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Portrait de Jean Soumagne - Université Angers

Portrait de Jean Soumagne

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JEAN SOUMAGNE, ENSEIGNANT-CHERCHEUR EN GÉOGRAPHIE ET AMÉNAGEMENT URBAIN

 

« La géographie du commerce, en prise avec les demandes sociétales »

Le chercheur en géographie Jean Soumagne qui montre du doigt un plan des commerces urbains devant la bibliothèque de son bureau
Lorsque les commerces désertent les villes, le lien social en pâtit
. La géographie du commerce peut à ce titre aider à comprendre les interactions entre activités commerciales et vie urbaine. Jean Soumagne, enseignant-chercheur du laboratoire de géographie humaine et sociale ESO-CARTA, s'attèle depuis le début de sa carrière à analyser la géographie des activités tertiaires en milieu citadin. Ses recherches le passionnent tant elles sont en prise avec les demandes de la société.

Recherches opérationnelles européennes

Un appel d'offre européen dans le cadre du programme de recherche « Urban Net » a amené Jean Soumagne et son équipe à travailler sur la « résilience urbaine » pendant 2 ans. Une étude qui leur a permis de comprendre comment les commerces parviennent à s'en sortir après un « choc », c'est-à-dire une évolution régressive : population quittant la ville, couches populaires remplaçant celles plus aisées (ou inversement), spéculation immobilière forte, etc. Des équipes du Portugal, de Suède, de Turquie et de France ont collaboré à ces travaux. Chaque groupe a choisi des villes d'étude sur son territoire national pour rechercher si l'appareil commercial aurait souffert du changement social et concurrentiel et si une « reconstitution progressive » du paysage commercial était apparue. Jean Soumagne a constaté l'émergence de « nouveaux points d'équilibre » dans les agglomérations françaises à la différence de villes comme Lisbonne ou Ankara, dont les commerces centraux se portent mal. Tout le travail du géographe a consisté à pointer les initiatives qui ont permis une restauration économique et sociale dans les villes françaises.

La revitalisation des centres-villes, une recette qui marche

La méthodologie de travail de l'équipe de Jean Soumagne ? Des enquêtes de terrain à Angers, Brest, Le Mans, Marseille, Grenoble, Vitrolles, etc., qui ont permis de mesurer l'impact des politiques urbaines mises en place pour revigorer le commerce. Des questionnaires ont été élaborés puis soumis à la clientèle par des étudiants géographes dans des endroits stratégiques des villes. Jean Soumagne et ses collègues ont aussi rencontré différents acteurs sociaux, politiques, des chambres de commerces. Les éléments recueillis ont montré que les subventions accordées aux collectivités territoriales pour aménager leurs centres-villes ont porté leur fruit. Les rues piétonnières ont largement revitalisé les villes dans les années 1970. Plus récemment, face à l'avènement de centres-villes standardisés, sans identité, les municipalités ont eu le souci de personnaliser ces espaces (éclairages ou pavés spécifiques par exemple). Le dynamisme des commerçants via des opérations de promotion, la mise à disposition de parkings souterrains ont de même contribué à animer les cœurs de ville.

Connecter urbanisme et temps

Tout juste démarré, le projet « Chronotope » (du même programme Urban Net) va occuper Jean Soumagne et ses collègues à partir des prochains mois. Leurs recherches, menées avec des Espagnols, Portugais et Suédois, vont concerner les rapports entre dynamique urbaine et aménagement du temps et de l'espace. Jean Soumagne estime à 12h le temps idéal d'ouverture des commerces et services dans une ville pour satisfaire les besoins de sa population. Un idéal loin d'être atteint. En France, l'idée de connecter l'urbanisme (commerce, bureaux, services publics) aux horaires, fait son chemin. Des horaires décalés d'ouverture des lycées, des bureaux ont leur importance pour fluidifier les déplacements en ville. Les aéroports ou les grands gares internationales prennent déjà en compte la gestion du temps. Jean Soumagne a pensé à plusieurs techniques pour établir son diagnostic et faire des propositions d'aménagement du temps : questionnaires, relevé des heures d'ouverture des commerces et services, prises de vues toutes les 1/2h pour déterminer le rythme de fréquentation d'une zone. La cartographie fait partie intégrante de son travail de géographe. La vue aérienne étant très peu utilisée en géographie du commerce (car les magasins et autres agences se fondent dans les bâtiments), tout se fait à pied, au plus grand plaisir de Jean Soumagne. Il apprécie de marcher, circuler, arpenter les rues, visualiser, noter. Voilà maintenant plus de 35 ans qu'il apprend à repérer les caractéristiques d'une rue : commerces franchisés ou indépendants, analyse des vitrines, de l'architecture, etc.

Contact : Jean Soumagne (jean.soumagne @ univ-angers.fr) - LLSH - Laboratoire Géographie humaine et sociale ESO-CARTA

Thérèse Rosset

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