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Lettre ouverte contre la déforestation au Brésil

Plus de 600 scientifiques européens et 300 groupes indigènes brésiliens s’unissent pour exhorter l’Union européenne à mettre les droits humains et la protection de l'environnement au premier plan des négociations commerciales en cours avec le Brésil. Leur appel a pris la forme d'une lettre ouverte parue ce jour dans Science à l'initiative de l'Université d'Oxford. Pierre-Cyril Renaud, responsable du programme de recherche Casest, compte parmi les signataires, soutenu dans cette démarche par l'Université d'Angers.

Le Brésil est le deuxième plus important partenaire commercial de l’Union européenne. Pour répondre à la demande de matières premières (produits agricoles, minerais…), la nouvelle administration brésilienne démantèle progressivement tous les dispositifs anti-déforestation, menaçant de fait les droits des populations indigènes et les espaces naturels qu’elles protègent.

En 2017, l’Union européenne a importé du fer brésilien pour plus de 3 milliards d’euros. L’exploitation minière intensive est dangereuse et implique une déforestation intensive, expliquent les signataires. Autre exemple, sur la seule année 2011, les imports européens de viande de bœuf et de nourriture pour bétail sont responsables de la déforestation de plus de 1000km² sur le territoire brésilien (soit 300 terrains de football par jour).

La déforestation menace les forêts, les zones humides et les savanes brésiliennes, pourtant cruciales pour le maintien de la diversité culturelle des populations indigènes, la stabilité du climat, et la préservation de la biodiversité. Elle s’accompagne également de violences contre les populations locales (au moins trois attaques et neuf meurtres recensés en à peine un mois).

"Dans l’état actuel des négociations, en continuant à promouvoir des pratiques productives intensives, l’Union européenne deviendrait complice de ces crimes et des dégradations environnementales". Les signataires de la lettre promeuvent une autre voie, où la durabilité des modes de production et la coexistence homme-environnement soient au cœur des modalités des échanges commerciaux entre le Brésil et l’UE. 

Lire la lettre parue dans Science
Lire l'article paru dans The Conversation : WORDLEY C. F. R., KEHOE L. « Message to the EU: you have the chance to stop fuelling devastation in the Amazon »

Un engagement professionnel et personnel

Je me suis investi dans cette initiative car en tant qu'enseignant-chercheur en écologie je retrouve une grande partie de mes sources d'engagements scientifiques et personnels dans cette lettre.

Pierre-Cyril Renaud, directeur du programme de recherche Casest (Contraintes anthropiques dans les socio-écosystèmes de savanes tropicales).

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