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Une première thèse d'archivistique - Université Angers

Une première thèse d'archivistique

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Un premier docteur ès archives

Damien Hamard

Le 4 décembre 2015, Damien Hamard a soutenu une thèse de doctorat portant pour la première fois la mention « d’archivistique ». Une reconnaissance pour cette discipline et pour l’UA, réputée pour sa formation aux métiers des archives et des bibliothèques. Les explications de Patrice Marcilloux, professeur en archivistique.

En quoi la thèse de Damien Hamard, préparée sous votre direction, est-elle novatrice ?

Patrice Marcilloux : Elle l'est sur deux aspects : par le sujet qu’elle aborde [lire ci-contre], et d’un point de vue institutionnel, puisque c’est la première sous la mention officielle « thèse d'archivistique », à Angers, mais aussi sans doute en France. Bien sûr, il y a déjà eu des thèses sur des sujets qui concernaient les archives ou l’histoire des archives. Mais jusqu’ici - et encore de manière très générale - ces thèses sont soutenues sous des mentions « Sciences de l’information » ou « Histoire », dont l’archivistique serait une discipline auxiliaire.

Patrice Marcilloux a dirigé la première thèse d'archivistique soutenue à l'UA
C’est donc une forme de reconnaissance pour la discipline…

PM : La mention « archivistique » existe déjà dans de nombreux pays étrangers. Je dirais qu'il s'agit d'une reconnaissance de la recherche en archivistique en France. Elle s’est affirmée ces dernières années dans plusieurs lieux, à l’École nationale des chartes et dans des universités, dont celle d’Angers.

En toute honnêteté, nous sommes certainement parmi ceux qui avons fait le plus d’efforts pour structurer cette recherche, avec des enseignants-chercheurs, des actions menées au sein du Cerhio, à travers l’axe Alma, qui ne s'intéressent non pas à ce que disent les archives, mais à leurs conditions de production, de conservation et de diffusion. Ces efforts se poursuivront dans le prochain contrat quinquennal. Une équipe est en cours de constitution autour du projet que nous avons appelé « Fabrinum » qui s'intéressera aux critères de sélection et de constitution d’un patrimoine numérisé.

Qui a décidé que la thèse porterait cette mention ?

PM : En 2011, lors de sa demande d'accréditation auprès du ministère, l'école doctorale de l'Unam Sociétés Cultures Échanges a souhaité inscrire l'archivistique dans les spécialités qu'elle est habilitée à délivrer. C'est notre originalité : nous avons eu envie de le demander, et nous avons été capables de justifier cette volonté. Parce que l'UA a un professeur pour encadrer des thèses, parce qu'elle a un projet cohérent.

Un projet qui s'appuie aussi sur la formation…

PM : Oui. Au cours des vingt dernières années, l'offre de formation n'a cessé de s'affermir. Aujourd'hui, nous sommes reconnus pour notre master qui accueille chaque année une bonne vingtaine d'étudiants qui se destinent aux métiers d'archivistes et de bibliothécaires, dans le secteur public ou privé. Avec un excellent taux d'insertion. Le 5 décembre dernier, par exemple, nous avons remis leurs diplômes aux étudiants de master 2 sortis cet été. Tous avaient déjà un emploi en accord avec leur formation.

La nouveauté, c'est que nous avons désormais chaque année en master 1 des étudiants qui optent pour des sujets de recherche en archivistique… Tout cela participe d'un cercle vertueux.

D'autres thèses « d'archivistique » sont-elles en préparation ?

PM : Six sont déjà en cours (ce qui fait beaucoup, mais il n'y a pas trente-six milles lieux où l'on peut faire ce genre de thèses). La prochaine devrait être soutenue en décembre 2016 par Charly Jollivet qui étudie les archives et les usages dans les territoires issus de la colonie de Madagascar (Madagascar, Mayotte, Comores). D'autre suivront, autour de problématiques comme la place des archives dans les sciences, du végétal et médicales. Une doctorante s'intéresse à la formation des archivistes, un autre travaille sur les archives orales dans l'enseignement supérieur…

Pour la première fois, nous avons également obtenu des financements pour un contrat doctoral, dans le cadre du programme de recherche sur l'enfance et la jeunesse Enjeu[x]. À compter de septembre 2016, le doctorant recruté travaillera sur le dossier personnel de l'enfant, sa constitution dans les services de santé, juridiques ou sociaux… L'objectif est d'étudier ce qui se fait en France, mais aussi à l'étranger, et si possible d'aboutir à une sorte de guide de bonnes pratiques.

L'info en  +

Le 1er janvier 2017, Patrice Marcilloux prendra la direction de la nouvelle école doctorale Société Temps Territoires, créée dans le cadre de la Comue Université Bretagne Loire. Elle supervisera la formation doctorale des historiens, géographes et sociologues principalement.

Commentaire de Djouda posté le 13 juillet 2016 à 13:11

C'est une évolution indéniable, les archivistes pourront faire des recherches doctorales dans leur spécialité au lieu de se rabattre dans les disciplines connexes.

Quelles sont les conditions à remplir pour obtenir une inscription en cycle doctoral?

Merci

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Avec les félicitations du jury

Après six années d'efforts, Damien Hamard, ex-archiviste de l'UA et actuel chef du cabinet du président Jean-Paul Saint-André, a soutenu le 4 décembre à la Passerelle sa thèse préparée sous la direction de Patrice Marcilloux, intitulée « Des paléographes aux archivistes, l’Association des archivistes français au cœur des réseaux professionnels (1970-2010) ».

Après délibérations, le jury, composé d'Yvon Lemay (Université de Montréal), Christine Nougaret (École nationale des chartes), Sophie Cœuré (Université Paris 7-Paris Diderot), Bénédicte Grailles (Université d’Angers), et Patrice Marcilloux a admis Damien Hamard au grade de docteur, associant au diplôme la « mention très honorable avec les félicitations du jury à l'unanimité ».

Résumé

Depuis le début des années 1970, le système archivistique français doit s’adapter à d’importantes transformations juridiques et administratives, faire face à l’émergence de nouvelles demandes sociales tout en s’appropriant les mutations technologiques. Dans ce contexte, l’Association des archivistes français – principale association professionnelle du secteur – parvient, à la faveur d’un processus d’ouverture progressif, à être représentative de l’ensemble des acteurs tant publics que privés. Pour autant cette ouverture s’accompagne de résistances internes et s’effectue au prix d’une complexification de la structure associative.

Sur la base d’un modèle associatif unitaire – défini et caractérisé dans ces travaux – l’association réussit, par ses publications, ses réalisations et ses formations, à alimenter la doctrine archivistique française en lien, puis en marge, du réseau institutionnel des archives, en limitant toutefois son apport à une forme d’archivistique appliquée. La réalisation d’un modèle de compétences caractérise bien l’activité de l’association et contribue à la positionner en prescripteur de critères de professionnalité.

Tandis qu’elle s’attache à s’affranchir de la tutelle administrative, scientifique et technique de la direction des Archives de France, l’Association des archivistes français tente de peser dans les débats qui touchent la profession. Mais peu encline aux techniques de communication et d’influence, et risquant les limites de sa propre unité face à un ensemble de problématiques dichotomiques, l’association en vient à être dépassée par des communautés partenaires qui maîtrisent mieux qu’elle ces méthodes.