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Portrait de Paul Richard - Université Angers

Portrait de Paul Richard

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PAUL RICHARD, ENSEIGNANT-CHERCHEUR EN RÉALITÉ VIRTUELLE

 

« Du virtuel au réel »

La tête plongée dans les environnements virtuels depuis 15 ans, Paul Richard garde pourtant les pieds bien sur terre. Cet enseignant-chercheur du laboratoire LISA (Laboratoire d'Ingénierie des Systèmes Automatisés) met ses connaissances au service d'applications à visée industrielles, cliniques et pédagogiques.

Depuis les années 2000, l'équipe du LISA travaille à développer des environnements virtuels afin d'évaluer les capacités cognitives de patients atteints de lésions cérébrales traumatiques, vasculaires ou dues à des maladies dégénératives. Baptisé « Evacog » (Environnements virtuels appliqués aux sciences cognitives), ce projet transdisciplinaire associe le département de neuropsychologie du CHU d'Angers et le laboratoire de psychologie PPI (processus de pensée et interventions) de l'Université d'Angers.

Le virtuel, une aide au diagnostic et à la rééducation

Une cuisine virtuelle, il fallait y penser. Mise au point par le laboratoire LISA, elle permet déjà d'évaluer les activités de vie quotidienne des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Préparer du café ou un chocolat chaud, ranger au bon endroit les aliments soit dans le frigidaire ou le placard, voilà quelques-unes des tâches à réaliser pour les patients immergés dans cet environnement virtuel. Le déroulement des actions, les répétitions éventuelles, le temps mis pour les effectuer et les erreurs commises sont systématiquement enregistrés afin de réaliser un bilan et une évolution des capacités cognitives du patient. Dans un second temps, l'immersion dans la cuisine virtuelle permettra d'améliorer les autonomies, c'est-à-dire réapprendre les gestes de la vie quotidienne par des exercices de mémorisation et de réalisation de tâches simples.

Paul Richard devant un écran représentant une cuisine virtuelle : des ustensiles, ingrédients sont posés sur une table et manipulés à l'aide de la souris

Le « serious game » comme support pédagogique

Paul Richard a eu l'idée de confronter des humains à des avatars (agents intelligents) dans un environnement virtuel. De là est né le projet de Plate-forme immersive de simulation d'entretien d'embauche en temps réel (PISE), adressé aux étudiants et aux demandeurs d'emploi. Ce « serious game » met en scène un recruteur virtuel auquel fait face le candidat, lui, en chair et en os. Le jeu étant basé sur l'interaction comportementale et émotionnelle, la difficulté est de faire en sorte que l'avatar s'adapte en temps réel aux comportements et à l'état émotionnel de l'humain « en face » de lui. Un capteur cardiaque et une webcam qui détectent les mouvements (du corps, des yeux) du candidat permettent de déclencher chez l'avatar une réaction appropriée à l'état de son interlocuteur.

En guise de « debriefing », la prestation sera visible à l'écran grâce un avatar représentant le candidat réel et qui reproduit ses réactions (données comportementales et émotionnelles) captées lors de l'entretien. Ainsi, l'étudiant ou le demandeur d'emploi détectera plus facilement ses moments de stress ou d'inattention pendant l'entretien (en fonction de l'accélération de ses battements de cœur, de son regard, etc.).

Une grande liberté dans les déclinaisons

L'environnement virtuel peut être modifié à souhait : comme le décor, qui peut passer d'un salon d'hôtel « cosy » à un bureau austère. Le style vestimentaire de l'avatar (décontracté ou au contraire guindé) et le comportement (agressif, passif, etc.) peuvent de la même façon être contrôlés. Ainsi, des évolutions de ce « serious game » sont aisément envisageables. Paul Richard projette de décliner l'outil à destination des enfants autistes pour tenter de les « débloquer », en remplaçant l'avatar par un personnage de dessin animé. Une fois le contact oral établi entre eux, l'enfant sera progressivement amené à parler avec un avatar ressemblant de plus en plus à une personne adulte. Une autre déclinaison imaginée par le chercheur serait un atelier de prise de paroles en public avec plusieurs avatars face à soi. PISE pourrait également être utilisé avec des malades d'Alzheimer, pour solliciter leur mémoire au cours d'une conversation avec un personnage virtuel. Une carrière entière suffira-t-elle à Paul Richard pour explorer le potentiel de ces mondes fictifs ?

Contact : Paul Richard (paul.richard @ univ-angers.fr) - Laboratoire d'ingénierie des systèmes automatisés (LISA) - ISTIA

Thérèse Rosset

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