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Séparés par des virgules

Une nouvelle ambition régionale pour l'électronique professionnelle

Le 27 avril 2015, les acteurs régionaux de l'électronique professionnelle se sont retrouvés autour de We Network et de l'Université d'Angers, pour officialiser le lancement d'un nouveau programme alliant recherche, formation et innovation. Objectif : accroître les synergies, pour développer des projets d’envergure européenne, dynamiser l’emploi et attirer les talents en Pays de la Loire.

Dans la région, la filière électronique professionnelle compte quelque 500 entreprises, 25 000 emplois industriels, 3 900 étudiants en formation initiale et 250 chercheurs. Angers fait toujours figure de place-forte nationale, malgré les récentes difficultés rencontrées par des groupes industriels. En 2012, suite aux vicissitudes de Technicolor, les professionnels du secteur, les acteurs de la formation, de la recherche et les collectivités décident d'unir leurs forces, « de faire tomber les palissades qui existaient autour de nos villages gaulois », résume Christian Roblédo, vice-président de l'UA, afin de garantir le potentiel angevin.

La réponse collective a notamment pris la forme d'un programme évalué à 18 millions d'euros sur 5 ans, alliant recherche, formation et innovation (RFI). Objectif : « Faire des Pays de la Loire et du Grand Ouest une terre d’excellence européenne pour la conception et la production de systèmes intelligents intégrés ».

Avec le soutien de la Région des Pays de la Loire (3 millions d'euros), d’Angers Loire Métropole (300 000 euros), et le concours des fonds européens Feder (587 500), une douzaine de partenaires (voir la liste ci-contre) se sont engagés à développer de nouveaux marchés et usages autour d’un projet fédérateur axé sur quatre domaines :

  • les objets connectés ;
  • la mise au point de nouveaux capteurs intelligents (smart sensors) ;
  • l'optimisation de la production, du stockage et de la consommation d'énergie dans le secteur de la construction résidentielle (smart power) ;
  • le développement de nouveaux matériaux, afin de répondre aux besoins des trois premiers domaines.

Recherche


Les partenaires ont signé la convention d'engagement le 27 avril 2015 à l'Eseo
Le volet Recherche, qui s'appuiera notamment sur les compétences du Laboratoire angevin de recherche en ingénierie des systèmes (Laris), vise à développer la recherche en lien avec les enjeux applicatifs et les marchés, notamment par une recherche transdisciplinaire et collaborative, à renforcer l'excellence de la recherche inter-régionale, et à en accroître la visibilité internationale.

Sept champs de compétences ont été ciblés : les systèmes embarqués, les systèmes de communication, l'énergie, l'optimisation et la maîtrise des systèmes de production, les matériaux pour l'électronique, la sûreté de fonctionnement et l'instrumentation intelligente/le contrôle non-destructif.

Le programme se fixe comme objectif d'augmenter le poids du pôle de recherche régional à l'horizon 2020, « pour atteindre une masse critique », explique Christian Roblédo, en le portant à 290 enseignants-chercheurs et chercheurs (+ 42 par rapport à 2015) et 280 doctorants (+ 57). L'ambition est aussi de compter 50 % de post-doctorants internationaux, et de multiplier les thèses en cotutelle internationale (20). De nombreux projets seront soutenus financièrement, dont 47 projets de ressourcement scientifique, 119 projets collaboratifs, 16 projets européens...

Formation

En matière de formation, le programme vise le renforcement du pôle ligérien, qui proposera d'ici 2020 un continuum de formations du CAP au doctorat (avec un objectif de 4700 diplômés par an). Ces formations seront au plus près des besoins du monde socio-économique et couvriront l'ensemble du cycle de vie du produit, du matériau à l'application.

L'accent sera également mis sur l'international, avec une centaine de bourses de mobilités pour les étudiants et enseignants, et la création d'un nouveau master Eramus Mundus.

Innovation

En terme d'innovation, le travail de mise en réseau engagé par le cluster We Network sera poursuivi et renforcé, afin d'associer les producteurs de la filière, les utilisateurs, donneurs d'ordre et sous-traitants. Dès septembre 2015, une plate-forme technique d'innovation (Pleiade) devrait être opérationnelle. La communication autour des compétences locales sera également renforcée, avec notamment l'organisation d'une biennale consacrée à l'électronique, dès 2016.

Ces actions devraient s'accompagner d'ici 2020 d'une augmentation des brevets, des créations de start-up, des thèses industrielles (40 attendues), des chaires industrielles (trois créations)...

L'UA co-porteur du programme

Si la coordination de l’ensemble des projets et l’animation sont dévolues à We Network, l’Université d’Angers assurera le portage des actions de ressourcements et de mobilité internationale. Elle s'est engagée sur près de 800 000 euros sur 5 ans.
 

« L’Université d’Angers est impliquée dans cette démarche à la fois au titre de la formation, de la recherche et de l’innovation, précise Jean-Paul Saint-André, président de l'UA. Par son école d’ingénieurs, l’Istia, et le Laris, l’UA va œuvrer pour renforcer la qualité, la visibilité et l’attractivité de la recherche, et en particulier lorsqu’elle sera transdisciplinaire. Notre objectif est également d’attirer des chercheurs de haut niveau, et nous misons notamment sur l’international pour y parvenir. Vingt bourses de mobilités seront attribuées chaque année par l'ensemble des partenaires pour des étudiants ou des enseignants-chercheurs, et les allocations post-doctorales devraient permettre de renforcer les partenariats internationaux ou faire émerger des collaborations stratégiques ».

« Ce RFI,
complète Christian Roblédo, vient s'intégrer dans un écosystème de RFI portés par l'Université d'Angers, et notamment Lumomat. Nous allons tout mettre en œuvre pour qu'il y ait des connexions entre le programme déployé autour des matériaux moléculaires et le RFI dédié à l'électronique professionnelle ».

Les partenaires

Les principaux partenaires sont :

  • Acteurs de la recherche : Université d’Angers, Université du Maine, Université de Nantes, École centrale de Nantes, Ensam, Ifsttar, CNRS

  • Acteurs de la formation : Université d’Angers dont l’Istia, Université du Maine dont l’Ensim, Université de Nantes dont Polytech Nantes, École centrale de Nantes, Ensam, Eseo

  • Acteurs de l’innovation:Angers Technopole, We Network

  • Collectivités: Région des Pays de la Loire, Angers Loire Métropole.
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