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Gestion de l'université - Université Angers

Gestion de l'université

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Gestion de l'université : vers plus d'autonomie

L'université change. Un phénomène de « décentralisation » est indéniable. L'État élabore une politique d'enseignement supérieur que les universités mènent à l'aide de moyens fournis par l'État. Elles ont largement gagné en autonomie financière, notamment depuis la loi LRU du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités. Ce texte prévoit le passage aux RCE d'ici le 1er janvier 2012. L'Université d'Angers a franchi le pas dès 2010. Quelques années auparavant déjà, le contrôle de gestion et la GPEEC, avaient modifié les modes de gestion de l'université.

Diagramme présentant l'évolution du budget pour 2009-2010. Le budget est divisé en trois catégories : personnel, fonctionnement, investissement. le budget personnel est passé de moins de 20 000 euros en 2009 à près de 100 000 euros en 2010
L'université rémunère

Depuis janvier 2010, les salaires sont payés par l'université alors que cette mission incombait auparavant à l'État. Conséquence, le budget alloué aux établissements universitaires a plus que triplé. Cette autonomie suppose donc une gestion encore plus attentive des deniers : suivi de la masse salariale, des besoins en personnel. Il est primordial que l'université dispose des fonds nécessaires chaque mois afin de rémunérer son personnel. Elle doit aussi respecter des plafonds d'emplois et de masse salariale, ce qui suppose une prévision rigoureuse.

Contrat ciblé

Le positionnement de l'université a aussi changé sur le contrat (avec l'État) en lui-même. Objectifs et cibles chiffrés font leur entrée au cœur de cet engagement contractuel. L'État demande des comptes à l'université, notamment à partir d'indicateurs d'activité et de performance, rendant le contrôle de gestion indispensable. L'AERES, par le biais de ses évaluations, contribue à cette culture d'efficacité.

Bond de la dotation globale

Dans le même temps, la dotation allouée aux universités a vu sa méthode de calcul modifiée. Le modèle SYMPA, qui a remplacé le précédent système, a notamment supprimé les dotations fléchées (une certaine somme était par exemple spécifiquement attribuée à tel ou tel laboratoire). Chaque université reçoit désormais une « grosse enveloppe » annuelle qu'elle a en charge de répartir selon les besoins. La performance et la réussite entrent plus que jamais en ligne de compte pour l'attribution des crédits. La nouvelle grille de calcul a avantagé l'Université d'Angers : son budget a augmenté de 50 %. La « valeur ajoutée » apportée par telle formation ou laboratoire fait partie des critères d'attribution de la dotation. La hausse massive du budget s'explique aussi par la volonté de l'État de « compenser » le déficit criant de personnel à l'Université d'Angers : 214 emplois manquent au sein de l'établissement.

Les dotations étatiques représentent 80 % du budget de l'Université d'Angers. Recettes complétées par les subventions des collectivités territoriales, les droits d'inscription et les ressources propres (prestations de formation continue, taxe d'apprentissage, contrats de recherche).

GPEEC et ressources humaines

La nouvelle dynamique implique aussi des bouleversements côté ressources humaines. L'Université d'Angers doit être plus attentive aux compétences de ses personnels, que ce soit lors du recrutement, de l'évaluation, de la formation et de l'adaptation à l'emploi. Il s'agit concrètement de gérer les campagnes d'emploi selon les modalités prévisionnelles d'attribution, des moyens et des recrutements. Chaque année à n-1, une « enquête-emploi » est réalisée pour recenser l'ensemble des emplois affectés au sein des composantes, services communs et centraux.

La consommation mensuelle des emplois est constamment suivie, le schéma prévisionnel élaboré en année n-1 se trouvant ainsi réajusté au cours de l'année n. Ces ajustements permettent d'affiner les prévisions sur n+1 et n+2 et donc d'aboutir à une politique pluriannuelle de gestion des ressources humaines en phase avec les axes stratégiques de l'université.

L'immobilier reste entre les mains de l'État

La loi LRU permet aux universités de devenir propriétaire du patrimoine immobilier appartenant à l'État et affectés ou mis à leur disposition, comme c'est le cas de la quasi-totalité des locaux utilisés par l'Université d'Angers (seuls les locaux de la DEVE rue René Rouchy lui appartiennent en propre). L'établissement ne souhaite pas accéder à cette nouvelle compétence car il ne s'estime pas en mesure d'assumer la charge financière (sur ses ressources propres) découlant de l'amortissement et de l'entretien des bâtiments.

Un SI décisionnel

La mise en place de la DSI (Direction du système d'information) en 2008 a permis d'adapter le système d'information (SI) aux nouveaux besoins. La DSI favorise en effet le pilotage de l'université en se mettant à son service à travers l'introduction d'outils informatiques tels SIFAC (système d'information financier, analythique et comptable), Celcat (gestion des plannings et emplois du temps) ou l'ENT (environnement numérique de travail).

Tous ces nouveaux modes de management contribuent à davantage de souplesse dans la gestion. Par exemple, toutes les décisions ne sont plus subordonnées à l'accord du Ministère. Bilan des courses, un gain de temps considérable pour une réactivité accrue. L'autonomie des universités, plutôt redoutée aux débuts de la loi LRU, possède aussi des bénéfices certains : elle pousse à la responsabilisation et incite à la qualité.

Thérèse Rosset avec le concours d'Yves Meignen, vice-président à l'analyse stratégique et à la prospective

Les RCE à la loupe