Aller au contenuAller au menuAller à la rechercheAller à la page d'actualités

Portrait de Bruno Lapied - Université Angers

Portrait de Bruno Lapied

  • Partager la page sur les réseaux sociaux
  • Envoyer cette page par mail

    Envoyer par mail


    Séparés par des virgules
  • Imprimer cette page
  • Commenter cette page

BRUNO LAPIED, ENSEIGNANT-CHERCHEUR EN NEUROPHYSIOLOGIE

 

« Optimiser l'efficacité des produits phytosanitaires »


Bruno Lapied devant une installation d'électrophysiologie composée d'un microscope entouré de divers matériels comme des tubes
Bruno Lapied dirige le seul laboratoire français dédié à l'étude des modes d'actions neurotoxiques des insecticides et des répulsifs sur les insectes ravageurs. Il faut entendre par là tous les insectes qui créent des dégâts en agriculture (arbres fruitiers, plantations viticoles, arboricoles, céréalières, etc). Une vingtaine de chercheurs travaillent autour de cette thématique au sein du laboratoire RCIM (Récepteurs et canaux ioniques membranaires).

Réduire les doses

Les recherches de l'équipe de l'enseignant-chercheur s'effectuent en étroite collaboration avec les industries phytosanitaires, de plus en plus incitées, et même obligées à « faire du propre ». Partisan d'une lutte chimique raisonnée, Bruno Lapied envisage cependant mal une agriculture sans insecticides chimiques car ils permettent, entre autre, d'éviter une fluctuation du rendement de la production agricole. Les travaux de son équipe s'inscrivent dans le cadre du programme Écophyto 2018 (Loi de programmation du Grenelle de l'Environnement), dont l'objectif est la réduction de l'usage des insecticides à hauteur de 50 %.

Le domaine de recherche du laboratoire RCIM se limite aux produits insecticides neurotoxiques qui entraînent une paralysie rapide voire la mort de l'insecte par un dysfonctionnement du système nerveux. D'autres traitements existent mais non étudiés par l'équipe comme par exemple les perturbateurs endocriniens.

Tests de toxicité

Bruno Lapied mène ses études sur des neurones d'insectes aux niveaux cellulaires et moléculaires sur la blatte et le moustique. Première étape, l'étude du mécanisme d'action de l'insecticide se réalise in vitro sur des neurones maintenus en culture suite à l'application de l'insecticide utilisé par les industriels. Les neurones sont isolés et maintenus en culture durant 24h. Les scientifiques observent ensuite, grâce à des techniques d'électrophysiologie (voir photo), les effets de ces insecticides sur les propriétés électriques, qui sont modifiées en fonction du type d'insecticide et de la dose appliquée. Certains résultats sont extrapolés aux autres insectes ravageurs, sauf cas particuliers. Les résultats obtenus au laboratoire peuvent être vérifiés sur le terrain, c'est-à-dire sur insectes in viro : sur des parcelles d'études expérimentales, par nébulisation (vaporisateur de micro-goutelettes), épandage ou fumigation.

Gestion du risque et sensibilisation

Bruno Lapied est persuadé qu'une utilisation raisonnée des pesticides dépend pour beaucoup de leurs conditions d'utilisation. Il conçoit ses recherches pour obtenir une meilleure compréhension du mode d'action des insecticides afin d'identifier les risques potentiels liés à leurs utilisations. Tenus à une réglementation très rigoureuse encadrée par des agences européennes comme l'Efsa (European Food Safety Authority), les ministères comme le MEDDTL (Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement) et le Ministère de l'agriculture et de la pêche et/ou des agences nationales comme l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), les industries phytosanitaires prennent en compte les résultats obtenus par le laboratoire RCIM, afin de mettre en place de nouvelles stratégies d'utilisation des insecticides. Le dosage, la formulation, le lieu ou le mode d'application sont autant de facteurs à prendre en compte pour le traitement d'un champ aux insecticides.

Afin d'éviter toute « diabolisation » des insecticides, Bruno Lapied tente de sensibiliser le public, les agriculteurs, les applicateurs, les utilisateurs ainsi que les coopératives aux enjeux de leur utilisation. En vigilance constante, par une meilleure connaissance du mode d'action, il est possible d'identifier un risque pour apprendre à le gérer, s'en protéger et l'anticiper. Le scientifique insiste sur l'importance des précautions d'emploi, afin notamment d'éviter trop d'effets secondaires sur les organismes non cibles comme certains insectes dits « utiles » (araignées, abeilles, mantes religieuses, coccinelles, etc.).

 

Contact : Bruno Lapied | Directeur du laboratoire RCIM - UPRES EA 2647/USC INRA | Courriel : bruno.lapied @ univ-angers.fr

Thérèse Rosset

*
*
*