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Burgess et la France - Université Angers

Suite au 5e colloque international

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Burgess et la France en trois livres

logo Burgess and France

 

Vous avez manqué le colloque « Anthony Burgess and France » organisé du 5 au 7 décembre 2014 à l'Université d'Angers. Pas de panique. Voici trois propositions de lecture qui vous permettront de mieux appréhender le rapport qu'entretenait avec notre pays l'auteur du roman qui a donné naissance au film culte Orange Mécanique.

 

1) La Symphonie Napoléon


Napoleon Symphony : a novel in four movements est l'un des 32 romans écrits par le Britannique Anthony Burgess (1917-1993). « Après le succès d'Orange Mécanique, le réalisateur Stanley Kubrick voulait faire un film sur Napoléon et a demandé à Burgess de travailler dessus », explique Marc Jeannin, enseignant-chercheur membre du Crila, directeur du Centre Anthony Burgess de l'Université d'Angers, organisateur du colloque qui s'est tenu début décembre. Paru en 1974, l'ouvrage est traduit en français 3 ans plus tard, sous le titre La Symphonie Napoléon. S'attachant au versant humain du personnage historique, le livre surprend avant tout par sa forme, rappelant que l'écrivain est aussi compositeur. « La Symphonie dite « héroïque » de Beethoven s'appuie sur la thématique napoléonienne. Burgess va partir de là : il va écrire une histoire sur Napoléon en moulant la structure du récit sur la structure musicale de Beethoven ». Le résultat est singulier. « Surprenant, confirme Marc Jeannin. Il essaie de structurer les répétitions que l'on retrouve en musique, la polyphonie en livrant simultanément plusieurs dialogues... C'est une expérience de transgression du style classique, une réflexion sur la musicalité de la littérature ».

2) Pianistes


Anthony Burgess avait une résidence secondaire à Callian, dans le Var. Et c'est dans le Sud de la France que la narratrice de Pianistes choisit de s'installer pour écrire son autobiographie. Ellen, fille d'un musicien qui accompagne les films muets, a connu une vie mouvementée. Comme Burgess, dont le père (Mr Wilson) était, lui aussi, pianiste. « Une comédie très musicale, poignante, agressive et folle qui est aussi une transposition autobiographique écrite au féminin de l'enfance chahutée d'Anthony Burgess », peut-on lire au dos de l'ouvrage paru en 1989 chez Grasset (en poche en 1991). « Un livre très agréable à lire, qui mélange fraîcheur, nostalgie, éthique professionnelle (qui, parlant de la plus vieille profession du monde, ne manque pas de piquant) et amour de la musique », commente Marc Jeannin.

Burgess le catholique a également publié une autobiographie plus classique, en deux volumes, parus sous les titres français de Petit Wilson et Dieu le Père (1996) et Si mon temps m'était compté (2000).

3) La France et moi


Les relations qu'entretenait Burgess avec la France et les Français transparaissent surtout dans son travail journalistique. L'écrivain-compositeur est l'auteur de nombreuses critiques littéraires et articles dans des quotidiens et magazines internationaux, tels que The Guardian, The New York Times, Vogue ou le Corriere della Sera (sa femme était Italienne)... Ses meilleures contributions ont été rassemblées dans plusieurs recueils, dont Hommage à Qwert Yuiop (1988 en français, avec quelques articles qui évoquent notre pays). En juin 2014, le Centre Anthony Burgess a édité, sous la direction de Graham Woodroffe et Marc Jeannin, un nouveau recueil, intitulé La France et moi (Presses universitaires d'Angers), regroupant des traductions inédites de 17 articles dans lequel l'homme de lettres traite de faits d'actualité (l’ouverture du centre Georges-Pompidou), parle de littérature (Sade, Camus, Hugo..) ou de musique (Ravel), et dévoile, avec humour, une sorte d'amour/répulsion pour le pays et ses habitants. « On ne peut pas se passer des Français, reconnaît Burgess, ce qui ne veut pas dire que je ne le peux pas ».

Et aussi...

  • Vous pouvez lire L'Orange mécanique, le roman - composé comme une sonate - qui a inspiré un film que Burgess ne portait pas spécialement dans son cœur. « Il le jugeait trop violent, explique Marc Jeannin. Alors que le livre est beaucoup plus profond. Il s'agit avant tout d'une réflexion philosophique sur l’État, son rôle, l'exercice du pouvoir, le passage à l'âge adulte, la trahison des amis... »
  • Tout en lisant, vous pouvez écouter la musique composée par Burgess (A Manchester Overture, Petite symphonie pour Strasbourg, Marche pour une Révolution 1789-1989...). Quelques extraits sont disponibles ici ou .
    Le chef d'orchestre américain Paul Phillips explore depuis plusieurs années l'univers de Burgess. En 2007, il a notamment signé A/B, une biographie musicale née pour la célébration du 90e anniversaire de la naissance du compositeur de Manchester.
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Des archives de Burgess à l'UA

Le Centre Anthony Burgess a été fondé en 1998, par Ben Forkner, après que la veuve de l'écrivain a légué à l'Université d'Angers des livres, manuscrits, documents audio, instruments de musiques et autres papiers personnels qu'Anthony Burgess conservait dans ses résidences secondaires en Provence et sur l’île de Malte. Le fonds est hébergé à la Bibliothèque universitaire d'Angers.

Depuis 2001, le Centre organise régulièrement un colloque international consacré aux influences et à l'œuvre de Burgess. La 5e édition, réunissant 16 conférenciers de divers pays, s'est tenue à la Maison des sciences humaines les 5 et 6 décembre 2014, sur la thématique des liens avec la France (voir le programme).

Dans ce cadre, un concert exceptionnel réunissant près de 400 personnes a été donné le 7 décembre au Grand Théâtre d'Angers, par le chœur et l'orchestre de l'UA Vox campus, reprenant les compositions de Burgess, sous la direction du chef d'orchestre américain Paul Phillips.