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Conférence Jacques Ancet - Université Angers

Conférence Jacques Ancet

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Traduire les sonnets de Quevedo

Conférence de Jacques Ancet

Le 17 avril 2013

photo noir et blanc de Jacques Ancet

Mercredi 17 avril 2013

Faculté des lettres, langues et sciences humaines l Angers
Bibliothèque universitaire de Belle Beille
Salle A. Burgess (1er étage),  à 17h00
Voir l'affiche

Accès libre et gratuit

Organisation : Catherine Pergoux-Baeza

Jacques Ancet est né à Lyon en 1942 ; il vit près d’Annecy. Son œuvre est imposante par son ampleur et sa diversité. En effet, Ancet est un des meilleurs traducteurs de la poésie espagnole : Quevedo, Jean de la Croix, Cernuda, Zambrano, Ortega, Borges, Valente, Gamoneda… Il est aussi l’auteur de nombreux essais critiques et de proses comme les quatre tomes d’ Obéissance au vent ou le très beau Image et récit de l’arbre et des  saisons. Mais le cœur de son œuvre reste la poésie et on peut la voir comme une quête toujours reprise de la présence au monde et à soi-même. Qu’est-ce que vivre ? Comment saisir le vivant en mots alors que le vivant est ce qui échappe et que les mots ne collent pas aux choses ? C’est pourquoi sa poésie est bien une poésie du vertige, de l’ « égarement », pour reprendre le titre d’un de ses livres. Et l’on comprend l’intérêt que le poète a porté aux mystiques espagnols, même s’ il n’y a rien de sacré ou de religieux chez Ancet, ce serait plutôt l’extase d’un vivre pur, une sorte de révélation athée d’être. Cela implique de sortir de la norme, de la routine quotidienne, mais du même coup, les repères s’effacent, tout devient instable, fragile, fuyant : « Je ne vais pas plus loin que le bout d’un instant qui sans cesse m’échappe, sans cesse m’appelle. C’est pourquoi je suis perdu. Entre la montagne et la tasse, le ronflement de la pelleteuse et le craquement du radiateur. Entre ce que je vais dire et ce que je dis. Entre le regard et les choses, le matin et le soir. Entre, toujours. » Cette expérience d’être à la pointe de vivre n’est ni heureuse ni angoissante : le ton le plus souvent employé par Ancet est celui du constat. Vivant pur, c’est être dépossédé de soi (« je n’ai plus de nom »), de la langue (« Comment se taire et parler pourtant ? »), des choses (« l’eau scintille hors de son nom »), et surtout du savoir. Travailler l’infime (pour reprendre un autre titre), c’est-à-dire l’instant pur de vivre, c’est entrer « dans ce qu’on ne sait pas ». La poésie n’est pas de l’ordre du savoir, de la pensée, mais bien une tentative de mots sur une expérience existentielle, radicale, d’être là. « La mort, la vie et, entre, ce qu’on ne sait pas et traverse sans savoir. » Ou bien cette formule, aussi forte que brève : « Plus je vais, moins je sais, oui. » D’où l’insistance sur l’infime, l’insaisissable et la fréquence des images de la vibration, du flou, de la buée, du tremblé, entre la double évidence de la présence et de la fuite : « On ne sait pas mais on insiste. Quelquefois, ça se rapproche. On va savoir. C’est comme une lueur, là. Ça vibre. Ça s’éloigne. C’est et ce n’est pas. On dit c’est rien. » La force de cette poésie tient à sa constance dans l’interrogation de vivre et dans son refus de figer l’expérience en une quelconque maîtrise technique, ou un poème définitif. En ce sens, on pourrait parler d’une poésie de l’échec, mais ce serait oublier que ce que le poème ne peut saisir, il peut tout de même le désigner, et c’est une belle revanche.                          

A. Emaz

Bibliographie récente

Puisqu’il est ce silence, éd. Lettres vives, 2010
Portrait du jour, éd. La Porte, 2010
Les morceaux de l’image, avec Colette Deblé, éd Ficelle, 2010
Chronique d’un égarement, éd. Lettres vives, 2011
Les travaux de l’infime, éd. Erès, 2012
Comme si de rien, éd L’Amourier, 2012
Chutes IV, éd. Alidades, 2012
La Tendresse, éd. Publie.papier, 2012
Le silence des chiens, rééd. Publie. Papier, 2012

Secrétariat 3L.AM : J. Vinciguerra
joelle.vinciguerra @ univ-angers.fr