Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Portrait de Ramaroson Andriantsitohaina - Université Angers

Portrait de Ramaroson Andriantsitohaina

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

RAMAROSON ANDRIANTSITOHAINA, DIRECTEUR DE RECHERCHE À L'UMR "MITOCHONDRIES : RÉGULATIONS ET PATHOLOGIES"


« Le vin contient des molécules intéressantes contre les maladies cardiovasculaires »


Le domaine de prédilection de Ramaroson Andriantsitohaina porte sur l'étude des maladies cardiovasculaires et métaboliques (obésité, malnutrition, diabète,etc.). Malheureusement « à la mode » depuis quelques années, ces maux vont coûter très chers à la société dans les années à venir. Pour lutter contre ces maladies, le scientifique et son équipe de l'UMR (Unité mixte de recherche) U694 « Mitochondrie : régulations et pathologies », travaillent à mieux comprendre les altérations subies par les vaisseaux sanguins lors de ces maladies.

Une histoire de polyphénols

Au chapitre des maladies cardiovasculaires, le chercheur a été amené à se pencher sur le vin rouge. Des études épidémiologiques précédentes avaient apporté des bases scientifiques montrant que cette boisson participait à réduire des risques de maladies cardiovasculaires. Si cet effet bénéfique du vin avait déjà été établi scientifiquement, l'explication du mécanisme moléculaire restait toujours inconnu. C'est là que l'équipe de Ramaroson Andriantsitohaina intervient. En janvier 2010, elle réussissait à déterminer le mécanisme d'action des polyphénols, naturellement présents dans le vin rouge. Les scientifiques du laboratoire savaient déjà que ces molécules agissaient sur les cellules des parois artérielles les poussant à produire du monoxyde d'azote, lui-même à l'origine de la dilatation des vaisseaux.

La clé du mystère : les récepteurs aux oestrogènes

L'explication d'un tel phénomène repose sur les « ERalpha », récepteurs aux œstrogènes, et sur lesquels agissent les polyphénols. Les expériences menées par Ramaroson Andriantsitohaina sur des rongeurs ont prouvé que sans la présence d'ERalpha, les polyphénols n'avaient aucun bienfait sur la souplesse des artères. Voilà l'énigme enfin résolue. Pour parvenir à ce résultat, l'équipe a soumis rats, souris et lapins à l'action des polyphénols pour ensuite regarder comment les tissus se contractent, observer le fonctionnement des cellules. L'échographie de rongeurs (voir photo) est une technique parmi d'autres utilisée par l'équipe permettant de montrer les effets protecteurs des polyphénols sur le cœur.

Consommation raisonnable

Lui-même consommateur modéré de vin rouge, le chercheur recommande de boire un à deux verres par jour (un pour les femmes, deux pour les hommes). Cependant, Ramaroson Andriantsitohaina met en garde contre les effets néfastes d'un usage excessif, non en raison des polyphénols, bénéfiques, mais de l'alcool contenu dans la boisson. Curiosité, des polyphénols contenus dans certains vins sont plus protecteurs que d'autres. Le « Merlot » et le « Cabernet-Sauvignon » font partie des cépages français les plus efficaces à produire du monoxyde d'azote. Mais quel que soit le raisin, le vin rouge participe de manière générale à éviter entre autre l'hypertension artérielle et l'infarctus du myocarde. Alors que l'équipe a terminé les tests sur animaux, la phase d'expérimentation sur les humains sera lancée prochainement. À terme, le traitement se présentera certainement sous la forme de gélules, contenant des molécules de polyphénols.

La découverte de Ramaroson Andriantsitohaina et de ses collègues représente une grande avancée mais le chercheur demeure persuadé que des millions de propriétés pharmacologiques contenues dans d'autres espèces végétales restent encore à découvrir.

 

Contact : Ramaroson Andriantsitohaina (ramaroson.andriantsitohaina @ univ-angers.fr) - Directeur de Recherche - UMR "Mitochondries : Régulations et Pathologie" - INSERM U694

Thérèse Rosset

*
*
*