A l'heure de la sobriété énergétique
Dans leurs champs d'action possibles, comité de pilotage (réunions 4-5 fois par an) et groupes de travail impulsent la politique de développement durable de l'université. Des référents volontaires, installés dans chaque composante, participent à la mise en place d'actions vertes. Les étudiants peuvent aussi proposer leurs idées, telle l'organisation d'un « blackout » à la Faculté des Sciences, pour sensibiliser aux économies d'énergie, ou la distribution de calendriers « fruits et légumes de saison » lors de la semaine développement durable.
Le bilan carbone des bâtiments réalisé par la Direction du patrimoine immobilier a enclenché la « chasse aux gaspillages » : amélioration de l'isolation lors des travaux de rénovation, remplacement de chaudières énergivores par des chaudières à condensation avec brûleur modulant, installation à venir d'une chaufferie biomasse sur le campus de Belle-Beille, construction d'un Institut du végétal respectueux des normes BBC (bâtiment basse consommation)...
Un « plan de déplacement » a été lancé pour tenter de résoudre les problèmes de transport relevés par les étudiants dans l' « Enquête vie étudiante ». Il s'agit de mener des études plus spécifiques auprès des usagers par l'intermédiaire d'un questionnaire électronique transmis au personnel ainsi qu'à des étudiants. En parallèle, l'université entreprend des actions spécifiques comme l'installation d'un garage à vélo sécurisé de 200 places à Saint Serge ou la mise à disposition de deux vélos électriques pour les déplacements des personnels universitaires entre les campus.
Thérèse Rosset
Trois questions à...
Arnaud Bernard Delajartre, maître de conférences en droit de l'environnement et référent développement durable à la Faculté de droit, d'économie et de gestion.

Quelle est votre mission en tant que référent ?
Il s'agit de réfléchir à ce que peut représenter le développement durable dans une composante, et notamment à ses déclinaisons à l'intérieur du bâtiment. Avec ma collègue co-référente Cécile Jarry-Lethu, nous mettons l'accent sur la sensibilisation, l'éducation et l'information en appelant systématiquement les première année à devenir « éco-étudiants ». Nous sommes parfois confrontés à la difficulté de faire passer le message. Le personnel ou les étudiants valides continuent par exemple d'utiliser en grand nombre les ascenseurs plutôt que les escaliers. D'où notre décision d'enclencher la vitesse supérieure avec un accès par badge réservé aux personnes à mobilité réduite et au personnel technique.
Une action réalisée qui vous a spécialement tenu à cœur ?
Parmi nos diverses initiatives telles la projection de films liés au développement durable ou l' opération de nettoyage des berges « Maine-propre », c'est « l'opération gobelets » qui m'a particulièrement séduite. Depuis septembre, les utilisateurs de machines à café paient une consigne de 5 centimes supplémentaires sur leur consommation, remboursée si le verre en plastique est ramené dans le collecteur. Une société collecte ensuite les gobelets pour les recycler. Ces déchets ne sont plus jetés dans les poubelles ordinaires ou abandonnés par terre. Les résultats sont spectaculaires ! J'aime cette initiative pour sa triple incidence :
- écologique car le recyclage des gobelets fabriqués à partir de pétrole était impossible auparavant.
- sociale car on évite une surcharge de travail pour les agents d'entretien.
- éducative car les étudiants et personnels se demanderont à un moment ou à un autre où va ce gobelet qu'ils ramènent ?
Vos projets pour une faculté encore plus durable ?
Le parking à vélo de 200 places installé sous Saint Serge est le chantier de l'année avec des animations programmées pour son inauguration. Financé par l'université dans le cadre de l'opération « appel à projets », il est également soutenu par une subvention de la région Pays de la Loire. Nous aimerions mettre en place depuis quelques temps déjà une sorte de « Green Team ». L'idée serait d'instituer un « éco-étudiant » par promotion qui soit vigilant sur ses gestes (éteindre la lumière, fermer les portes …), sans pour autant faire de lui un «éco-policier » !
Je suis en train de voir si l'installation de ruches sur le toit de la Faculté est envisageable. La proximité avec le Jardin des plantes, celui de botanique et du Mail, permettrait aux abeilles de disposer d'une bonne réserve de nectar. Et pourquoi pas dans quelques temps un « Miel Saint Serge » qui servirait de support d'information et de sensibilisation ?
Thérèse Rosset

Commentaire de Construction durable posté le 15 mars 2011 à 12:04
Bravo à l'université d'Angers, s'impliquer dans la construction durable devient essentiel. Bonne idée de faire participer les étudiants !
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