Dans Petit frère, dont l’écriture a débuté il y a de nombreuses années, il est aussi question de thèmes désormais récurrents dans l’œuvre de l’enseignant : les blessures de l’enfance, la souffrance et la réponse de la psychiatrie, la culpabilité… « J’essaie ici de creuser cette question de la culpabilité qui n’était qu’effleurée dans La Maladroite ».  


L’Enterrement de Monsieur Léon

L’atmosphère est plus légère dans le premier roman de Michael Federspiel. Bien qu’il débute par un enterrement, celui de Monsieur Léon. « Soixante-trois ans. C’est l’âge qu’il avait l’habitude de donner ; celui qu’il laissait voir ». Dans son nouvel état, transparent, Léon assiste à la cérémonie. Mais le cercueil est vide… Où est-il passé ?

Fait d’histoires entrelacées, le récit entraîne le lecteur dans une succession rythmée de voyages dans le passé des personnages gravitant autour de Monsieur Léon, figures tantôt pathétiques, tantôt attachantes. De l’Écosse à l’Iran, en passant par les bords de Loire, les différents épisodes s’emboîtent comme un puzzle à mesure que l’on progresse.

« Monsieur Léon est surtout un livre sur les rapports humains, sur ce que l’humanité a de beau, et sur les sentiments nobles qui émergent parfois de nos difficultés pour nous aider à les surmonter », explique l’auteur de 36 ans, agrégé de lettres anglaises, qui enseigne l’anglais en psychologie, la littérature et la traduction à l’Université d’Angers. L’idée de ce roman lui est venue en sortant d’un enterrement bien réel. « En de pareilles circonstances, la vie vous apparaît un peu bête, un peu laide... Certains de mes congénères m’ont inspiré de la peine tandis que d’autres prêtaient presque à sourire, au même moment », se souvient celui qui assure également des séminaires d’écriture créative et de composition musicale. Son deuxième roman, Le Repas, entrera bientôt en phase de relecture.

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Références

Petit frère

Le roman d'Alexandre Seurat est paru en août 2019 aux éditions du Rouergue, collection La Brune au Rouergue.
144 pages
17,50 €
N° ISBN : 978-2-8126-1837-6

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L'Enterrement de Monsieur Léon

Le roman de Michael Federspiel est paru en mai 2019. Auto-édité, il est disponible sur Amazon au format broché ou numérique.
270 pages
8,99 €
N° ISBN : 978-1-0997-0296-9

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