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Table ronde Harcèlement sexuel - Université Angers

Mission Égalité

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Une table ronde sur le harcèlement sexuel

Le 13 juin 2016

Harcèlement sexuel

De 18h00 à 20h00 à l'UFR Santé
(Amphi. Simone Veil | Rue Haute de Reculée | Angers) 
Entrée libre et gratuite

 

Qu'est-ce que le harcèlement sexuel ? Que faire lorsqu'on en est victime ou témoin ? Quelles sanctions à l'encontre des auteurs ? Ce sont quelques questions qui seront abordées lors de la table ronde organisée le lundi 13 juin 2016 à l'UFR Santé avec :

  • Isabelle Moriceau du Planning familial
  • Deux membres de l’association d’aide aux victimes d’abus sexuels (AAVAS)
  • Anne-Sophie Hocquet, vice-présidente égalité, ressources humaines et politique sociale  (Université d’Angers)
  • Sabrina Sebti, chargée de mission égalité (Université d’Angers)

Entretien avec Sabrina Sebti, chargée de mission Égalité de l'UA

Pourquoi avoir choisi d'organiser une table ronde sur ce sujet ?
Sabrina Sebti : La prévention et la répression du harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur et la recherche font partie de la feuille de route 2015 du ministère. Lors de la conférence de présentation, la ministre Najat Vallaud-Belkacem – qui a été ministre des Droits des femmes de 2012 à 2014 et qui est à l'origine de la loi du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel – a insisté sur ce point.

Il y a une problématique spécifique au milieu universitaire ?
SS : On y trouve, comme dans d'autres lieux de travail, des cas de harcèlement sexuel entre collègues avec, comme ailleurs, la tentation de minimiser certains comportements. Mais, comme le note le guide publié avec le soutien du ministère par le Clasches, « les caractéristiques de l'enseignement supérieur et de la recherche créent à la fois les conditions propices au harcèlement sexuel et à sa négation ». Notamment parce que les femmes sont très peu présentes au sommet de la pyramide (à l'UA, par exemple, seuls 21 % des professeurs sont des femmes). Il existe une forte hiérarchie, des notions de pouvoir à l'intérieur des laboratoires, des réputations à préserver qui peuvent favoriser une certaine omerta... Il y a aussi le pouvoir qu’exerce un-e enseignant-e sur ses étudiants-es, le pouvoir d'un-e encadrant-e de thèse sur ses doctorants-es. La précarité, l'isolement sont des facteurs propices au harcèlement sexuel. Même si celui-ci peut prendre des formes très variées : entre personnels, entre étudiants, ou bien, comme ce fut le cas dans une autre université, une enseignante harcelée par un étudiant...
Je tiens à préciser que le harcèlement sexuel reste une pratique minoritaire, mais cela existe dans toutes les universités.

Que faire si l'on est victime ou témoin de tels actes ?
SS : Les personnes qui seraient dans ce cas peuvent prendre contact avec moi (sabrina.sebti @ univ-angers.fr), ou se rapprocher du service universitaire de médecine, le Sumpps, parfaitement compétent. Mais il est parfois difficile de s'identifier comme victime. Certaines personnes viennent me voir, me font part d'une impression de malaise, mais ne prennent pas vraiment conscience de ce qui leur arrive. D'autant que la plupart du temps, elles se sentent coupables. Cela fait partie du processus, comme nous l'expliquerons lors de la table ronde. Pour les victimes, les conséquences sont vraiment dramatiques : perte de confiance, problèmes de santé, abandon des études...
Pour faire face, certaines universités ont mis en place des cellules de veille et d'écoute. Nous y travaillons à l'UA. C'est l'un des projets de la commission Égalité. L'idée est de mettre en place un espace d'écoute tenu par deux personnes, dont un professionnel de santé, un lieu, un numéro de téléphone peut-être, où les potentielles victimes pourraient venir dire ce qu'elles vivent, poser des questions, se renseigner sur les éventuelles démarches...
La commission projette également de mettre en place un guide de bonne conduite entre doctorant-e et encadrant-e. Pour cela, nous comptons adresser en mai un questionnaire aux doctorants-es pour connaître leurs conditions de travail.

Le harcèlement n'est pas le seul domaine d'intervention de la mission Égalité que vous animez ?
SS : Non. Si cette thématique fait partie des priorités et mobilise une part de mon énergie – je fais partie du groupe de travail national - elle s'inscrit dans le champ plus vaste de la lutte contre les violences et l'homophobie. Une autre mission est d'encourager l'égalité femmes-hommes dans les instances, et dans la valorisation des carrières. Nous agissons également pour une meilleure répartition dans les filières, afin qu'il y ait davantage d'étudiantes en sciences par exemple, mais aussi plus de garçons en lettres. À ce propos, nous travaillons actuellement avec les lycées, pour leur proposer à partir de l'année prochaine des témoignages d'enseignantes-chercheuses et d'étudiantes. La commission Égalité projette aussi de mettre en place un concours sur le sexisme à destination des lycéens-nes et étudiants-es. Sur la question du genre et des discriminations, je travaille beaucoup localement avec les acteurs du programme Gedi, porté par la SFR Confluences. Je suis aussi en contact avec différents partenaires, comme le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles, le Planning familial, la mission départementale Droits des femmes et égalité, SOS Femmes, la mission Égalité de la mairie d'Angers... Beaucoup seront présents mardi pour la table ronde.

Harcèlement sexuel : définition

La loi donne une double définition du délit de harcèlement sexuel, selon qu’il s’agit de faits répétés ou d’un acte unique assimilé au harcèlement sexuel.

  • Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
  • Est également assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave, dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, pour soi-même ou pour un tiers.

Avec la nouvelle la loi, la qualification de harcèlement sexuel n’est plus liée à la recherche d’un acte de nature sexuelle ; des propos ou comportements répétés à connotation sexuelle portant atteinte à la dignité de la victime ou créant pour elle une situation intimidante, hostile ou offensante peuvent désormais suffire.

La loi sanctionne les actes de harcèlement, qu’ils soient commis par un collègue, par un cadre sportif, par un formateur, par l’agent d’une autre entreprise ou par un supérieur hiérarchique. Il n'est pas nécessaire qu'il y ait une relation hiérarchique entre l'auteur et la victime pour que les actes puissent constituer une infraction.

Source : stop-harcelement-sexuel.gouv.fr

Contact

Sabrina Sebti
Chargée de mission Égalité
Tél. : 02 41 73 50 17
sabrina.sebti @ univ-angers.fr

La Passerelle
2, rue Lakanal
49045 Angers Cedex 01