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Portrait d'Hélène Howa - Université Angers

Portrait d'Hélène Howa

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Hélène Howa, enseignant-chercheur en géologie

« Observer l'infiniment petit en Antarctique »

Hélène Howa, océanographe au laboratoire des bio-indicateurs actuels et fossiles (LPGN-BIAF), revient de deux mois de mission vers l'Antarctique. Elle s'est embarquée sur le Marion Dufresne, un paquebot de 120 mètres, appartenant aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), dédié aux recherches scientifiques. Avec une soixantaine de scientifiques et un post-doctorant de l'Université d'Angers, elle a ainsi pris le large le 20 janvier au départ de l'île de la Réunion. Au programme, 12 000 km de navigation autour des îles de l'océan Indien sud : Crozet, Kerguelen, Saint Paul, Amsterdam.

 

Ce sont les foraminifères, des micro-organismes unicellulaires appartenant au plancton marin, qui l'ont amenée à s'embarquer pour cette grande traversée. « Nous avons ramené les premiers échantillons du sud de l’océan Indien », explique la géologue. Ces minuscules être vivants sont de précieux indicateurs de la qualité et de l'évolution du milieu marin dans le temps. L'étude de leur rôle dans le cycle du carbone participera notamment à une meilleure compréhension des phénomènes climatiques en Antarctique.

Hélène Howa récupère l'échantillon du bas de la carotte provenant du fond marin, à -50 mètres sous la surface du sédiment.
Hélène Howa a réalisé des prélèvements d'eau salée à différentes profondeurs lors de cette mission. « Nous avons notamment mesuré le taux de chlorophylle produite par les algues à la surface de l'océan », détaille la chercheuse, ce qui permettra d'en savoir plus sur la présence des foraminifères, grands consommateurs d'algues. Avec un filet à plancton, les scientifiques ont échantillonné des tranches d'eau jusqu'à 700 mètres. Ensuite a débuté le travail fastidieux au microscope pour repérer et mettre de côté les foraminifères. Grâce à un carottier long de 50 mètres, les chercheurs sont également allés récupérer de la vase à plus de 4 000 mètres de profondeur. Hélène Howa et ses collègues pourront ainsi étudier la présence des squelettes calcaires de foraminifères dans le sédiment. Ces carottes seront aussi très utiles pour observer l'évolution du « front d'eau », autrement dit de la frontière entre les eaux chaudes de l'océan Indien et les eaux froides de l'Antarctique.

En parallèle des manipulations scientifiques pendant la traversée, les scientifiques ont consacré du temps à archiver les échantillons. Une fois débarqués du Marion Dufresne le 15 mars, les récoltes des filets à plancton et des carottes sédimentaires ont rejoint le laboratoire LPGN-BIAF. Ces échantillons vont alimenter au moins trois ans de recherche sur les foraminifères !

Thérèse Rosset