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Portrait de Nathalie Leduc - Université Angers

Portrait de Nathalie Leduc

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NATHALIE LEDUC, ENSEIGNANT-CHERCHEUR EN BIOLOGIE VÉGÉTALE

 

« J'étudie le développement des plantes d'ornement pour offrir de nouvelles pistes de techniques culturales aux horticulteurs »

Les horticulteurs angevins s'intéressent de près aux recherches menées par Nathalie Leduc au sein de l'IRHS (Institut de Recherche en Horticulture et Semences). La scientifique, enseignant-chercheur en biologie végétale à l'Université d'Angers, travaille sur les plantes ornementales, comme les arbustes d'extérieur, secteur porteur dans la région Pays de la Loire. Elle et ses collègues s'efforcent de traduire en projets de recherche les besoins exprimés par les professionnels.

Nathalie Leduc devant deux étages de rosiers-buisson exposés pour certains à de la lumière bleu et pour les autres à de la lumière blanche
L'IRHS (et précédemment l'UMR SAGAH) étudie notamment l'élaboration de la qualité esthétique des plantes. Les expériences de l'équipe de Nathalie Leduc consistent à modifier certains facteurs environnementaux et à en observer les conséquences physiologiques et morphologiques sur les végétaux. Des modulations de la température, la lumière ou la nutrition azotée peuvent se répercuter sur la forme, la floraison, la couleur ou le parfum d'une plante. Sa bête de laboratoire ? Le rosier-buisson (rosa hybrida cv « Radrazz », Meilland), espèce sur laquelle toute l'équipe travaille depuis 2006.

Applications concrètes et développement durable

Les recherches menées par Nathalie Leduc correspondent à un réel souci environnemental : actuellement, les professionnels horticoles utilisent des substances chimiques pour modifier la croissance et donc l'aspect d'une plante. Néfastes pour l'environnement, ces composés tendent à ne plus être homologués, d'où l'importance de trouver des méthodes de substitution. Mieux contrôler la densité des rameaux d'une plante pourrait aussi limiter la formation de maladies et donc réduire les traitements phytosanitaires.

À ces fins, Nathalie Leduc s'intéresse plus particulièrement aux effets de l'environnement lumineux sur la croissance du bourgeon qui produira ensuite les rameaux. La scientifique a montré que le bourgeon de rosier plongé dans l'obscurité ne « débourre pas » (autrement dit, n'éclot pas). Cette conclusion n'était pas évidente de prime abord. En effet, la lumière n'est pas une nécessité pour la croissance de la pousse chez nombre d'espèces à l'image du peuplier ou de la tomate. Autre résultat, alors que la lumière blanche solaire est formée d'un arc-en-ciel de couleurs, l'éclairage des rosiers à l'aide de filtres bleus ou rouges suffit à faire éclore les bourgeons. Ces découvertes sont autant de pistes proposées par Nathalie Leduc aux horticulteurs afin d'optimiser leurs cultures ornementales.

Davantage de connaissances grâce à la recherche fondamentale

Être en phase avec les besoins des professionnels horticoles intéresse la scientifique, mais son travail ne s'arrête pas là. Avec son équipe, elle tente aussi de comprendre les mécanismes biologiques qui, sous l'action des facteurs environnementaux, entraînent ces changements esthétiques chez les plantes.

Produire de la connaissance en biologie végétale, voilà aussi la finalité des expériences qu'elle mène, au-delà de l'application pratique intéressant les horticulteurs. Quels gênes, dont l'expression est bloquée par l'absence de lumière, empêchent ainsi l'éclosion du bourgeon ?, quelles molécules perçoivent les lumières bleues et rouges et comment ce signal lumineux est transmis ? Voilà quelques-unes des questions abordées. Nathalie Leduc sait désormais que l'absence de lumière affecte le métabolisme des sucres des bourgeons, bloquant par là leur développement. Pour mieux comprendre la physiologie des rosiers, des tas d'expériences de biologie moléculaire sont menées. Notamment l'extraction et l'amplification d'ARN (acide ribonucléique), qui demande du temps et un grand nombre de plantes identiques (de même génotype). Les serres de recherche du site angevin produisent plus de 1 000 plantes par mois pour les besoins des équipes du laboratoire. La fin des arrivages de rosiers n'est pas encore pour demain. Nathalie Leduc va continuer encore quelques années ses recherches sur le rosier, plante ornementale numéro un des ventes en France.

 

Contact : Nathalie LEDUC

Thérèse Rosset